
par Adègne Nova
Un peu de clarté ne nuisant pas à la compréhension –au contraire–, voici quelques précisions, en tout genre, qui pourraient permettre de mieux apprécier –entendons au sens propre ici– le pétrole en France.
Pour commencer, qui vend des carburants dans les stations-services ? Ce sont trois groupes d’acteurs distincts : les groupes pétroliers, qui représentent environ 35% du marché (Total, groupe français ; Shell, néerlando-britannique ; BP, britannique ; Esso, américain) ; les grandes surfaces, qui représentent près de 50% du marché (Leclerc, Intermarché, U, Carrefour, etc.) ; et, enfin, les distributeurs indépendants, qui, pour leur part, représentent environ 15% du marché (Avia, d’origine suisse ; Dyneff, franco-espagnol, etc.). Parmi ces trois groupes, seul le premier raffine, c’est-à-dire que suivant un procédé industriel chimique, à partir du liquide noir et visqueux extrait dans divers coins du monde, ils séparent les différents composants pour produire de l’essence, du diesel, etc. Sans raffinage, le pétrole est inutilisable dans les voitures ; il détruirait les moteurs du fait de la présence en lui de sables, de métaux lourds et plusieurs autres éléments tout aussi nocifs. Donc, nous comprenons bien, à ce stade, que les grandes surfaces et les revendeurs indépendants n’arrivent qu’en bout de chaîne pour « seulement » distribuer à la pompe des produits « fabriqués » préalablement par les raffineries.
Aujourd’hui, vendredi 30 octobre, nous avons parcouru quelques kilomètres dans une charmante ville provençale pour lire les panneaux tarifaires desdites stations. Combien coûte un litre de diesel ce matin ? –nous avons délibérément choisi de parler de ce carburant en particulier car, contrairement à tout ce que l’on peut entendre sortir de la bouche des bien-pensants et autres bobos-écolos, les véhicules roulant au diesel représentent la majorité du parc automobile français, avec plus de 46% de moteurs concernés (environ 43% pour l’essence et le reste pour l’électrique et les moteurs hybrides). Ainsi, chez Total, le litre est à 2,25 €, chez Leclerc 2,36 €, chez Carrefour 2,38 €, chez Auchan 2,40 €, chez Esso 2,44 €, chez Eni 2,53 €…
Mais parlant du prix, de quoi est-il composé ? Un automobiliste faisant son plein d’essence paie trois éléments différents, à savoir la fiscalité, le produit (brut puis raffiné) et les frais de distribution :
- La fiscalité –qui représente entre 50 et 60% du montant total– comprend l’accise sur les produits énergétiques (qui s’élève à environ 0,61 € par litre pour le diesel), qui alimente le budget de l’État et finance le service public de l’énergie, le développement des énergies renouvelables et le chèque énergie ; et la TVA, à 20%, appliquée sur le prix hors taxe et sur l’accise –ben voyons, deux fois valent mieux qu’une !– ;
- Le pétrole –qui représente entre 30 et 35% du montant total–, il s’agit-là du brut et du raffinage ;
- L’acheminement et la distribution –qui représentent entre 10 et 15% du montant total– concernent le transport, le stockage, les frais d’exploitation de la station-service, les certificats d’économie d’énergie et les marges du distributeur.
En France, les gens aiment se flageller –au sens figuré bien sûr–… et une certaine partie des politiciens les aident particulièrement en cela en cassant, sabotant la France et ses racines –toutes ses racines : culturelles, industrielles, économiques, spirituelles, intellectuelles… Alors, dans le viseur, les profits de Total. Je ne suis pas en train de dire que le groupe en fait trop ou pas assez, je ne dis pas qu’il devrait les redistribuer aux nécessiteux, je n’évoque pas le train de vie de ses dirigeants… je vois qu’il a annoncé il y a quelques heures un bénéfice record au troisième trimestre 2026 et je lis sur ses panneaux tarifaires, en grand, en gros, en lumineux, qu’il propose les prix les moins élevés.
LFI et consorts ne cessent de demander la taxation des bénéfices affichés par le groupe. Oui, parce qu’à gauche « tout ce qui est à toi est à moi… », mais il ne faut pas oublier la seconde partie de l’expression qui caractérise les adeptes de cette idéologie « … et tout ce qui est à moi est à moi ».
Voilà les quelques constats et réflexions que nous proposons à nos lecteurs…
https://www.actionfrancaise.net/2026/10/30/des-euros-par-ci-des-euros-par-la/
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