La climatologie peine à atteindre l’âge adulte

2500 ans d’errances climatologiques ont précédé les délires du GIEC. Pour les Aborigènes australiens et les Papous de Nouvelle-Guinée, la cause est entendue. Les Esprits sont responsables du mauvais temps, des inondations et de toutes les catastrophes naturelles. On peut supposer que cette croyance fut universelle jusqu’à ce que la civilisation introduise un brin de rationalité dans l’animisme de nos ancêtres.

Les Grecs et les Chinois ont été les premiers, il y a environ 25 siècles, à tenter d’expliquer les variations climatiques à partir des faits observés, répertoriés et extrapolés. Ils développèrent une culture empirique de la prédiction utilisant des itérations statistiques pour finir par se perdre dans les brumes des superstitions et de l’astrologie.

Au XVIIe siècle, on adopte enfin une approche scientifique

On considère que la météorologie a commencé en 1648 lorsque Blaise Pascal a fait constater que la hauteur atteinte par une colonne de mercure dans un tube de Torricelli était notablement inférieure au sommet du Puy-de-Dôme qu’à son pied. Il faudra attendre encore 130 ans pour que l’Académie royale des sciences lance en 1778 une étude systématique sur les corrélations entre la pression atmosphérique, la température, l’état du ciel, les précipitations, le vent et l’humidité.

On comprend alors qu’on peut essayer d’expliquer le présent et deviner le futur en connaissant le passé. Dès lors des savants exhument des bibliothèques et des archives les parchemins, manuscrits et grimoires décrivant l’optimum médiéval. Pour voir comment ça se passait avant. Et en déduire ce qui pourrait advenir après. Une approche logique mais erronée parce que les phénomènes atmosphériques échappent souvent à ce déterminisme simpliste.

Néanmoins on a continué à procéder de la sorte jusque dans les années 1960-1970. J’ai souvenir d’un ingénieur météo sur un aérodrome qui reconnaissait chercher des analogies dans les relevés des années précédentes pour prédire le temps qu’il allait faire. Mais ces données étaient fragiles. La France était parsemée de mini-stations météo avec un thermomètre, un barographe, un anémomètre, un pluviomètre et un hygromètre. Les relevés biquotidiens étaient effectués par le curé, le gendarme ou l’instituteur du village présumés avoir un niveau d’éducation suffisant.

Depuis le XVIIIe siècle, le climat est classé parmi les phénomènes naturels qu’on observe et essaie de comprendre

Parce que cela peut avoir une incidence sur l’agriculture et la pêche en anticipant les tornades, les tempêtes et les sécheresses. De même que sur les mouvements des troupes. Des canons embourbés ou de la poudre mouillée ne servent plus à rien… Au début du XXe l’aviation va devenir à son tour un grand consommateur de prévisions météo. Sans pour autant anticiper les cisaillements de vent, les turbulences et les micro-dépressions se creusant sur place, causant de nombreux crashs aériens.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, on commence à analyser avec plus d’acuité les conséquences des changements climatiques sur l’histoire des sociétés humaines. On s’en doutait depuis les Grecs et les Romains, mais leurs intuitions deviennent une ébauche de science cherchant des relations causales.

Une paléoclimatologie se développe en parallèle de la paléoanthropologie afin d’essayer de mieux comprendre l’interaction des sociétés humaines passées avec les climats. Ce que les esprits éclairés pressentaient depuis le XVIIIe siècle est confirmé par une nouvelle discipline, l’étude des paléoenvironnements. De l’optimum climatique médiéval au léger réchauffement du XXe siècle, plusieurs phases sont analysées dans l’histoire climatique de l’Europe.

Les effets concrets sur l’économie et l’histoire événementielle

L’optimum médiéval (Xe – XIVe siècle) est associé à des défrichements. On brûle du bois dont on ne manque pas. Des cultures et des troupeaux remplacent des forêts. Des monastères qui ont des terres en concèdent le métayage aux « vilains ». Des nobles avisés remplacent le servage par une forme de fermage moins injuste. Mine de rien, c’est une révolution sociale silencieuse qui se met en marche. Le niveau et la durée de vie des gueux s’améliore. Des communautés villageoises se développent et commercent entre elles. Pour les défendre contre les bandits de grands chemins et les razzias des Sarrasins, des bourgades embauchent des mercenaires, les gens d’armes. Si le seigneur local peut faire face, il réinvente le service militaire des Romains.

