[POINT DE VUE] Manifestations : le temps est venu de « se mettre en sécurité »

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Alors comme ça, ça s’est bien passé ? À l’heure où nous écrivons, la queue de comète des manifestations du 31 octobre poursuit sans doute sa course dans nombre de nos rues, mais le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, semble plutôt confiant. Avec 70 000 policiers et gendarmes sur le pont, il peut. Un week-end de plus. Jusqu’à quand ? L’essentiel des rassemblements, partout en France, s’est globalement déroulé dans le calme.

Évidemment, il y a eu des “heurts”, en l’occurrence, à Paris, une attaque au cocktail Molotov sur un policier, attaque qui s’apparente à de la tentative de meurtre. Il y a eu des charges de CRS, notamment contre les manifestants de Charenton, à Paris. Sur X, les gauchistes mettent cela sur le compte de l’extrême-droite, évidemment. En la circonstance, ce serait à cause de la présence des journalistes du média Frontières. On croit rêver. C’est le monde à l’envers. On rappelle au passage que le patron de Frontières, Erik Tegner, a dû annuler la venue de Sarah Knafo chez lui, en Bretagne, à cause de la menace des milices antifa. N’inversons donc pas les rôles.

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Dans la soirée, il y aura sans doute eu la prolongation des affrontements entre la racaille et les antifas d’un côté, la police de l’autre. On ne sait pas jusqu’où ça ira. Des petits groupes ultra-violents et très bien organisés font face aux forces de l’ordre. Ça peut durer longtemps. Bref, la routine.

Démission rampante

Moins anecdotique et plus préoccupante est la démission rampante de la puissance publique. Sur X toujours, le maire de Marseille, Benoît Payan, invite ses administrés à « se mettre en sécurité », c’est-à-dire à rester chez eux, selon des modalités pratiques à définir (en famille ou pas ? En ville ou pas ? Armés ou pas ?), pour laisser la police faire son travail, comme disait le commissaire Biallès dans La Cité de la Peur. Disons-le plus clairement : quand les casseurs déferlent sur les métropoles, on ne doit plus sortir de chez soi. Oh, ce n’est pas une interdiction, non, c’est plus subtil que ça : c’est pour notre bien. On pourrait être libre d’aller et venir le soir, bien sûr, mais on ne serait pas “en sécurité” (comme on dit “en solidarité” ou “en responsabilité” dans la langue de coton du monde politique).

La crise qui frappe l’autorité, l’administration, les fonctions régaliennes, ne se limite pas à la tête, c’est-à-dire aux derniers morts-vivants de la Macronie, qui, en dix ans, sera passée directement de la start-up nation au film de zombies, de Brett Easton Ellis à Stephen King, sans jamais connaître le sérieux ou la dignité. Elle se propage, comme un cancer répand ses métastases. Elle se diffuse. Les grandes villes de France, celles où les bobos votent à gauche mais contournent la carte scolaire, sont tombées. C’est le cas de Marseille. Les villes moyennes, comme Limoges, chancellent déjà. Les petites sous-préfectures les suivront bientôt. Et ce sera l’anarchie.

Bien sûr, quelques villes résistent encore et toujours à la barbarie. Elles sont une poignée. Mais l’ensauvagement des rues et la démission des pouvoirs publics sont, de plus en plus, la norme.

Enfermons-nous dans nos maisons !

Mettons-nous donc en sécurité, puisque c’est ce qu’on nous demande. Enfermons-nous dans nos maisons, tant qu’elles sont à nous, puisque Jean-Luc Mélenchon veut abolir le droit de propriété. Et attendons la prochaine déferlante de violence, qui se soldera par une demi-douzaine de comparutions et une augmentation de nos cotisations d’assurance. Interdiction d’en tirer des conclusions répréhensibles. Interdiction de se révolter contre tant d’impéritie. Il paraît qu’en démocratie, le citoyen est au sommet de sa puissance. On est prié de ne pas éclater de rire : coincé entre un régime sadique, des casseurs barbares, des gauchistes, et, pour peu qu’il exprime son ras-le-bol, la stigmatisation de son côté, le citoyen en a plein les bottes, mais on lui demande de bien vouloir encaisser les coups et décaisser les coûts de cette chienlit.

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Arnaud Florac

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