Guerre d’Ukraine – Jours 86-87-88

La Bataille d’Ukraine

20 mai 2022

En suivant Southfront.org: 

Dans la région de Kharkov, les unités russes se battent pour la zone tampon le long de la frontière russe et pour le contrôle total de la rive gauche du fleuve Seversky Donets dans la région de Stari Saltov. Aucune avancée significative des forces armées ukrainiennes n’a été signalée récemment.Les forces armées russes ont lancé une contre-offensive sur le village de Ternovaïa. .

Dans la région d’Izioum, les forces dirigées par les Russes ont repris leur progression vers l’ouest. Après avoir sécurisé leurs positions dans la ville de Velikaïaa Kamichevaha, elles se sont déplacées vers le village de Grouchevaha.

Les affrontements positionnels se poursuivent au sud d’Izioum et à l’est d’Oskol. Une certaine progression des forces russes a été signalée dans la zone située au sud de Iampol. Elles auraient avancé vers le village d’Ozernoïe situé à proximité.

Dans la région de Liman, l’armée ukrainienne est presque encerclée. En faisant sauter un barrage sur la rivière Seversky Donets pour freiner l’avancée russe, les militaires ukrainiens ont coupé la voie de retraite de leurs unités à Liman.

À la périphérie de la ville de Severodonetsk, des tirs d’artillerie massifs sur les positions militaires ukrainiennes se poursuivent. Les forces dirigées par la Russie ont pris le contrôle des villages de Schedrischevo au nord et de Sirotino au sud de la ville. La zone forestière située à la périphérie nord-est de la ville a également été morcelée. Les combats se poursuivent dans la zone de Voronovo, au sud-est de la ville. Les unités de la République populaire de Lougansk sont en train de couper le groupement de l’armée ukrainienne à Severodonetsk, qui compte environ 3 à 400 militaires, de leurs camarades déployés à Lisitchansk. A Lisitchansk, il y aurait plus de 10 000 combattants ukrainiens.

Les affrontements se poursuivent le long de la route menant à Lisitchansk depuis le sud-est. Les forces conjointes dirigées par la Russie ont pris le contrôle de la moitié du village de Tochkovka. Des combats acharnés se poursuivent dans la zone située entre Orekhovo et Gorskoïe.

Dans la région de Popasnaïa, les forces dirigées par la Russie encerclent les forces armées ukrainiennes dans plusieurs localités. La défense des Kiéviens a été percée dans trois directions à la fois. Les villages de Troitskoïe au sud, Tripillïa et Vladimirovka à l’ouest, la gare de Kamichevakha et Vladimirovka au nord sont tombés sous le contrôle de la République Populaire de Donetsk.

Dans la ville de Marioupol, tous les combattants de l’usine Azovstal se sont rendus. Ils ne sont pas les seuls militaires ukrainiens à avoir déposé les armes au cours de la journée écoulée: vingt militaires de la 95e brigade d’assaut aéroportée se sont rendus sur les lignes de front de la République populaire de Donetsk.

La fin de la bataille de Marioupol

Il y avait, au départ, environ 12000 soldats ukrainiens et combattants fascistes kiéviens pour défendre Marioupol. La reddition des 2400 derniers combattants d’Azovstal – essentiellement des miliciens fascistes qui s’étaient réfugiés dans l’usine après avoir échoué à défendre Berdiansk –  entre le 16 et le 20 mai signifie que désormais toute la mer d’Azov est sous contrôle russe. 

On insistera sur les ^points suivants: 

  • les néonazis ukrainiens ne sont pas des combattants remarquables. Ils n’ont pas défendu Berdiansk très longtemps au début de la guerre; ils n’ont pas mené une “défense héroïque” de la ville de Marioupol mais se sont réfugiés dans l’usine d’Azovstal en prenant en plus des civils en otages. 
  • les troupes kiéviennes opposent aux Russes et aux armées républicaines d’une part des troupes équipées et entraînées par l’OTAN mais qui ne manœuvrent pas. Soit que leur formation soit incomplète soit que l’idéologie kiévienne de tenir la “terre ukrainienne” coûte que coûte les en empêche. D’autre part des militants fascistes qui  font penser aux Waffen SS par leur manque de formation au combat – ils ont passé plus de temps à se faire tatouer des signes nazis et à défiler aux flambeaux qu’à apprendre l’art de la guerre. Ils sont finalement plus forts pour la guerre des mots et pour se planquer au milieu des civils ou dans des hôpitaux ou des écoles (afin de faire accuser les Russes par les médias occidentaux de crimes de guerre) que pour se battre selon la vieille éthique guerrière de l’Occident, fondée sur le respect de l’adversaire et la protection des gens désarmés. 

