
C’est une prise de position courageuse. Ce mercredi 28 octobre, à l’issue du Conseil des ministres, Maud Bregeon a choisi de rappeler quelques principes élémentaires à des journalistes qui semblaient les avoir oubliés. La porte-parole du gouvernement a pris la défense de CNews, régulièrement mise en cause par la gauche médiatique. Une intervention ferme, à contre-courant du procès permanent intenté au groupe Bolloré. « Vous êtes tous là en tant que journalistes. Vous êtes tous là parce que vous avez une carte de presse », a-t-elle rappelé à ses interlocuteurs. Avant de pointer une situation pour le moins singulière : « Entendre des journalistes et des groupes de presse attaquer, dans cette salle, d’autres groupes de presse, je crois que cela n’a pas sa place. » Puis cette mise au point, sans détour : « Si vous avez un problème avec CNews, c’est votre droit, mais ce n’est pas auprès de moi que vous venez le relater. »
La porte-parole a aussi interpellé l’Association de la presse présidentielle, dont elle déplore le silence, et rappelé que les journalistes de tous les médias peuvent être pris à partie physiquement lors de manifestations. « Il n’y a pas que les journalistes du groupe Bolloré qui sont pris à partie dans les manifestations, cela vaut pour tous les journalistes. »
La gauche anti-CNews passe à l’offensive
Cette prise de position intervient dans un climat particulièrement tendu. Le 17 octobre, un groupe d’émeutiers – comprenant notamment un employé du groupe Mediawan – a dégradé les locaux abritant CNews, dans le XVe arrondissement. D’autres manifestants s’en sont pris à la chaîne info, le 26 octobre à Paris, la traitant d’« assassin ». Et ce mardi 27 octobre, à l’Assemblée nationale, une journaliste de CNews, Élodie Huchard, s’est vu refuser l’accès à une conférence de presse organisée par le groupe Écologiste et Social avec Ali Rabeh, le maire de Trappes. Son allié écologiste Benjamin Lucas a tenté de justifier cette exclusion. « J’assume totalement de ne pas inviter […] CNews qui participe d’une entreprise politique de destruction de la République », a-t-il déclaré. Le maire de Trappes a, lui aussi, revendiqué son hostilité à la chaîne : « Si CNews avait été dans cette pièce, je pense que je n’aurais pas été capable d’y rester. »
Le lendemain, le même Benjamin Lucas et sa collègue Léa Balage El Mariky ont franchi un nouveau cap en demandant à Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, de « procéder au retrait des accréditations des médias du groupe Bolloré au sein du palais Bourbon ». Leur courrier accuse notamment ces médias de contribuer à la diffusion de thèmes racistes.
Aurore Bergé, l’autre voix qui ne cède pas
Maud Bregeon n’est pas la seule, au centre de l’échiquier politique, à tenir tête à la gauche. Aurore Bergé en a également donné plusieurs illustrations, notamment dans l’affaire du meurtre de Thomas, à Crépol. Cette semaine, encore, le ministre a cité Thomas parmi les Français tués en raison de leur couleur de peau ou de leur religion, suscitant l’ire de l’aile islamo-gauchiste.
Dès novembre 2023, la macroniste avait estimé que la mort du jeune rugbyman était « une forme de barbarie ». Et tout récemment encore, en août 2026, elle a souligné que, comme certains juges venaient manifestement eux aussi de s’en apercevoir, « le racisme anti-Blanc existe »…
Si leurs prises de position peuvent être discutables sur certains sujets, reconnaissons qu’Aurore Bergé et Maud Bregeon font preuve d’un certain courage sur d’autres. Ces deux femmes ont en commun de ne pas trahir leurs convictions, même quand la pression monte. Dans une classe politique où tant d’élus préfèrent esquiver les controverses ou ânonner les mots d’ordre dominants, cette fermeté mérite d’être relevée.
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