Que penser des manifestations lycéennes qui nous laissent très perplexes ?, par Claude Meunier-Berthelot.

Image : capture d’écran du site leprogres.fr

Les manifestations des lycéens nous laissent très perplexes.

Beaucoup de commentaires sur ces remous mais peu de réalisme quant à la la perception de la situation catastrophique  de l’Ecole publique en France, qui met dangereusement en péril non seulement l’avenir de nos enfants, mais l’avenir de la France !

Jules Grévy, président de la IIIème république, affirmait : « l’éducation fait la grandeur des nations ».

Certes !

L’inverse s’applique tout autant : c’est par l’Ecole que se détruit une nation ! ce dont ne se privent pas ceux qui nous gouvernent , tout ceci masqué par une désinformation éhontée laissant à penser aux Français que tout est fait pour assurer une bonne formation intellectuelle alors même que la destruction programmée du système scolaire pensée, organisée, mise en œuvre lentement, méthodiquement et à bas bruit depuis plusieurs décennies, arrive à son terme aujourd’hui et suscite un  profond malaise  chez les élèves.

Quelles revendications ?

Les revendications apparentes des lycéens ont porté essentiellement sur des questions matérielles : trop chaud, trop froid, pas de réfrigérateur, des bâtiments vétustes, mais aussi : trop d’heures de « cours » …oui mais… pour quoi faire ? c’est là que le bât blesse !

En réalité, les meneurs détournent le désarroi des lycéens qui résulte de l’indigence du système d’enseignement pour les faire psalmodier sur des questions qui, même si elles ne sont pas à négliger, font abstraction du véritable malaise qui mettrait le doigt sur la formidable imposture de ceux qui nous gouvernent et de leur véritable intention : détruire l’identité française afin que la France soit noyée  au sein d’un gouvernement mondial avec une population abêtie, sans repères.

Macron en visite à Washington, avait déclaré qu’il voulait déconstruire la France : il s’y emploie !

En réalité, des témoignages récents de membres du corps enseignant  attestent que les lycéens sont désarçonnés pas le fait de la conscience qu’ils ont de l’indigence de  leur scolarité, de leur conscience que le  système scolaire tel qu’il est organisé aujourd’hui, ne les prépare pas à avoir un avenir, à tenir leur place dans la société,  que leur avenir est bouché !

Or, ces manifestations ne leur donnent pas l’opportunité d’exprimer leur véritable désarroi! les syndicats s’en mêlant,  nous ne pouvons qu’être inquiets et compter sur eux pour « noyer le poisson » , eux qui ont toujours oeuvré davantage avec le gouvernement qui les abreuve de quelques centaines milliers d’euros chaque année que pour  ceux qu’ils sont  censés représenter.

Une révolution scolaire qui détruit tous les fondements d’une véritable Ecole

Rappelons à cet égard qu’une révolution scolaire a eu lieu par le fait de la loi du 7 juillet 2013  qui consiste à remplacer les cours transmetteurs de savoirs et de formation intellectuelle par des activités basées sur la diffusion des valeurs dites de la république et au cours desquelles les élèves sont censées construire leur savoir !

C’est Blanquer qui a mis la dernière main à la destruction du système scolaire sous couvert d’un « bac nouveau pour construire le lycée des possibles » (sic)

Dans un document émanant du ministère du 14/02/2018, un article intitulé « bac 2021, un tremplin pour la réussite », nous pouvons constater une remarquable continuité dans l’effondrement organisé du système éducatif de nos enfants  marquée par :

une volonté manifeste d’effacer notre identité française par l’effacement de l’enseignement du français et la valorisation des langues étrangères.

Les séries S, ES, L, ont été supprimées,  remplacées par un « tronc commun » prétendûment élargi.

En réalité, est surtout prévue une réduction drastique des heures de cours remplacées par des « parcours ».

