
À l’heure où la question de l’auto-défense se pose pour les citoyens français, la réponse est importante.
L’article 122-5 du Code pénal défini d’une manière parfaite la « légitime défense » :
– Pour repousser de nuit l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité.
– Pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.
– L’attaque doit être injustifiée, c’est-à-dire sans motif valable.
– La défense doit se faire pour soi ou pour une autre personne.
– La défense doit être immédiate.
– La défense doit être nécessaire à sa protection, c’est-à-dire que la seule solution est la riposte.
Tout citoyen a donc le droit, et le devoir, de défendre sa famille, ses biens. Est-ce le cas ?
Apparemment ce ne sont là que des phrases vides de sens. En réalité on peut se poser la question de savoir si réellement on a le droit de se défendre lorsqu’on est attaqué, agressé, menacé en espérant que la loi, les juges, ne nous condamnent pas.
Certaines décisions de justice, en France, nous révoltent et notre devoir n’est-il pas de critiquer certaines réquisitions et condamnations de quelques magistrats et procureurs ?
En tant que citoyens de la République Française, avons-nous un droit de regard sur la justice qui est rendue dans notre pays ?
Avons-nous le droit d’exiger que la balance soit égale pour tous et qu’elle ne penche pas trop souvent d’un certain côté ?
Que nos forces de l’ordre ne soient pas trop souvent sous la menaçante présence d’une épée de Damoclès, pour cause de médiatisations dirigées, mais que, en revanche, elles soient présentes en toutes circonstances pour faire respecter la loi, aussi bien contre les manifestations hors la loi politiques, écologiques ou communautaires, le vandalisme des casseurs, les violences de l’extrême gauche, etc.
Il m’est difficile de constater qu’un commissariat de police nationale puisse être attaqué et vandalisé par une bande d’émeutiers (cela vient d’être le cas à Marseille) sans que les policiers présents, et armés, utilisent leur arme de service.
Permettez-moi une anecdote vécue : c’était à Alger en 1958. Je me trouvais au commissariat de Bab-el-oued, interrogeant le commissaire Couderc, lorsqu’un taxi s’est arrêté à une dizaine de mètres : en sont descendus Ali la Pointe, le tueur de la Casbah, complice de Yacef Saadi, et deux autres individus, tous armés de pistolets mitrailleurs afin d’attaquer le commissariat. Ils furent abattus avant même de se trouver devant la porte.
Vous me direz : oui mais c’était la guerre d’Algérie. Permettez-moi de vous faire souvenir que la guerre d’Algérie a débuté également par des émeutes communautaires, encouragées par l’extrême gauche et les communistes. N’est-ce pas actuellement le cas en France ?
Souvenons-nous : le 3 mai 2014, Brahim A., un jeune militaire engagé dans la Légion étrangère, sort de la gare du Nord, à Paris, avec sa compagne.
Un individu les accoste pour leur vendre de la drogue. Brahim A. refuse et poursuit son chemin. Le dealer devient menaçant. Il sort un couteau, avec une lame de 9 cm, et se précipite sur le militaire, lui transperçant la main avec son couteau.
Brahim A. malgré sa blessure se défend et arrache le couteau de son agresseur.
Il doit protéger sa vie et celle de sa compagne.
Durant la lutte qui s’ensuit, le dealer a la cuisse transpercée. Il décédera quelques heures plus tard de cette blessure.
Cette racaille, qui aurait pu tuer le militaire ou sa compagne, avait déjà été condamné pour des infractions liées aux stupéfiants et pour violences volontaires.
Il était alcoolisé et drogué lors de sa violente agression.
Totalement en état de légitime défense et pour avoir défendu sa vie et celle de sa compagne, ce légionnaire, aux états de service impeccables, a été immédiatement placé en détention provisoire.
C’était lui la victime et il est devenu accusé !
Il a même été renvoyé devant une Cour d’assises pour « violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ».
Brahim A. risquait jusqu’à 20 ans de prison !
Plus de 5 années ont été nécessaires pour qu’enfin soit reconnue sa totale innocence, alors qu’il était en légitime défense incontestable !
Vendredi 21 juin 2019, après quatre jours de procès, un jury populaire l’a acquitté.
Brahim A. est ressorti libre du tribunal.
Vous n’allez pas le croire, mais lors du procès, l’avocat général avait réclamé, contre Brahim A., cinq ans de prison « pour s’être défendu contre un voyou armé d’un couteau qui menaçait sa vie ».
Vous avez bien lu ! Un juge voulait lui infliger 5 ans de prison pour avoir défendu sa vie, et celle de sa compagne !
Brahim A. n’aurait jamais dû être placé en détention provisoire alors qu’il était totalement inconnu des services de police, alors que tant de délinquants, de voyous, de racailles sont remis immédiatement en liberté, même s’ils sont de multirécidivistes !
À présent vous le savez : en France, dès lors que vous vous défendez contre une agression, que vous êtes en légitime défense, vous devenez suspect aux yeux de la justice.
Et il vous faut endurer un procès aux assises, comme Brahim A., parce que l’agresseur c’est vous !
En réalité, le mieux, ce serait de se laisser assassiner, sans se défendre !
Philippe Bilger, ancien magistrat, avait déclaré à l’issue de ce procès :
« J’ai l’impression que pour éviter, et à bon droit, les dérives d’une société qui livrée à elle-même ressemblerait au Far West, on tombe à rebours dans une sorte de juridisme qui ne tient absolument pas compte de la réalité, des menaces, des agressions, des armes, de l’angoisse et du caractère scandaleusement intrusif de la malfaisance dans des lieux dont la vocation est d’urbanité et de tranquillité. Quand on voit comment ce militaire agressé a été traité par la justice, on est convaincu qu’il y a une mentalité hostile aux victimes et favorable aux agresseurs qu’il faut absolument changer. »
Les forces de l’ordre, les policiers, les gendarmes, les citoyens, devraient avoir le droit de se défendre, de défendre leurs proches, leurs biens, quand ils sont menacés par la « racaille » sans avoir la « peur » de certains juges bien plus favorables aux « droits » des agresseurs qu’à ceux bien plus légitimes des victimes.
Les citoyens français, parait-il, se dirigent vers l’auto-défense contre des ennemis, de la racaille, bien mieux armés.
Auront-ils le droit et le devoir de se défendre, de défendre leur famille, leurs biens s’ils sont attaqués, menacés par un individu armé ou par une horde d’agresseurs ?
Manuel Gomez
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