En soi, on ne devrait pas être surpris. Les fascistes n’ont jamais été que des brutes théâtrales; leur stratégie a toujours plus relevé de la façon de procéder de la hyène ou du vautour, animaux essentiellement charognards. Sans l’héritage de l’armée prussienne, les nazis ne seraient pas allés loin. Les nazis stricto sensu étaient plus habiles à tuer des millions d’individus désarmés qu’à combattre l’armée soviétique. 

Il reste que la chute d’Azovstal n’a malheureusement pas dégrisé les Occidentaux aujourd’hui plongés dans une totale confusion des valeurs et pour qui les combattants de Marioupol étaient des soldats de la liberté.   Heureusement, il y a de fortes doses d’antidote, comme ce billet jubilatoire de Peter Hitchens  dont nous traduisons un extrait: 

Un peu de féroce humour britannique ne peut pas faire de mal!

J’ai éclaté de rire chez Marks & Spencer lorsque j’ai découvert qu’ils vendaient désormais un produit appelé “poulet de Kyiv”.

Il s’agit apparemment d’un produit identique à l’ancien “poulet de Kiev”, mais avec de la propagande en plus. On m’a dit qu’il y a maintenant aussi un “No Chicken Kyiv” pour les végétaliens, sans aucun poulet.

Je n’ai jamais rencontré une telle vague de sentiments ignorants depuis la frénésie qui a suivi la mort de la princesse Diana. Personne ne sait rien de l’Ukraine. Tout le monde a des opinions féroces à ce sujet.

L’autre soir, j’ai choqué une éminente universitaire d’Oxford en l’informant que les charmants, angéliques, saints et parfaits Ukrainiens avaient bloqué l’approvisionnement en eau de la Crimée en 2014.

Elle a été choquée à juste titre par cet acte de méchanceté et d’incivilité, mais il était bien plus choquant que cette personne très instruite ne connaisse pas ce fait important.

De la même manière, presque personne, dans l’éducation, la politique ou le journalisme, ne connaît les racines mauvaises et racistes du nationalisme ukrainien, l’histoire horrible du vicieux Stepan Bandera (aujourd’hui héros national ukrainien), ou le mépris discriminatoire de l’État de Kiev pour la langue russe. Si le Canada traitait ses francophones comme l’Ukraine traite ses russophones, il y aurait une indignation internationale.

Le pire de tout est l’ignorance généralisée du fait que le président Volodymyr Zelensky, un homme admirable à mes yeux, a été élu sur un programme de paix avec la Russie. Mais lorsqu’il a essayé de faire ce qu’il avait promis, il a été bloqué par une partie de sa propre armée, qui l’a publiquement affronté et humilié.

Dans le même temps, ses rivaux politiques, y compris les néo-nazis qui existent bel et bien en Ukraine, sont descendus dans la rue pour dénoncer toute forme d’accord. Le président Zelensky s’est effondré. Et la guerre est arrivée.

J’ai déjà mentionné ici que le premier acte de violence de cette guerre était en fait le putsch de la foule soutenu par l’Occident qui a renversé le gouvernement légal de l’Ukraine en 2014.

C’était le véritable début de toute cette horreur. Et si cela n’excuse pas l’invasion idiote et brutale de Poutine, cela aide beaucoup à l’expliquer.

Écoutez, je respecte ceux qui prennent le parti de l’Ukraine dans cette guerre. Ils ont un point de vue valable que je ne partage pas. Mais ce que je conteste, c’est la nature totalement unilatérale de l’opinion publique ici. Elle est si mauvaise que c’est un désavantage positif de savoir quoi que ce soit sur le sujet.

Et elle a atteint son apogée la semaine dernière lorsque les défenseurs ukrainiens de l’aciérie de Mariupol, dont beaucoup sont en fait les néo-nazis du bataillon Azov qui portent fièrement des emblèmes SS sur leurs uniformes officiels, se sont rendus.

