
Le 24 juin 2009, des militants de la CGT font évacuer les sans-papiers qui occupent depuis quatorze mois une annexe de la Bourse du travail, rue Charlot, à Paris. Le syndicat, engagé dans des mobilisations pour la régularisation de travailleurs étrangers, veut cette fois récupérer ses locaux. Fdesouche relaye l’affaire le jour même.
Dans son communiqué, l’union départementale CGT de Paris assume l’opération. Elle explique avoir choisi un moment où une partie des occupants participait à une manifestation, afin de limiter les confrontations. Elle dénonce une occupation devenue, selon elle, sans issue et affirme que les tentatives de règlement ont échoué.
Les récits de l’évacuation s’opposent. Des occupants accusent le service d’ordre d’avoir employé la violence, notamment des matraques et du gaz lacrymogène. La CGT conteste ces accusations. Le reportage de l’AFP publié ce jour-là expose ces versions contradictoires et distingue l’intervention syndicale à l’intérieur des locaux de celle de la police, ensuite présente à l’extérieur.
Le responsable de la sécurité démis de ses fonctions
L’affaire a une suite au sein même de la confédération. Le 15 juillet, Le Parisien rapporte que le responsable de la sécurité de la CGT a été relevé de ses fonctions au début du mois. Un porte-parole confirme la décision, tout en précisant que l’épisode de la Bourse du travail n’en constitue pas l’unique motif : d’autres difficultés dans l’organisation de la sécurité sont également invoquées.
La CGT maintient alors son soutien à la régularisation des travailleurs sans papiers. C’est tout le paradoxe de cette archive : un syndicat peut soutenir une cause et organiser lui-même l’évacuation de ceux qui occupent ses locaux au nom de cette cause. En juin 2009, cette contradiction s’est réglée rue Charlot, puis dans l’organigramme de la confédération.
Votre commentaire