« Prénom arabo-musulman » : Jérôme Fourquet face au tribunal de Quotidien

© Capture écran / Quotidien (TMC).

C’est quoi, un prénom arabo-musulman ? » Ce 5 novembre, l’émission Quotidien (TMC) recevait Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP. Sur le ton de la boutade, Yann Barthès, le présentateur de l’émission, proposait alors au politologue de revenir sur la « polémique » dont il fait l’objet depuis quelques jours. En cause, une étude de Jérôme Fourquet sur les comparutions immédiates qui ont suivi les émeutes du 17 octobre. Dans les colonnes du Figaro ainsi qu’au micro du média Front populaire de Michel Onfray, il expliquait ainsi avoir épluché la presse nationale et locale afin de dresser un portrait des émeutiers. Sur 70 individus appelés à la barre, pour lesquels il disposait de suffisamment d’informations, il en conclut que les « trois quarts d’entre eux portaient des prénoms arabo-musulmans ou africains ».

Quotidien et le déni du réel

Une description du réel qui ne passe pas sur le plateau de Quotidien. « Toute la fachoshère, nos voisins du dessus [les médias du groupe Bolloré, NDLR] ont adoré », raille Yann Barthès en préambule. Puis Jean-Michel Aphatie et Salhia Brakhlia, chroniqueuse de l’émission, organisent le procès du politologue. « Une méthode qui a des failles », une étude « trop légère », « c’est pas sérieux »… accusent tour à tour les membres de Quotidien. Finalement, Jérôme Fourquet réussit à prendre la parole pour défendre son travail. Il rappelle qu’il a toujours précisé que son analyse était fondée sur un échantillon de 70 individus et que, par ailleurs, la méthode des prénoms est utilisée aussi bien en sociologie que par les organisations de gauche sans que cela ne pose aucun problème. « Mais tout ça, c’est pour dénoncer le racisme », lui rétorque Yann Barthès. Autrement dit, dans le monde de Quotidien, on peut s’intéresser aux prénoms des individus pour dénoncer le racisme. En revanche, il est interdit de les relever pour tenter de décrire le profil des émeutiers. « Notre job, c’est d’essayer de décrire le réel », finit par leur rappeler Jérôme Fourquet.

Chasse à l’homme

Les chroniqueurs de Quotidien ne sont pas les premiers à s’en prendre au politologue de l’IFOP. Depuis quelques jours, une véritable chasse à l’homme est organisée sur les réseaux sociaux. Sans grande surprise, plusieurs élus de La France insoumise attaquent l’analyste. Le député Bastien Lachaud, qui dénonce un « soi-disant grand expert de l’IFOP », écrit ainsi à son encontre : « Il y a des gens prêts à toutes les manipulations et toutes les énormités pour servir leur obsession raciste. » Sa collègue Nadège Abomangoli ajoute : « Fourquet veut nous vendre une analyse raciste. » Et Aurélien Taché l’accuse, de son côté, d’être « un artisan méthodique de l’islamophobie d’État ».

Avant Quotidien, sur BFM TV, une journaliste police-justice s’attaquait également à l’analyse de Jérôme Fourquet. Et sur France Inter, ce 6 novembre, Claude Askolovitch critique une « sortie à la Éric Zemmour ». « Nous avons une circonspection à retrouver », appelle le journaliste de la station publique. Face à cette meute, certaines voix s’élèvent pour prendre la défense du politologue. « Il cogne sur Fourquet, à qui il n’arrive pas à la cheville, parce que celui-ci a eu le courage de dire ce qu’il voyait, commente ainsi l’avocat Gilles-William Goldnadel. L’esprit de meute des teckels nains qui mordent la cheville des grands en jappant. » La chercheuse Florence Bergeaud-Blackler soutient, elle aussi, Jerôme Fourquet : « Les gauchistes de plateau ont un réel problème avec la diversité. » Et Éric Zemmour abonde : « Hier, il y avait les procès de Moscou. Aujourd’hui, il y a le plateau de Quotidien […] Un tribunal de la pensée où des petits procureurs jugent tous ceux qui osent dire le réel. »

Clémence de Longraye

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