« Il n’y aura plus de séries en voie générale mais des parcours choisis par chaque lycéen en fonction de ses goûts et de ses aspirations »,  autrement dit, plus de classes au sein desquelles est recherché un niveau déterminé, le « parcours » étant entendu comme :

«  Un  processus guidé et progressif au cours duquel les élèves construisent des compétences et acquièrent des connaissances en fonction des expériences, des rencontres et des projets auxquels ils participent…le principal moteur doit être l’élève lui-même accompagné par toute l’équipe pédagogique pour structurer les acquis (sic) et s’approprier son propre parcours qui lui donnera sa dimension personnelle »

C’est la logique de l’interdisciplinarité, du « constructivisme », système dans lequel l’élève est censé, non seulement construire savoir lui-même, mais aussi, s’instruire dans différentes disciplines à la fois .

Il s’agit d’activités choisies par l’élève  : son « parcours » lui étant personnel : pas d’obligation de résultat, plus de question de niveau à atteindre, plus de savoir transmis par un professeur et encore moins de culture commune donc…plus de classe non plus !

Ne restent que quelques heures de cours au menu du « tronc commun »

Au final.. pour quel bac ?

Blanquer avait annoncé une « réforme ambitieuse »…un « bac remusclé » …censé « lui redonner tout son sens et son utilité » ?

Voilà ce qui nous a été vendu par l’illusionniste Blanquer et les medias complices ou ignorants ;

Or,  ce« bac nouveau »  constitue une véritable arnaque intellectuelle !

Il comporte :

1- un contrôle continu (40 % de la note finale) avec :

– des épreuves ponctuelles type « bac blanc » en 1ère et Terminale, basées sur quoi ?
– la prise en compte des bulletins scolaires de 1ère et de terminale, avec toute l’allégeance au système que cela suppose !

2 – 4 épreuves finales ( 60 % de la note finale) qui remplacent une dizaines d’épreuves

– 2 épreuves au printemps sur les disciplines choisies comme « spécialités »,
– 2 épreuves : philosophie et  oral sur un projet réalisé sur 2 ans (en groupe en 1ère ; individuellement en terminale).

En réalité, sur ces 4 épreuves dites « finales » 3 d’entre elles reposent donc sur le « parcours » de l’élève  qui lui est personnel, à savoir les deux disciplines dites « de spécialité » et l’oral basé sur un projet réalisé sur 2 ans,

Autrement dit le bac nouveau est basé essentiellement sur la construction du savoir par l’élève lui-même.

Il ne reste que l’épreuve de philo dont il est à craindre qu’elle se résume, pour le candidat, à devoir adopter la doxa officielle, en clair, la philosophie des « droits de l’homme », les « valeurs de la république ».

Conclusion

En résumé, le lycée est devenu un patronage laïque sous couvert de diplômes qui ne sont que des coquilles vides.

Rappelons que Lénine recommandait à ses « troupes » révolutionnaires : « gardez la coquille, videz-là de sa substance »

On ne peut mieux dire !

Notons à ce sujet qu’à juste raison, le bac français n’est plus reconnu à l’international !

La prolifération des « mention très bien » ne doit pas nous abuser ! elles ne sont que de honteuses flatteries !

Il n’est qu’à se référer à la récente étude PISA qui place la France en « queue de peloton » alors même qu’il s’est agi d’évaluer le niveau intellectuel de jeunes de 15 ans – autrement dit, en principe, niveau brevet – à partir de demandes très basiques : extraire les idées essentielles d’un texte,  analyser un graphique…

Ils n’ont pas su !

Ce n’est pas avec le « lycée nouveau » de Blanquer que le bac français peut constituer « un tremplin pour la réussite » (sic) !

Comment ne pas être désarçonnés par ce système inique?

Comment prétendre à des études universitaires dans ces conditions ?

Comment les élèves ne pourraient ils pas percevoir leur horizon bouché ?

Il serait opportun que leur désarroi ne soit pas capté au profit de ceux qui manoeuvrent dans l’imposture depuis tant d’années et qui s’obstinent dans leur folie destructrice !

Claude Meunier-Berthelot

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