
Le socle électoral d’Emmanuel Macron apparaît sérieusement fragilisé à l’approche de la présidentielle de 2027. Selon un sondage Ipsos-BVA-CESI pour Le Parisien, publié le 24 octobre, seuls 55 % de ses électeurs du premier tour de 2022 choisiraient Édouard Philippe ou Gabriel Attal si les deux hommes étaient candidats. Un résultat révélateur de la dispersion de l’électorat macroniste, sur fond d’impopularité record du chef de l’État.
L’électorat macroniste se disperse
Dans cette hypothèse, 42 % des anciens électeurs d’Emmanuel Macron voteraient pour Édouard Philippe, contre seulement 13 % pour Gabriel Attal. Dans le même scénario, 18 % se tourneraient vers Raphaël Glucksmann et 13 % vers Marine Le Pen.
Une candidature unique ne suffirait pas nécessairement à reconstituer ce socle. Si Édouard Philippe représentait seul le bloc central, il recueillerait 49 % des intentions de vote des anciens électeurs macronistes. Gabriel Attal ferait encore moins bien : seuls 31 % le choisiraient, contre 29 % pour Raphaël Glucksmann et 18 % pour Bruno Retailleau.
Cette fragmentation contraste avec la fidélité électorale dont bénéficierait Marine Le Pen. Selon les scénarios, entre 92 et 94 % des personnes ayant voté pour elle au premier tour en 2022 envisageraient de renouveler leur choix. Cette proportion atteindrait environ 60 % chez les anciens électeurs de Jean-Luc Mélenchon.
Impopularité record pour Emmanuel Macron
Ces résultats interviennent alors que les enquêtes d’opinion témoignent d’un rejet croissant du chef de l’État. Selon le baromètre Odoxa publié mardi 27 octobre par Public Sénat, 83 % des Français interrogés ne considèrent pas Emmanuel Macron comme un bon président, contre seulement 16 % qui portent un jugement positif sur son action.
Ce niveau d’impopularité, inédit dans ce baromètre, intervient dans un climat de tensions sociales et politiques, notamment après les violences du 17 octobre. Il souligne les difficultés auxquelles se trouve confrontée la majorité présidentielle à quelques mois de la fin du quinquennat.
Réalisée les 21 et 22 octobre auprès de 1 500 électeurs inscrits sur les listes électorales, l’enquête Ipsos mesure des intentions de vote dans plusieurs configurations hypothétiques, et non des choix définitifs.
Reste un constat : dans les scénarios testés, aucun prétendant du bloc central ne parvient, à lui seul, à rassembler la moitié des électeurs qui avaient choisi Emmanuel Macron au premier tour en 2022.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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