Le « Square Mile » de la « City de Londres » au sein du Grand Londres — Le repaire des farceurs
Je vous le rappelle une fois de plus : l’histoire est une farceuse. Parfois, les choses se déroulent comme prévu, parfois elles prennent simplement un autre tournant, et ces derniers temps, elles changent radicalement de cap. Comprenez bien ceci : la Russie n’est plus notre ennemi mortel. Nous ne sommes plus en 1956, ni même en 1986. Ce n’est plus le soi-disant « monde libre » contre le maléfique marteau et la faucille.
La Russie n’est plus une étrange expérience de science politique allant à l’encontre de la nature humaine — c’est-à-dire de celle de personnes s’efforçant d’offrir une belle vie à leur famille. Finis les sacrifices du bonheur de tous pour prouver les théories farfelues de Karl Marx. Finies les tentatives d’imposer tout cela au reste du monde. La Russie a abandonné ce projet et a choisi de devenir une nation normale, avec tout l’attirail de la normalité : commerce, achats, banques, entreprises. Les choses ont changé.
Les choses sont également devenues étranges. Tout indique que, pour l’instant, l’Europe est devenue une sorte d’adversaire, si ce n’est pas encore tout à fait notre ennemie. L’Europe a perdu la tête. C’est désormais au tour de l’Europe de se détruire elle-même en poursuivant des théories idiotes — telles que : les nations n’ont pas d’importance… on peut avoir un niveau de vie élevé sans industrie productive… le carbone détruit le monde.
L’Europe est désormais tyrannisée par la Commission européenne non élue, tout comme l’ancienne Union soviétique était tyrannisée par son Politburo. Un revirement orwellien s’est produit. Quand l’histoire nous joue des tours, elle en fait des sacrés. Ainsi, vous avez désormais Ursula von der Leyen, avec son air de grand-mère, qui dicte à tous les pays d’Europe ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire avec leurs exploitations agricoles et leurs usines, ainsi qu’avec la vie quotidienne de leurs citoyens, tout comme Joseph Staline en 1937. Et vous avez les dirigeants grotesquement faibles de la France, de l’Allemagne et des autres pays qui se soumettent à cela.
Et en dehors de l’UE — dont elle a voté la sortie en 2016 —, vous avez notre soi-disant « mère patrie », la Grande-Bretagne (le Royaume-Uni), qui se suicide de la manière la plus extravagante qui soit, changeant de Premier ministre comme on change de valet dans une partie de whist, emprisonnant ses propres citoyens pour pensées impures, tout en laissant ses femmes se faire violer en masse par des envahisseurs étrangers. Des faits des plus extraordinaires, comme l’aurait fait remarquer le Dr Watson au vieux Sherlock. Pendant ce temps, ils ont à défendre les vestiges en lambeaux de leur ancien empire, et cela ne se passe pas très bien.
Ces vestiges sont tout ce qui reste de l’économie britannique : ses banques, son Wall Street, qu’ils appellent la City de Londres, un mile carré de gratte-ciel hideux grâce auxquels la Grande-Bretagne cherche désespérément à maintenir des flux financiers vers une économie qui ne produit de plus en plus rien. Autrement dit, tout ce qui reste de la vaste puissance impériale britannique, c’est un réseau de magouilles financières infâmes — tout comme, aux États-Unis, tout ce qui reste de l’ancien Parti démocrate, c’est son réseau de magouilles.
Ces derniers temps, l’appareil politique britannique s’efforce de provoquer une guerre avec la Russie dans une tentative désespérée de sauver son économie irrémédiablement ruinée. Les dirigeants britanniques pensent apparemment pouvoir mettre en place une économie de guerre et même mobiliser une armée de fantassins comme si on était en 1914 ou en 1939. C’est un projet insensé, fondé sur un désir séculaire de s’emparer des vastes ressources naturelles de la Russie. Ils s’y essaient depuis, disons, toujours. (La France et l’Allemagne ont essayé elles aussi. Ça n’a pas marché.)
Or, ici, aux États-Unis, dans notre propre hémisphère, loin de l’Europe, de l’autre côté des mers salées, nous avons été enrôlés dans ce projet visant à semer le trouble en Russie depuis 1991, et cela ne fonctionne plus très bien non plus. Tout d’abord, il y a le problème de l’OTAN. Nous sommes toujours empêtrés dans ce traité anachronique, bien que la Russie ait choisi de se comporter normalement il y a trente-cinq ans. Vous voyez donc que le moyen de s’en prendre à la Russie consistait à attiser une guerre entre elle et l’Ukraine.
Et ils se sont servis de nous pour y parvenir — car l’UE et l’OTAN n’avaient pas le punch nécessaire pour cette mission. Ils ont mis à contribution notre Département d’État « anglicisé » et ses larbins néoconservateurs, ainsi que nos cow-boys des services secrets et leurs partenaires des « Five Eyes », pour mettre en scène la révolution du Maïdan de 2014 à Kiev, chasser le président pro-russe Viktor Ianoukovitch et, après avoir fait défiler quelques présidents fantoches, installer l’ancien comédien Zelensky à ce poste (qui avait auparavant incarné à la télévision un président ukrainien bouffon, encore une belle farce de notre amie l’histoire).