Au petit Âge Glaciaire (XIVe – XIXe siècle) le refroidissement contribue aux mauvaises récoltes et à la perte du bétail. Les « jacqueries » sont des émeutes de la faim contre lesquelles les dragonnades ne changent rien. La pire répression est inefficace contre la famine et le désespoir. Quand on n’a plus rien à perdre, on risque tout. À méditer par ceux qui nous écrasent aujourd’hui… Le résultat de multiples révoltes inabouties sera la Révolution de 1789, avec quelques désagréments pour les profiteurs d’alors. Ceux dont la caboche atterrissait dans le panier de « la Veuve » n’imaginaient pas qu’ils étaient victimes par ricochet d’un sévère refroidissement climatique.

Le mini-réchauffement de 1860 à 2005, si on inclut la stase à la charnière des millénaires, part de constatations réelles mais exagérées pour aboutir à un paradigme délirant.

En 1995, l’universitaire hollandais Paul Crutzen (1933 – 2021), prix Nobel de chimie 1995, a brusquement le ciboulot tourneboulé par sa nouvelle célébrité. Une dérive mentale classique chez des esprits brillants dans les sciences exactes qui perdent les pédales lorsqu’ils passent trop souvent à la télé et que des journaleux ignares sollicitent leurs avis sur la culture des pois sauteurs ou l’élevage des vers à soie.

En 1995, il invente ex nihilo une nouvelle ère géologique durant laquelle les activités humaines constitueraient le principal facteur de changement de la vie sur Terre et notamment du changement climatique. Il l’appelle Anthropocène. Cette théorie valorisée par les médias et la clique mondialo-gauchiste est loin de faire l’unanimité parmi les scientifiques.

Pour Crutzen, chimiste émérite mais ni préhistorien, ni paléontologue, ni paléoclimatologue, ni anthropologue, l’Anthropocène succéderait à l’Holocène dans lequel nous vivons depuis la fin de la dernière glaciation, vers 14 000 B.P. (NDLR : Before Present / Avant le présent). Sa nouvelle ère aurait débuté au XIXe siècle avec l’industrialisation et le recours aux énergies fossiles. Mais si on suit sa logique, on peut faire débuter l’Anthropocène avec l’usage de la tourbe et du charbon de bois lors de la transition néolithique, et les défrichements massifs initiés par des humains sédentarisés devenus agriculteurs et éleveurs. La suffisance alimentaire leur donnant le temps d’inventer l’écriture et la civilisation.

Bien entendu, ce phénomène ne s’est pas produit partout en même temps ni aux mêmes époques. Des milliers d’années et de kilomètres peuvent séparer des aires d’évolution, souvent hybrides. Cueilleurs, chasseurs et pêcheurs pratiquant aussi l’agriculture et l’élevage selon des proportions variables.

Les premiers climatologues avaient l’esprit plus ouvert que les apôtres du GIEC et leurs perroquets verts et rouges

En 1840, Louis Agassiz (1807 – 1873) découvre le phénomène des glaciations cycliques qu’il déduit de l’étude d’anciennes étendues gelées semblables à celles du Groenland, en Suisse et aux États-Unis. En 1895, Svante Arrhenius (1859 – 1927) met en relation l’évolution de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère avec la succession des phases de réchauffement et de refroidissement climatique. Mais il ne confond pas les causes et les effets comme nos professeurs Philippulus actuels.

En France, l’acte de naissance de la climatologie historique se confond avec la publication, en 1967, de L’Histoire du climat depuis l’an mil, d’Emmanuel Le Roy Ladurie (1929 – 2023). À l’époque, les critiques ne l’épargnent pas, considérant comme une fausse science ses synthèses documentées mêlant sources textuelles et données empruntées aux sciences dures dans une combinaison inhabituelle. Même si Fernand Braudel avait déjà posé les bases de l’histoire globale. Vingt ans plus tard, l’ouvrage de Pierre Alexandre « Le climat en Europe au Moyen Âge » sera boycotté.

À partir des années 1990, sous l’impulsion du GIEC financé par l’ONU, l’UE et leurs États vassaux, la réponse des sociétés aux aléas climatiques doit s’aligner sur le déterminisme du réchauffement anthropique. On décide à l’avance du résultat avant d’avoir examiné les données. Et si leur analyse infirme les conclusions annoncées, on l’écarte, on la modifie ou on l’oublie. Aucune critique n’est admise. Quiconque discute le paradigme sacré est un ignare, ou un fasciste, ou les deux. L’imposture est d’autant mieux bétonnée dans des démocratures comme la France que le pouvoir politique, des profs, des juges et la pression médiatique imposent leur vérité officielle à des masses acculturées.

Christian Navis

Un nouvel article destiné à refroidir les réchauffistes

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