Mes chères impertinentes, chers impertinents,
8 ministres du logement en 5 ans…
Autant vous dire que ce chiffre en lui-même est suffisant pour montrer la profondeur du problème avec le logement et l’immobilier en France jugé, dès le départ et dès 2016 par le jeune Macron comme une secteur totalement improductif. 8 ministres en 5 ans, comment voulez-vous impulser une politique dans la durée et avec cohérence ?
Un secteur tellement improductif qu’il fallait le massacrer financièrement ce qui fut fait notamment avec la transformation de l’ISF en IFI. De la fortune tout court à simplement la fortune immobilière.
10 ans de sous-investissement, 10 ans pendant lesquels ce secteur sera malmené par les pouvoirs publics devenus pouvoir de nuisances.
Or, le logement n’est pas improductif. Nous avons besoin d’un secteur immobilier fort, puissant et rentable pour… loger des vrais gens !
Pour que cela soit rentable il faut de l’équilibre dans les relations locataires propriétaires, mais aussi de l’équilibre dans les opérations financières sans oublier un équilibre dans les normes, les contraintes et les interdictions.
10 ans de Macron ont été suffisants pour laminer un secteur économique tout entier qui se portait très bien, transformant une crise immobilière en crise du logement et de la location. Ils ont fait n’importe quoi et le résultat était totalement prévisible.
Ce qui ressort de ce sondage réalisé par Odoxa pour BFM Business, Le Figaro Magazine et le réseau Orpi, c’est que le logement est la priorité n’°1 des Français pour leur pouvoir d’achat. Les trois quarts assurent qu’ »au moment de voter », ils tiendront compte des programmes sur le logement et l’immobilier.
Logique.
Entre les problèmes pour trouver un logement et les problèmes pour trouver un logement abordable et les problèmes pour payer le loyer mais aussi l’ensemble des charges à commencer par celles énergétiques, le logement est de très loin le premier poste contraint dans le budget des gens.
Loyer + charges (facture EDF, chauffage, eau etc) + assurance habitation = 50 % de votre salaire et parfois plus.
« Ainsi, les sondés locataires (qui représentent 40 % des ménages en France), dépensent en moyenne 709 euros par mois dans leur loyer. Un niveau en hausse de 17 % en six ans, et même de 32 % depuis 20 ans d’après ce sondage ».
En réalité les locataires ne se rendent pas compte (mais c’est normal chacun regarde son assiette et son porte-monnaie) que les propriétaires se font laminer par l’inflation et que l’IRL l’indice de revalorisation des loyers a été souvent bloqué pendant les années de grosse inflation. Sur 10 ans, les loyers accusent un retard de plus de 12 % par rapport à l’inflation.

Ce n’est pas pour plaindre les gentils propriétaires, mais pour montrer que lorsque les loyers ne suivent pas l’inflation, que les charges foncières explosent (alors que les locataires ne payent plus la taxe d’habitation), que les taux montent, et que la fiscalité sur les revenus locatifs est en très forte augmentation, il ne faut pas s’étonner qu’à un moment donné l’investissement dans l’immobilier cale complètement.
Le logement est une « priorité cachée », observe Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa.
« Depuis des décennies, quand vous testez les priorités de gens par rapport à l’élection présidentielle, le logement arrive souvent en bas du classement, car il est en concurrence avec sa maison mère, le pouvoir d’achat ». Or, le pouvoir d’achat est bien la priorité numéro 1 des Français (pour 67 % des sondés), loin devant la réduction de la dette et du déficit public (40 %) et la lutte contre l’insécurité (39 %). En zoomant dans la case « pouvoir d’achat », le logement ressort cette fois largement en tête : 78 % des sondés déclarent qu’il s’agit de leur premier poste de dépense, loin devant l’alimentation (55 %) et les taxes et impôts (44 %) ».
3 propositions politiques jugées « positives » et « efficaces » par les Français
BFM Business, Le Figaro et Orpi ont ainsi voulu savoir quelles étaient les attentes des Français en matière de logement pour le prochain quinquennat.
Seules 3 mesures sont perçues comme étant à la fois « positives » et « efficaces »* (au-delà de 50 % d’opinion favorable) :
• Il s’agit d’abord des « prêts aidés par l’État », soutenus par 64 % des sondés* (dans le détail, 84 % sont favorables, et 72 % les jugent efficaces), afin de faciliter l’achat d’un premier logement. Il s’agit ici de mécanismes comme les prêts à taux zéro (PTZ), ou encore le retour de l’APL accession, supprimé en 2018. Il s’agit de propositions transpartisanes (gauche, droite, extrême-droite).
• Ensuite, vient « la possibilité de déduire de ses impôts une partie des intérêts de son crédit immobilier », pour 58 % des sondés* (82 % sont favorables, 66 % jugent la proposition efficace). Une mesure portée notamment par le candidat LR Bruno Retailleau.
• Enfin, 52 % sont favorables* à une « extension de l’encadrement des loyers » à de nouvelles villes, avant de limiter leur hausse. Une mesure portée par l’ensemble de la gauche. Dans le détail, 78 % des sondés sont favorables, 61 % estiment que la mesure serait efficace.
Le problème de l’encadrement des loyer c’est que c’est une mesure totalement populiste et démagogique qui ne peut fonctionner que si… vous encadrez aussi les hausses des charges pour les propriétaires sinon, vous baissez le rendement locatif qui est déjà inexistant en raison de la fiscalité très lourde. Si vous rendez le rendement négatif tous les investisseurs vont fuir le secteur immobilier, vous n’aurez plus de construction neuve. Cela n’est pas un problème si la population diminue. C’est un problème majeur si vous laissez rentrer 500 000 nouveaux venus dans le pays chaque année qu’il faudra bien loger.
Or, l’Etat n’a plus beaucoup d’argent.
Il est en réalité temps de libérer le secteur de l’immobilier pour que les gens puissent investir, gagner de l’argent, proposer des logements, et plus il y aura d’offres, plus les loyers baisseront. Enfin, il faut cesser de faire croire que les passoires thermiques sont un problème. Le vrai, le seul problème de fonds c’est la facture énergétique des gens. Il ne sert à rien de faire dépenser 100 000 € dans une rénovation pour qu’un locataire économise péniblement 50 euros par mois au mieux car c’est de cela que nous parlons, tout en sachant que les prix de l’énergie ont doublé dans notre pays !
La raison finira par revenir sur ce secteur si important pour notre économie et pour le logement de tous. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent télécharger le dossier « Immobilier la nouvelle chute » en cliquant sur l’image ci-dessous.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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