L’enseignement public n’a pas besoin de davantage de moyens

Les manifestants de ce mois d’octobre 2026 réclament, soutenus par différents syndicats de gauche, plus de moyens pour l’Éducation nationale. Or une étude de la Fondation IFRAP (septembre 2026) montre que les faibles performances du secteur public ne viennent pas d’un manque de moyens. La part des dépenses d’éducation dans le PIB se situe au-dessus la moyenne des pays européens (autour de 6,7 % en 2025 pour la dépense d’éducation).

Le constat : une désaffection massive des familles vis-à-vis de l’enseignement public, quel que soit le milieu social.Les chiffres du sondage Odoxa réalisé pour la Fondation IFRAP (juin 2026) sont sans ambiguïté :

  • 65 % des parents jugent le privé meilleur que le public ; seuls 5 % ont l’opinion contraire ;
  • Même parmi les parents dont tous les enfants sont scolarisés dans le public, 58 % estiment le privé supérieur ;
  • 56 % des parents dont les parents sont dans le public déclarent qu’ils inscriraient au moins un de leurs enfants dans le privé s’ils en avaient les moyens financiers et une place disponible. Ils y renoncent principalement par manque de places ou de moyens.

Cette appréciation repose sur plusieurs critères clairement favorables au privé :

  • discipline (80 % vs 18 %) ;
  • sécurité des élèves (73 % vs 25 %) ;
  • niveau scolaire (71 % vs 27 %) ;
  • implication des enseignants (68 % vs 29 %).

En moyenne, 73 % des parents jugent le privé supérieur sur l’ensemble de ces critères qui concernent l’ensemble de la vie éducative.

Les causes de cette mauvaise gestion du public et du niveau insatisfaisant de ses résultats

La dépense publique par élève est nettement supérieure dans le public (écart de l’ordre de 45 à 55 % selon les degrés d’après le rapport parlementaire Vannier-Weissberg, et encore d’environ 30 % une fois intégrées les contributions des familles dans le privé). Dans le privé sous contrat, les parents prennent en charge une partie des frais de scolarité.

Explications de cet écart de coût :

  • Les enseignants du public sont fonctionnaires, mieux rémunérés et bénéficiant d’un statut plus rigide. Dans le privé, ils sont le plus souvent contractuels, ce qui permet une gestion plus dynamique (remplacements, absences, grèves) ;
  • L’encadrement non enseignant est supérieur d’environ 40 % dans le public ;
  • Dans le public, une part significative du coût de la restauration et des frais de fonctionnement est supportée par les financeurs publics.

Malgré ce surcoût, les résultats scolaires restent inférieurs dans le public. Les évaluations nationales (français en 6e, brevet, etc.) et les observations PISA montrent un écart net en faveur du privé de 30 points1. Si les performances du privé étaient généralisées, le rang de la France dans les classements internationaux progresserait sensiblement (de l’ordre d’une quinzaine de places selon les simulations IFRAP).

Deux types de solutions

Sous la pression des partis et des syndicats de gauche, le financement public de l’enseignement privé sous contrat est de fait plafonné à environ 20 % des moyens (accords Lang-Cloupet), 80 % revenant au secteur public. La première solution serait d’accroître la part du privé. Faire passer la proportion d’élèves scolarisés dans le privé de 17 % à 25 % générerait déjà près de 3,8 milliards d’euros d’économies de fonctionnement ; à 30 %, l’économie atteindrait 6,4 milliards d’euros. Cela permettrait d’améliorer l’efficacité globale du système, de répondre aux souhaits des familles et d’introduire une concurrence saine qui obligerait le public à progresser.

La seconde solution, plus radicale et plus démocratique, consisterait à instituer un chèque éducatif (ou « voucher »). Ce dispositif consiste à attribuer à chaque famille, pour chaque enfant, une somme d’argent public équivalente au coût moyen d’un élève dans le secteur public. Les parents utilisent librement ce chèque pour scolariser leur enfant dans l’établissement de leur choix – public ou privé – sans sélection sociale ni discrimination. L’argent suit l’élève et non plus l’établissement.

En Suède, ce système fonctionne depuis 1992. Chaque commune verse aux écoles indépendantes (friskolor) exactement le même montant que celui dépensé pour un élève du public local. Les établissements privés sont gratuits pour les familles, ouverts à tous, et recrutent librement leurs enseignants. Le résultat a été une forte diversification de l’offre éducative et une pression concurrentielle bénéfique sur le secteur public.

Aux Pays-Bas, le principe d’égalité de financement entre écoles publiques et privées (confessionnelles ou non) est inscrit dans la Constitution depuis 1917. Les établissements reçoivent une dotation forfaitaire par élève et disposent d’une large autonomie de gestion. L’enseignement reste gratuit ; les contributions parentales éventuelles sont strictement volontaires et ne peuvent en aucun cas exclure un élève.

Ce modèle place réellement le financement au service de l’élève et non de l’institution. Il respecte le droit des parents de choisir l’éducation de leurs enfants tout en préservant le caractère public des ressources. Il constituerait la réponse la plus cohérente à la demande massive des familles françaises et au constat d’inefficacité relative du monopole public actuel.

Jean Lamolie

1Il faut cependant souligner que le public rassemble la plus grande partie des parents et élèves à problèmes

https://ripostelaique.com/lenseignement-public-na-pas-besoin-de-davantage-de-moyens/

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