La manœuvre suivante consistait à tenter de faire entrer de force l’Ukraine dans l’OTAN, ce qui, tout le monde le savait, provoquerait une réaction de la Russie contre l’Ukraine, ce qui s’est produit en 2022. La Russie ne voulait pas de bases militaires de l’OTAN à sa frontière. Cela, a déclaré M. Poutine, assez fort pour être entendu à Berlin, Paris, Londres et Bruxelles, constituait une « ligne rouge ». Et voilà, la guerre ! Et les États-Unis, qui constituent l’épine dorsale et le compte en banque de l’OTAN, se sont retrouvés entraînés à soutenir l’Ukraine par cet incapable de « Joe Biden » — à la solde de l’Ukraine depuis des années, et bien trop à côté de la plaque pour ne pas se laisser manipuler et entrer dans le jeu. Ouais, a-t-il dit, vous pouvez rejoindre l’OTAN. Les drapeaux bleus et jaunes ont envahi tout notre territoire. « Slava Ukraini », hurlaient les idiots utiles.
Le président Donald Trump, ayant survécu à la manœuvre de destitution liée à l’appel téléphonique sur l’Ukraine et à de nombreuses autres tentatives visant à le mettre hors jeu, avait compris le jeu, et l’une des premières choses qu’il fit à son retour au pouvoir en 2025 fut de s’entretenir avec Vladimir Poutine en Alaska. Contre toute attente, M. Trump a maintenu cette relation de travail bien qu’il ait dû faire semblant de soutenir l’OTAN. Il semble avoir compris que les caprices de l’histoire ont rapproché davantage les États-Unis de la Russie que de nos anciens alliés de la Seconde Guerre mondiale, notamment en raison d’une volonté d’éviter la Troisième Guerre mondiale vers laquelle l’OTAN nous pousse actuellement.
Le président a clairement fait savoir qu’il en avait fini avec ce fourbe de Zelensky et toutes ses machinations — ses visites pour faire de la lèche au roi Charles, ses magouilles infâmes avec l’OTAN, son monstrueux blanchiment d’argent. Si M. Trump n’a pas encore secrètement retiré le soutien résiduel des États-Unis à l’Ukraine par l’intermédiaire de l’OTAN, il le fera bientôt, de manière explicite, et d’une façon qui risque de sonner le glas de l’OTAN, que les caprices de l’histoire ont réussi à transformer en belliciste. L’UE et l’OTAN n’ont pas les moyens de poursuivre cette guerre. C’est aussi simple que cela.
Passons maintenant à l’Iran. Les Américains sont profondément troublés par cette opération, qui a jusqu’à présent coûté la vie à une vingtaine de personnes. Eh bien, nous sommes en pleine campagne électorale, et vous pouvez être sûrs qu’une grande partie de ce mécontentement est alimentée par 1) le Parti démocrate désespéré et 2) les divers personnages de ce qu’on appelle le « Woke MAGA ». Ces apostats exaspérés, tels que Tucker, Candace, MTG et compagnie, agissent peut-être sous, disons, une influence étrangère, mais ils semblent aussi complètement fous. Dans le cas de Tucker et Candace, bien sûr, les idées qu’ils colportent semblent d’une folie criarde. Tucker divague sur de véritables infestations de démons envoyés par Satan et ricane à la manière de Goebbels contre les Juifs, tandis que Candace poursuit son projet de vengeance farfelu inspiré de Charlie Kirk.
Comprenez bien ceci : l’Iran a perdu cette guerre, et de manière cuisante. Et pour une bonne raison : il était déterminé à développer des armes nucléaires et des missiles à longue portée pour les lancer, et le président Trump a pris la décision raisonnable de faire en sorte que cela n’arrive pas. L’Iran, dirigé par une faction djihadiste lunatique, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), refuse de parvenir à un accord raisonnable. Les quelques semaines qui restent avant les élections de mi-mandat aux États-Unis font de cette période un moment particulièrement délicat. Les Iraniens le savent bien et en tirent pleinement parti, dans l’espoir qu’un renversement de la majorité au Congrès américain améliorera leur position. C’est un mauvais pari.
Le président l’a clairement fait savoir, et ce de manière constante depuis des mois. Les Iraniens ont le choix : soit ils acceptent de devenir une nation normale, voire prospère et heureuse, mais sans armes nucléaires et sans djihad, soit nous les mettrons hors d’état de nuire — quel que soit le résultat des élections de mi-mandat. En d’autres termes, ce que vous observez actuellement dans ce coin du globe n’est pas l’issue définitive de la situation.
Les Européens semblent avoir tout intérêt à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour continuer d’attiser les flammes en Ukraine et en Iran, même s’ils ne l’affichent pas ouvertement. Nos intérêts ont divergé. Les Européens manœuvrent de telle sorte qu’ils se posent en adversaires des États-Unis, ce qui est une décision très imprudente. Il se trouve également que leurs pays sont en proie aux flammes en ce moment même. Leurs citoyens ne sont pas heureux, et ils sont en outre accablés par une importante force d’envahisseurs barbares. Les dirigeants à la tête de ces pays pourraient bien ne plus être au pouvoir très longtemps. Pensez à revoir vos attentes quant à la tournure que prendront les événements. Et ne soyez pas si pessimistes. Les chances sont en faveur de notre pays, et ces guerres peuvent être résolues de manière favorable.
James Howard Kunstler
Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
Source Clusterfuck Nation

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