Le crépuscule des veaux : Chronique du Zombistan français

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 Ah, la France ! Ce laboratoire à ciel ouvert du suicide collectif, où la racaille et le bourgeois s’enlacent dans un dernier tango macabre…

Jamais le pacte faustien entre la fange des banlieues et les salons feutrés de la bourgeoisie n’a été aussi fusionnel. Et jamais, par un retour de bâton d’une ironie divine, il n’a été aussi près de se fracasser. Les bourgeois – qu’ils soient petits, grands, fonctionnarisés, boboïsés ou ruinés – continuent de financer, d’excuser et de chérir leurs propres bourreaux. Ils applaudissent les pillards, encensent les émeutiers et sanctifient l’abjection. On l’a vu pas plus tard que ce funeste 17 octobre 2026 : une sociologue gauchiste en transe, écume aux lèvres, hurlant son catéchisme sur une mère de famille hagarde, tétanisée au milieu des décombres encore fumants de sa propre vie.

Jacques Brel était encore trop tendre : les bourgeois ne sont pas seulement devenus bêtes et vieux. Ils sont devenus cliniquement fous. Mais aujourd’hui, dans le grand théâtre de leur aveuglement, une première fissure lézarde le décor. Une panique millénariste commence à poindre sous le vernis des certitudes.

Bien sûr, la meute professorale – et je sais de quoi je parle, je subis ce naufrage de l’intérieur – continuera de trahir la mémoire de Samuel Paty et de Dominique Bernard. Ils baiseront les pieds des obscurantistes, administreront avec zèle l’illettrisme d’État et capituleront devant la moindre sauvagerie, trop occupés à déconstruire les derniers vestiges du savoir.

Bien sûr, la magistrature rouge continuera sa traque obsessionnelle des derniers patriotes et des esprits lucides qui osent nommer le chaos. Pour le juge moderne, le criminel est une œuvre d’art, le voyou un opprimé à cajoler, surtout s’il vient d’ailleurs. C’est l’extase humanitaire du bourreau converti en assistante sociale.

Toute cette clique culturo-mondaine, ces patrons hors-sol et ces financiers d’ultragauche adorent le cirque. Ils se repaissent de la fausse alternance Macron-Mélenchon, cette chimère d’extrême-centre-gauche systémique dont Raphaël Glucksmann est le nouveau messie en plastique. Un cocktail parfait de morgue bobocratique et de complaisance voyoucratique. Glucksmann : voilà notre futur tyran de salon, le manager en chef de notre décomposition.

Mais le vent tourne, et il sent le roussi. Car les hordes de zombies que cette élite a nourries et engendrées ne se contentent plus de brûler des abribus en périphérie. Elles ont faim de luxe. Elles déferlent désormais sur les beaux quartiers, forcent les portes de chêne massives, font exploser les vitrages triplement feuilletés et violent l’intimité des duplex cossus. La bourgeoisie commence enfin à entrevoir – à travers le trou de serrure de sa lâcheté – le monstre Frankenstein qu’elle a patiemment programmé par son laxisme judiciaire, son sabotage scolaire et sa haine viscérale du peuple qui travaille. Et ce ne sont pas leurs portraits de « Méluche », leurs drapeaux palestiniens brandis comme des amulettes ou leurs bulletins Glucksmann qui arrêteront les surineurs. Souvenez-vous du home-jacking des Tapie : le summum du ridicule tragique. Rouler des galoches idéologiques à ses propres agresseurs dans l’espoir d’être épargné ne suscite que le mépris. Hier, on disait : « Heureux comme Dieu en France ». Aujourd’hui, face à cette élite qui appelle la police après avoir hurlé qu’elle tue, on doit acter une vérité historique : il n’y a pas plus con, il n’y aura jamais plus con qu’un bourgeois français.

Karl Marx avait tout compris. Il savait que la bourgeoisie du XIXe siècle utilisait le lumpenprolétariat – la racaille de l’époque – comme une arme de poing pour briser l’ouvrier, lui pourrir l’existence et le forcer à trimer en silence. Mais les capitalistes d’antan étaient des cyniques intelligents : ils tenaient la laisse d’une main de fer.

Les bourgeois d’aujourd’hui ne sont que des ectoplasmes gérant un État-fantôme. Au sommet du Zombistan (ou du Frankistan), Sa Sublime Impuissance Emmanuel Macron trône sur un champ de ruines, gouvernant le vide.

Quand le pillage généralisé passera des boutiques de luxe aux personnes physiques des bourgeois de petits et de grands chemins, quand la terreur ne sera plus un fait divers pour banlieusards, mais une réalité quotidienne même dans les cours intérieures du XVIe arrondissement, alors le grand réveil des lâches aura lieu. Peut-être.

Peut-être.
En attendant, le verdict est sans appel. Nous ne sommes pas le peuple le plus brillant de la Terre. Nous sommes la masse laborieuse opprimée par la bourgeoisie la plus stupide de l’histoire humaine : un agrégat de mollusques décérébrés, obsédés par leur propre décapitation, en pleine lune de miel avec la pulsion de mort.

Est-il trop tard pour inverser le courant ? Les rares esprits qui viennent de comprendre le piège suffiront-ils à réveiller le troupeau avant l’abattoir ? Je n’en sais rien, et pour tout vous dire, les cercueils sont déjà ouverts.

Florian Mazé

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-crepuscule-des-veaux-chronique-272990

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