
Toutes ces mises en scène qui consistent à représenter un homme politique dans un contexte qui lui est totalement étranger sont grotesques et pathétiques. Elles ne dupent personne. Édouard Philippe et Gabriel Attal ont fait sauter la frite, Jean-Luc Mélenchon s’est affiché dans le métro, samedi 31 octobre, avant de se rendre à la manifestation parisienne. Certainement a-t-il découvert que les portes s’ouvraient désormais automatiquement. Voici, maintenant, le tour du ministre de l’Économie de faire dans la pantalonnade. Le voilà dans une station-service pour persuader les Français que, grâce à l’action du gouvernement, les prix à la pompe baissent. Un comble pour un Roland Lescure qui nous expliquait, le 28 octobre dernier, dans un débat à l’Assemblée nationale sur le prix de l’essence, que « ce n’est pas une taxe qui [l]’empêche de dormir ».
Une expression que ce dernier a reconnue « malheureuse » mais qui ne l’empêche pas, ce 2 novembre, de parader dans l’Essonne pour faire le plein de son véhicule. Une armada de journalistes l’accompagne pour ce numéro de haute voltige : faire croire que quelques centimes gagnés à la pompe feront oublier l’incurie d’un pouvoir qui maintient, avec sa fiscalité confiscatoire, la tête des honnêtes contribuables sous l’eau. Le litre de carburant pourrait baisser de 18 centimes, à la bonne heure ! Jusqu’à quand ? Les stocks de la réserve stratégique qui ont été débloqués finiront bien par s’épuiser. Car, eux, contrairement aux gabegies pharaoniques de l’État, ne sont pas le tonneau des Danaïdes.
Le tonneau des Danaïdes
« Sur un plein de 45 euros, c’est 9 euros de moins », rassure le locataire de Bercy. Il faudra nous expliquer où le ministre trouve des voitures dont le réservoir fait 20 litres. En tout état de cause, les habitants de la France périphérique ont peut-être de quoi rouler quelques jours, avec un tel plein. Mais assurément, non content d’être acteur de cinéma, Roland Lescure ne maîtrise pas son texte, puisqu’il confond 45 euros et 45 litres.
Dans un autre exercice, c’est le ministre de l’Enseignement supérieur qui est pris en flagrant délit de mensonge, ce 2 novembre. Interrogé sur LCP, sur son soutien à la pétition qui demande de fermer CNews, Philippe Baptiste jure ne pas être en capacité de répondre puisqu’il « n’écoute pas CNews ». Le ministre le jure, la main sur le cœur : non seulement, ni de près, ni de loin, il ne côtoie l’épouvantail du monde médiatique, mais en plus, il ne s’est « jamais » rendu sur les plateaux du média de Vincent Bolloré. Et si jamais il devait être invité ? Voici notre homme bredouillant un médiocre « je ne sais pas », « il faudra réfléchir », en fixant ses chaussures comme un enfant de 10 ans qui n’ose pas confesser à son paternel une faute commise. Et pourtant, les archives attestent que le 5 mai 2025, le même Philippe Baptiste était bien présent sur Cnews sur le plateau de Romain Desarbres. Toute honte bue, Monsieur le Ministre.
Bref, les jours passent, la crise s’aggrave, la France n’a plus de politique budgétaire, tous les samedis de cet automne finissent dans le même marasme : voitures calcinées, forces de l’ordre blessées, vitrines caillassées. Mais nos ministres se débattent sur une mauvaise scène de théâtre rejouant sans fin une pièce au scénario creux et sans souffle. Par respect pour les spectateurs, baissez le rideau, par pitié !
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