La couverture médiatique britannique de cet événement s’est efforcée de ne pas mentionner les néo-nazis et d’éviter d’utiliser le mot “reddition”. Au lieu de cela, la garnison de Marioupol a été “évacuée” vers le territoire contrôlé par la Russie. Des images les montrent désarmés et fouillés par des soldats russes. Mais nous sommes tellement sous l’emprise d’une vision unilatérale de ce conflit que nous ne pouvons même pas admettre qu’ils ont capitulé.

Le refus d’accepter une réalité aussi évidente est un signe de folie.

Personnellement, je n’ai aucune idée de l’intérêt britannique à soutenir servilement la politique américaine consistant à semer le trouble en Ukraine et à pousser la Russie au combat.

Peut-être quelqu’un pourrait-il me l’expliquer, autour d’un plat de “poulet de Kyiv” et d’une bouteille de vodka. Mais pour qu’un débat puisse avoir lieu, nous devons commencer à accepter qu’il y a deux faces pour une même pièce de monnaie“.

Quel contraste avec le chœur hystérique de la plupart des médias et dirigeants britanniques!   

21  mai 2022

En comparant les informations collectées avec Southfront.org

Les forces dirigées par les Russes ont pris de l’ampleur sur l’autre partie importante de la ligne de front – dans la zone de l’agglomération de Severodonetsk-Lisitchansk, et à l’est de celle-ci, au sud d’Izioum.

Après avoir pris le contrôle de la ville de Popasnaïa, au sud de Lisitchansk, les unités russes et alliées y ont étendu depuis plusieurs jours leurs positions en capturant plusieurs localités voisines. Dans la soirée du 21 mai, les forces dirigées par les Russes ont atteint Nirkovo et Vribovka et ont établi une position solide sur la route entre Bakhmout (Artimovk) et Lisitchansk.

À l’est de Lisitchansk, les forces russes restent sur la ligne Chipilovka, Belgorivka, Serebrïanka, Dronovka.

Les combats se poursuivent près des villes de Liman et Seversk. L’armée russe utilise sa position à Iampol pour contrôler l’autoroute entre ces villes.

La situation militaire au sud d’Izioum pourrait être décrite comme des batailles positionnelles prolongées dans le cadre de la lente progression russe dans la région. Si l’on résume l’évolution de la situation dans les localités susmentionnées au cours des jours précédents, il est possible de conclure que l’armée russe et ses alliés ont réalisé des progrès importants. Cependant, les forces de Kiev seront toujours en mesure de ralentir l’avancée russe à Seversk, Slaviansk, Kramatorsk et Artimovsk – dont elles entendent faire autant de nouveaux Marioupol. 

La situation autour de la ville de Kharkov reste relativement stable, les forces armées russes et les unités de Kiev étant impliquées dans des combats de position sans aucune opération offensive majeure.La ligne de front s’est également stabilisée autour des villes de Nikolaïev et de Zaporojie dans le sud de l’Ukraine.

Il est fort probable que les opérations militaires actives ne commenceront pas avant la libération complète de Slaviansk et de Kramatorsk par les forces russes.

Plus tôt, le 21 mai, le ministère russe de la Défense a publié un autre rapport officiel sur son opération en cours en Ukraine. Selon le communiqué, une frappe avec des missiles de croisière Kalibr basés en mer a détruit un important lot d’armes et d’équipements militaires livrés par les États-Unis et les pays européens près de la gare de Malin dans la région de Jitomir.

Dans le même temps, une frappe de missiles aériens a détruit des entrepôts de carburant destinés aux véhicules blindés des forces de Kiev dans la région d’Odessa, à l’usine portuaire d’Odessa.

En outre, les missiles russes ont frappé 3 postes de commandement, dont celui de la 109e brigade de défense territoriale près de Bakhmout (Artimovsk), 36 zones de concentration d’hommes et de matériel militaire de l’armée ukrainienne, ainsi que 8 dépôts de munitions à Galitsinovo, dans la région de Nikolaïev, à Nirkovo en République populaire de Lougansk, à Krasnïi Liman et à Ocheretino en République populaire de Donetsk.

L’aviation russe a frappé 4 postes de commandement, 47 zones de concentration de personnel et de matériel militaire des forces de Kiev, ainsi qu’un dépôt de munitions près de Drobichevo.

https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/05/22/guerre-dukraine-jour-86/

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