
Le droit de savoir qui va payer. Le couple Macron, un généreux et mystérieux donateur ? Candace Owens si elle perd le procès ? Le contribuable ?
Chacun sait que depuis l’affaire Benalla et les soupçons de cabinet noir élyséen qu’elle véhicule, Macron est un virtuose de la nage en eau trouble, un expert en opacité et dissimulation. La France depuis 1958 n’a jamais connu un pouvoir aussi vertical où rien ne transpire.
Par conséquent, la décision du couple présidentiel de porter plainte contre l’influenceuse américaine Candace Owens en faisant appel à un cabinet d’avocats parmi les plus influents des États-Unis a de quoi interroger le citoyen lambda. Pas sur le fond du dossier mais sur le financement hors du commun de la procédure. Nous sommes en Amérique…
Ou bien cette affaire est strictement privée car elle vise Brigitte Macron et dans ce cas le financement doit l’être aussi. Ou bien c’est la fonction présidentielle qui est salie et diffamée, c’est alors à l’État d’assumer le coût de la procédure. Il suffit de le dire clairement.
Néanmoins, dans le premier cas on peut s’interroger sur l’origine des fonds, quand on se souvient du modeste patrimoine de Macron, déclaré en 2017. Un Président presque nécessiteux quand on le compare à Trump qui s’est entouré d’une dizaine de milliardaires pour gouverner. Les électeurs gaulois aiment les pauvres.
Tout cela prend une dimension financière vertigineuse, puisque selon la presse américaine, l’ardoise peut monter à 5 ou 10 millions de dollars selon la durée du procès, qui va se dérouler dans l’État du Delaware.
En 2017, Macron déclarait un patrimoine des plus modestes pour un banquier
Aucun bien immobilier. Des actifs financiers s’élevant à 600 000 euros et un passif de 300 000 euros environ. Bilan : un patrimoine de 300 000 euros nets en arrivant à l’Élysée. Et ce ne sont pas les revenus générés par dix années de présidence qui permettent d’assumer les dépenses d’un tel procès. À moins que Brigitte Macron nous annonce l’existence d’une fortune personnelle, jetée dans la bataille judiciaire qui s’annonce.
L’étrange silence de l’Élysée : privé ou public ?
Le mutisme est total, alimentant toutes les spéculations. Le Code de la fonction publique prévoit bien que l’État assure la « protection fonctionnelle » de ses agents, y compris en assumant les frais de procédure judiciaire, mais l’Élysée joue l’opacité. Notons que la plainte américaine affirme que les rumeurs propagées par Candace Owens visent à déstabiliser l’institution et à nuire à la carrière du Président, ce qui laisse supposer que le dossier a bien pris une dimension publique. Mais dans ce cas, pourquoi le taire ? Tout cela n’est pas clair et laisse entendre que la qualification de ce dossier, domaine privé ou public, est douteuse. Cela dit, à mon humble avis, ce flou savamment entretenu cache une évidence : c’est bien le contribuable qui devrait finir par payer l’addition.
La facture va dépendre de l’ampleur de la procédure
Tout d’abord, Candace Owens a été déclarée personnellement protégée pour des raisons de compétence géographique, ne laissant que ses sociétés commerciales dans le viseur. Elle ne réside pas dans l’État du Delaware.
Ensuite, on attend la décision du tribunal qui examine si le droit français doit s’appliquer en ce qui concerne le délai de prescription, qui est de 3 mois pour diffamation en France. Auquel cas il n’y aurait plus de procès.
Une autre option de financement existe
Aux États-Unis, il est fréquent qu’un avocat se rémunère uniquement sur les dommages et intérêts potentiellement gagnables en cas de succès. Réclamer des millions de dollars de dommages et intérêts à l’adversaire élimine tout risque financier. Pile, le plaignant gagne, face, il ne perd rien. Reste à savoir si les grands cabinets d’avocats s’adonnent à cette pratique.
Pourquoi ce manque de transparence et cette résignation de l’opposition ?
Le mystère est total. Si le couple présidentiel a les moyens de financer ce procès à titre privé, il devra dire d’où vient l’argent. S’il joue l’opacité sur un financement public pour ne pas déclencher un scandale d’État en pleine crise financière et sociale, il ne fait que reculer pour mieux sauter. Mais dans les deux cas, on se demande pourquoi l’opposition se résigne à ce mutisme élyséen alors que les moyens légaux existent pour obtenir la vérité. Parlement et Cour des comptes sont en droit de savoir où passe l’argent public, y compris et surtout s’il sert à protéger la fonction présidentielle. Mais reconnaissons que depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir, l’opposition est constitutionnellement ligotée, laissant le contribuable dans l’ignorance la plus complète. À suivre…
Jacques Guillemain
https://ripostelaique.com/affaire-macron-owens-qui-va-payer-ce-proces-a-5-ou-10-millions-de-dollars/
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