
Après une longue attente, engourdis par la fraîcheur automnale, ils s’engouffrent, trépignants. Certains se précipitent pour rapporter un souvenir, qui un tee-shirt, qui une écharpe floquée « Marine Le Pen présidente ». Tout sourire, Frédéric brandit la sienne, tel un trophée. « C’est ma maman », confie le septuagénaire qui est venu écouter sa championne et qui milite au parti depuis 36 ans. À Orléans, ils sont 8.500, ce dimanche 25 octobre, à avoir bravé l’intimidation de l’ultra-gauche. 3.000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés et quadrillent la ville.
« La France a beaucoup changé », se désole Patrick, qui vient de Seine-Saint-Denis. Lui qui « écoute tout le monde à droite » a jeté son dévolu sur la quadruple candidate qui incarne le mieux « le patriotisme ». Laurent et Jean-François sont venus car « la gauche et l’immigration » menacent le pays. « Ceux qui veulent des étrangers, qu’ils les prennent à leur charge, abondent-ils, on a nos gosses avant, nos gamins, c’est l’avenir. » De l’avenir il sera justement question, ce jour-là. Marine Le Pen est venue parler du « redressement » de la France à ceux qui seraient tentés par « la résignation». « Il s’est toujours trouvé des Français pour récupérer le drapeau lorsqu’il était à terre », lance la députée du Pas-de-Calais, dans la ville délivrée autrefois par Jeanne d’Arc.
L’âme française
Dans un discours d’une heure, d’une profondeur certaine, la candidate à l’Élysée dresse le portrait d’une France de l’espérance. « C’était bien avant, ce sera mieux demain », assène celle qui se déclare, en privé, « optimiste », à six mois de l’échéance présidentielle. « Elle est dans une forme olympique », nous confiait, en début du meeting, le député Laurent Jacobelli. Les difficultés pour trouver une banque afin de financer sa campagne n’entament pas son moral. Devant une foule qui ne cesse de clamer « On va gagner », Marine Le Pen dresse des perspectives résolument positives et présente « la voie de la Renaissance », la méthode qu’elle entend appliquer pour ramener « tout un pays vers le beau, la prospérité ». Du « beau » il est longuement question, dans un discours novateur où la lumière veut l’emporter sur les ténèbres. Le beau, c’est « la satisfaction du travail bien fait », se faire une « haute idée de l’homme ». « Donner le goût du beau, c’est inspirer les âmes et chercher l’harmonie sociale », explique Marine Le Pen. « Je dois vous l’avouer, je nourris un rêve secret que je suis sûre vous partagerez. Je veux que demain, que dans le monde, on puisse dire comme ce fut le cas : « C’est beau, c’est français ! » » Plusieurs notions propres à la civilisation française comme « l’élégance » ou « la civilité » sont développées avec intensité par celle qui veut « redonner à la France sa puissance, sa grandeur, son rayonnement ».
Le binôme réaffirmé
Une heure auparavant, Marine Le Pen était introduite par son allié Éric Ciotti qui, dans une tonique allocution d’une quinzaine de minutes, est revenu sur son objectif : l’union des droites et « le rassemblement ». « Nous avons su mettre nos petites différences sur le bord du chemin pour embrasser nos grandes convergences », a souligné le maire de Nice.
Jordan Bardella a esquissé, quant à lui, les mesures que son gouvernement prendra pour ramener « l’ordre républicain » face à « une alliance des pilleurs d’ultra-gauche qui détestent l’État et des pilleurs de banlieues qui détestent la France ». À Orléans, Marine Le Pen renouvelle catégoriquement sa confiance envers celui qui entame, depuis samedi, son second mandat à la tête du RN et qu’elle adoube comme son « Premier ministre ». Dans le Loiret, la candidate de 58 ans s’est adressée à tous les Français en endossant une stature présidentielle. « L’État que nous voulons ne sera pas RN mais ce sera une œuvre collective, une œuvre certes patriote mais pas partisane. » Confortée par les sondages, et puisque, selon elle, « la bataille du constat est gagnée », Marine Le Pen en est certaine : « L’avenir nous appartient. »
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