« Et si Moody’s avait raison de ne pas dégrader la France ? » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Vidéo rapide cette semaine pour revenir sur cette histoire de non dégradation de la note de la France par l’agence Moody’s.

En réalité la situation de la France de 2026 n’est pas du tout la même que la situation de la Grèce des années 2010. Elle n’est pas la même parce que notre niveau de note ne part pas du tout du mêmeniveau. En réalité la Grèce est très bien notée jusqu’en octobre 2009 où le gouvernement grec (Papandreou) annonce le vrai déficit public de 12.7 % du PIB ce qui panique les marchés et va entraîner un cercle vicieux de dégradations de la note souveraine de la Grèce par les agences de notation.

• Pour Standard & Poor’s (S&P), la note de la Grèce est restée à A avec une perspective stable pendant l’ensemble des années 2007 et 2008 (elle n’a connu une première mise sous surveillance négative qu’en janvier 2009).
• Pour Fitch Ratings la note de la République hellénique a été maintenue à A avec une perspective positive au cours de l’année 2008 (confirmée notamment en mai 2008).
• Pour Moody’s Investors Service la Grèce était notée dans le haut du panier (dans la zone des A2 / A3) avant les premières alertes et révisions qui ont précédé la révélation des vrais chiffres du déficit public en 2009.

De 2009 à 2012 ce sera donc une série de dégradations jusqu’au niveau… défaut partiel.

La France n’en est pas là et surtout notre notation part déjà de nettement plus bas. Notre pays est bien moins bien noté que la Grèce de 2007 !! Les agences de notation ne sont pas en retard cette fois contrairement à la crise grecque et elles n’ont objectivement aucune raison de rajouter de la crise à la crise surtout et c’est l’autre élément que l’économie française n’est PAS l’économie grecque.

Je ne suis pas un optimiste béat, vous me connaissez, mais il ne faut pas non plus voir les choses pires qu’elles ne sont sinon, c’est l’erreur d’analyse qui conduit à des erreurs en termes de décisions.

La situation de la France est critique mais nous les moyens de notre redressement. Là où il y a une volonté il y a un chemin, mais encore faut-il avoir la volonté ce qui est loin d’être le cas pour le moment et c’est ce dernier point qui est le plus inquiétant pour l’avenir de notre pays.

Conclusion ?

Moody’s ne se trompe pas forcément en attendant encore un peu pour dégrader la France, mais surtout c’était une revue périodique et c’est une analyse de l’agence de notation qui n’a pas vocation à baisser la note souveraine d’un pays.

Par contre le gouvernement en a profité pour faire une petite opération d’enfumage que je me fais un plaisir de pointer du doigt !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

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