« Nous ne nous tairons pas » : des eurodéputés français menacés par des Fréristes ?

@CelineImart

Les yeux commencent doucement à s’ouvrir à Bruxelles. Après des années d’alertes au sein des institutions communautaires, le Parlement européen a adopté, le 8 octobre dernier, une résolution consacrée à la lutte contre l’influence des Frères musulmans et les stratégies d’entrisme islamiste. Le texte, présenté par le groupe PPE, appelle notamment à mieux identifier les stratégies d’entrisme dans les institutions européennes, à renforcer le contrôle des financements européens et à examiner les liens entre certaines organisations et les Frères musulmans. Cette résolution vise explicitement le FEMYSO, dont elle demande que les activités ne soient plus accueillies dans les locaux et événements des institutions européennes.

Contactée par BV, l’eurodéputée LR Céline Imart se félicite d’une « résolution historique ». « L’adoption de ce texte est une petite bombe politique dans la sphère bruxelloise. Personne ne s’attendait à ce qu’elle trouve une majorité absolue, nous confie l’élue. Mais je veux être claire : cette résolution n’est pas l’aboutissement de mon combat. Elle en est un nouveau point de départ. »

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La réaction n’a pas tardé. Le Réseau européen contre le racisme (ENAR), qui fédère des organisations prétendument antiracistes a publié un communiqué dès le 8 octobre. Il condamne « dans les termes les plus forts » une résolution qu’il qualifie de « raciste » et d’« islamophobe ». L’organisation conteste les accusations de proximité avec les Frères musulmans et dénonce une campagne de « diffamation, d’exclusion et d’intimidation ». Mais la controverse a pris une autre dimension avec la campagne menée sur les réseaux sociaux. Sous la mention « Wanted », l’ENAR a diffusé des visuels mettant en scène les députés ayant soutenu la résolution. Une méthode dénoncée par Céline Imart sur X : « Les associations ciblées par ma résolution contre l’entrisme islamiste et les Frères musulmans cherchent à me mettre une cible dans le dos. Visuels en noir et blanc, appels à ne jamais oublier mon nom et mon visage. Avec d’autres députés qui ont voté pour ma résolution, nous saisissons aujourd’hui la Présidente du Parlement européen. Nous ne nous tairons pas. »

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L’eurodéputée LR, agricultrice dans le Tarn, accuse l’ENAR de chercher à intimider les parlementaires. Au micro de BV, elle déclare prendre ces menaces au sérieux et avoir saisi les autorités compétentes pour prendre les mesures nécessaires. « Ceux qui pensent pouvoir nous bâillonner en nous mettant une cible dans le dos se trompent lourdement », ajoute-t-elle.

Une organisation dénoncée depuis des années

L’ENAR se présente comme un réseau européen réunissant des mouvements « antiracistes » et militant contre toutes les formes de « discrimination ». Mais derrière cette belle mission officielle, les messages diffusés par l’organisation trahissent un combat moins honorable : promotion du voile islamique, pro-palestinisme, diatribes contre des institutions jugées trop blanches… En 2023, elle taxait la France d’« islamophobie » et l’accusait de « perpétuer la haine antimusulmane ». L’ENAR s’est également trahi en défendant avec vigueur le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), association islamiste dissoute après l’assassinat de Samuel Paty.

Dès 2021, Boulevard Voltaire avait consacré une enquête à l’ENAR. Notre article soulignait notamment le rôle de Michaël Privot, alors directeur du réseau, ancien membre des Frères musulmans belges, ainsi que les liens entretenus avec plusieurs organisations de la mouvance frériste. Il révélait également que l’ENAR avait perçu 1,15 million d’euros de fonds européens en 2019. « Oui, l’ENAR a bénéficié pendant plus de vingt ans de financements européens, nous confirme Céline Imart. Mais en juillet 2026, la Commission européenne a refusé de renouveler sa subvention de fonctionnement pour 2026-2028, en raison de réserves concernant ses capacités organisationnelles et opérationnelles, après dix mois d’examen et d’audits. »

En octobre 2024, la sénatrice Nathalie Goulet déposait une proposition de résolution sur les financements européens d’entités liées aux Frères musulmans. Elle citait explicitement l’ENAR, FEMYSO et Islamic Relief Worldwide. Une proposition de résolution européenne de 2022 avait également soulevé la question de ces financements.

De son côté, l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, spécialiste de l’islamisme, alerte depuis plusieurs années sur les liens entre l’ENAR et la mouvance des Frères musulmans. Dès mars 2023, elle affirmait sans détour que l’ENAR « appartient à la sphère frériste ». Et en juin 2024, elle présentait le réseau comme une structure visant à « détourner la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et promouvoir la cause frériste en Europe ». Ajoutons à ces éléments les relations étroites entretenues par l’ENAR avec certains responsables politiques français. En 2025, Rima Hassan avait ainsi participé à une table ronde organisée par le réseau au Parlement européen, dans le cadre de sa « Semaine de l’antiracisme et de la diversité »…

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Pendant longtemps, ces alertes ont été largement ignorées à Bruxelles. La résolution du 8 octobre marque un changement de ton. Et la réaction de l’ENAR, suivie de cette campagne d’affichage nominatif, montre que la peur commence peut-être à changer de camp. À la bonne heure.

Jean Kast

Une réponse à « « Nous ne nous tairons pas » : des eurodéputés français menacés par des Fréristes ? »

  1. Avatar de Paul-Emic

    Les femmes sont plus courageuses que les hommes

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