
(Chronique à lire dans le Causeur de novembre)
« Des gavroches », disaient-ils, l’œil mouillé. Les révolutionnaires en retraite adorent la jeunesse quand elle défie le vieux monde. Ils veulent y voir la tradition des révoltes françaises. « La Bastille est reprise ! », a tweeté Jean-Luc Mélenchon le 8 octobre, après un rassemblement de lycéens sur la place parisienne. L’Humanité s’est réjouie d’y avoir entendu un jeune communiste hurler : « Louis XVI ? On l’a décapité ! Macron ? On peut recommencer ! ».
En réalité, les fantômes de Robespierre sont des zombis addicts à TikTok et aux jeux vidéo. Les insurrections d’antan les indiffèrent. Ce jour-là, ils ont profané de tags immondes la Colonne de Juillet, au mépris des 700 révolutionnaires de 1830 et 1848 qui reposent à ses pieds. « Nike la France ! » est, en revanche, un slogan qu’écrivent les foules guidées par l’islamosphère. C’est ainsi que, le 17 octobre, des pilleurs juvéniles et hilares ont déboulé des cités « racisées ».
La « colère lycéenne », partie le 21 septembre du lycée Saint-Exupéry de Créteil (Val-de-Marne) pour un manque d’enseignants, a vite basculé dans le palestinisme et sa détestation de la France « coloniale ». Les légitimes revendications (Parcoursup, « la vie chère », etc.) ont été balayées par les intifadas des lycées, manœuvrées par LFI. Les protestataires en keffieh, enfants de bourgeois compris, ont défilé sous étendards palestiniens en reprenant : « Nous sommes tous des enfants de Gaza ! », « Israël assassin ! ». L’activiste suédoise Greta Thunberg, ex-membre de la flottille de Gaza, est venue soutenir les lycéens de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Le maire (LFI), Bally Bagayoko, a expliqué : « La violence, à un moment donné, peut être légitime, mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux ».
Depuis lors, les « enfants des rues » jubilent en déversant la peur. Les sondages avaient décelé le profil de cette génération du numérique. Selon l’Ifop (juin 2026), 50 % des militants entre 18 et 24 ans estimeraient qu’« il faut parfois recourir à la violence pour faire avancer ses idées ». Des centaines de professeurs et de proviseurs en ont fait les frais. Des établissements scolaires ont été saccagés ou incendiés. Puis les racailles des cités se sont jointes aux black blocs et aux révoltés de luxe dans un débordement de terreurs. Un millier de gendarmes et de policiers ont été blessés. 3 000 commerces ont été visés par les razzias (1). Face à l’effondrement de l’État, Emmanuel Macron s’est étonné : « Comment des Français peuvent-ils faire cela à la France ? ».
L’aveuglement du chef de l’État sur les désastres d’une massive immigration arabo-musulmane est celui d’une classe politique qui a ignoré les lanceurs d’alerte. Deux peuples, deux jeunesses se font face. L’une d’elles, subjuguée par Jean-Luc Mélenchon et sa « nouvelle France », aimerait en découdre. Le pire est envisageable, après le terrorisme incendiaire de l’extrême gauche contre la mairie de Limoges ce 17 octobre, puis l’attentat raciste commis par Kevin T. à Trappes, contre des musulmans présumés, le 23 octobre.
Restent les Français oubliés. Démographiquement majoritaires, ils n’ont encore rien dit. Mais l’apparition médiatique de Louise Montangon (UNI), 22 ans, brillante dans sa dénonciation des casseurs, a montré l’autre visage de la Gen Z, aperçue lors de la venue du pape. Cette France-là n’a pas dit son dernier mot.
(1) Les forces de l’ordre ont réussi, hier, à maintenir à distance casseurs et pilleurs, au prix de villes pour partie barricadées. Mais le cycle de la violence n’est pas clos pour autant. Dès ce lundi matin, des blocus de quelques lycées ont repris. Les 2,2 millions de lycéens se laisseront-ils faire ? Rien n’est moins sûr.
Mon intervention de vendredi sur CNews (15h-17h)
https://blogrioufol.com/ce-palestinisme-qui-a-devoye-la-colere-lyceenne/
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