Le front républicain, ou la pensée obligée

Les antisystème ont remporté, sans surprise, le premier tour de la présidentielle. Marine Le Pen (23,15 %), Jean-Luc Mélenchon (21,95 %), Éric Zemmour (7,07 %), Nicolas Dupont-Aignan (2,06 %) rassemblent près de 55 % des suffrages. Outre cet électorat de rupture, les abstentionnistes représentent 26,31 %. En décembre, un sondage avait fait apparaître que les trois quarts des Français étaient prêts à un vote protestataire.

Le voici qui déboule en masse. Cette insurrection électorale relativise le score d’Emmanuel Macron qui, avec 27,84 % des voix, est arrivé en tête dimanche soir devant Marine Le Pen. Les augures annoncent, pour le 24 avril, une victoire réitérée du président sortant. Il est vrai que les naufrages d’Anne Hidalgo pour le PS (1,75 %) et de Valérie Pécresse pour LR (4,78 %) peuvent pousser des électeurs sans-abri à se réfugier en macronie. Cependant, la colère française rend incertains les scénarios donnés comme acquis.

Le vieux monde politique menace de s’effondrer à tout instant. Macron en est l’avatar moderne : il reste le gardien d’un système contesté. Dès dimanche soir, il s’est dit prêt à répondre « aux peurs et au défi du temps ». La peur qu’il brandit est celle de « l’extrême droite ». Il a d’ailleurs eu un propos aimable pour Mélenchon, qui venait de demander à « ne pas donner une seule voix à Madame Le Pen ». Cependant, cette complaisance pour le leader de La France insoumise laisse voir sa persistante incompréhension des enjeux civilisationnels : avec Mélenchon se profile la banalisation d’une France communautarisée. Le candidat est largement majoritaire dans les « quartiers populaires », issus de l’immigration. Il est en tête en Seine-Saint-Denis. Il lui aura manqué 400 000 voix pour accéder au second tour. Son électorat s’annonce comme le possible faiseur de roi. Derrière lui, c’est l’islam qui manœuvre en douce.

Ceux qui appellent à nouveau, avec Macron, au front républicain pour « faire barrage au Front national » s’épargnent de regarder de près cette gauche radicale qui parie sur la France éclatée. (La suite du bloc-notes sur Le Figaro)

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