
Les vacances de la Toussaint ont suspendu le mouvement de colère des lycées sans que l’on sache vraiment si cette suspension sera juste temporaire ou pérenne. Mais les problèmes subsistent et les racines de la crise des lycées sont profondes : les réponses ministérielles ne sont donc pas à la hauteur des enjeux, et les 3 000 professeurs remplaçants annoncés ne sont toujours pas totalement déployés deux semaines après l’annonce du ministre à ce sujet.
L’Action française dénonce l’incapacité et l’impuissance du gouvernement de la République devant les enjeux contemporains de l’instruction publique : à l’heure où nombre de jeunes s’inquiètent de l’absence de débouchés après les études secondaires et supérieures ; à l’heure où la transmission des connaissances et des méthodes de réflexion se fait de moins en moins à l’école ; à l’heure où l’intelligence artificielle réduit le champ d’exercice des établissements scolaires et de leurs enseignants en répondant « à leur place » ; à l’heure où la dette publique qui pèse sur la France empêche d’envisager et d’engager une politique d’investissements éducatifs sur le long terme… Il conviendrait de mener une politique audacieuse et ambitieuse de renforcement de l’instruction publique qui privilégie l’investissement réel dans l’avenir représenté par les nouvelles et jeunes générations ; une valorisation de l’intelligence humaine et de la matière grise, véritable trésor trop souvent mal exploité dans notre pays ; une véritable sélection-orientation des élèves qui ne se fasse pas sur de simples listes de noms et de notes, mais sur une prise en compte des capacités de chacun, des possibilités socio-professionnelles et économiques des lieux considérés, et des souhaits appropriés des élèves.
La République ne sait pas parler aux lycéens autrement que par des textes ministériels et des règles édictées par quelques technocrates éloignés des réalités : il est temps d’en finir avec ce mépris de la République centraliste pour les nouvelles générations et d’en appeler à de nouvelles formes politiques pour encadrer l’instruction publique et non pour formater les jeunes générations.
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