« Non à la censure » : une pétition de soutien à CNews

Photo Jean Bexon

La contre-attaque s’organise. Alors que les discours prônant la censure se radicalisent à gauche, une initiative citoyenne appelle à défendre CNews. Lancée par un certain Stéphane Ferrand, elle dénonce les menaces de censure qui pèsent sur la première chaîne info de France et réclame des garanties pour préserver sa liberté d’expression. « Je lance cette pétition car la chaîne d’information en continu CNEWS est aujourd’hui menacée de censure.

Les journalistes et intervenants de la chaîne sont verbalement attaqués, voire même menacés physiquement », écrit son auteur. Il dénonce également « un climat de tension et de stigmatisation » et le fait que les journalistes de CNews soient « sans cesse qualifiés de racistes sans qu’aucune autorité politique n’intervienne ». Stéphane Ferrand réclame, notamment, « le refus de toute forme de censure idéologique ou de fermeture arbitraire » et « la protection de la diversité des opinions au sein du paysage audiovisuel français ».

Pétition contre pétition

Sur X, la journaliste Christine Kelly a salué cette initiative : « Merci à celui ou celle qui a lancé cette pétition pour CNews ». À l’heure où nous écrivons ces lignes, le texte approche des 45.000 signatures.

Cette mobilisation intervient en réaction à une autre pétition, déposée le 10 juin sur la plate-forme officielle de l’Assemblée nationale et intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français ». Son auteur, Lucas Massoni, réclame le retrait de la fréquence TNT de la chaîne et sa fermeture pure et simple. « CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande », assène-t-il. Le texte énumère avec gourmandise les sanctions infligées à la chaîne par l’Arcom et multiplie les inexactitudes. Entre autres contre-vérités, l’auteur affirme que Bally Bagayoko aurait été « comparé à un singe en direct par un invité ». En réalité, l’intervenant en question – le psychologue Jean Doridot – s’était contenté de rappeler que l’être humain appartient à la famille des grands singes. Cette nuance semble avoir échappé au pétitionnaire dont les arrière-pensées politiques sont assumées noir sur blanc : « Le temps presse […] Dix-huit mois avant la présidentielle de 2027 », écrit-il, manifestement apeuré.

Déposée dans une relative indifférence, la pétition a connu un regain de popularité depuis la fin octobre, après l’attentat de Trappes et sa récupération par la gauche politico-médiatique. La barre des 500.000 signatures venant d’être franchie, l’occasion est toute trouvée pour faire mousser encore un peu plus cet appel à la censure et souligner qu’un débat sur la question peut désormais être envisagé dans l’Hémicycle. Reste à savoir si la pétition de soutien à CNews bénéficiera de la même exposition médiatique. On peut cependant déjà en douter…

Les bonnes et les mauvaises pétitions

Cette affaire en rappelle une autre : celle de la pétition lancée par Philippe de Villiers en septembre 2025 pour réclamer un référendum sur l’immigration. Malgré ses quelque deux millions de signatures revendiquées, l’initiative avait été accueillie bien froidement par une partie du monde médiatique. Le 3 février 2026, devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le député Charles Alloncle avait précisément dénoncé cette différence de traitement. « La pétition de Philippe de Villiers n’a pas bénéficié de traitement favorable, ni même réellement de traitement, puisqu’elle a dû atteindre le seuil de 1,5 million de signatures avant d’être abordée pour la première et unique fois dans le journal de 20 heures de France 2, le 19 septembre dernier, qui plus est sous l’angle unique du fact-checking pour questionner sa légitimité. » Le député pointait également le contraste avec la pétition contre la loi Duplomb, qui avait bénéficié d’un reportage au JT de France 2 dès le seuil des 500.000 signatures, puis de plusieurs émissions sur France 5.

Le 17 septembre 2025, France 2 avait en effet consacré son Œil du 20 Heures à la question : « Pétition de Philippe de Villiers : des signatures authentiques ? » Le Progrès avait publié un article intitulé « Pétition anti-immigration : pourquoi on ne peut pas la comparer avec celle contre la loi Duplomb », estimant que le million et demi de signatures était un chiffre à prendre « avec de grosses pincettes ». BFM TV s’était interrogée sur les « liens avec l’extrême droite » et l’absence de vérification des signatures, tandis que Le HuffPost avait pris soin d’entourer le mot « pétition » de guillemets, comme si l’initiative de Philippe de Villiers ne méritait même pas cette appellation.

Indépendamment de leur succès, les pétitions sont jugées à l’aune du politiquement correct : certaines ont droit aux projecteurs, d’autres aux soupçons. Les unes sont promues, les autres délégitimées. Un deux poids deux mesures devenu le réflexe d’une partie de la gauche médiatique, quel que soit le sujet.

Jean Kast

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