Menace de l’extrême gauche : le grand meeting du RN à Orléans sous haute tension

 

[Mise à jour le 22/10/2026 à 9h50]

Comment va se dérouler le premier grand meeting de campagne de Marine Le Pen ? Prévu de longue date, ce rendez-vous du Rassemblement national doit lancer définitivement la campagne de sa candidate, ce dimanche 25 octobre à Orléans. Mais dans un contexte de mouvement social transformé en émeutes généralisées, et alors que la France se dirige vers une nouvelle journée de cauchemar le 24 octobre, les mouvances d’ultra-gauche multiplient les appels à manifester pour contester le meeting de la quadruple candidate. 10.000 manifestants pourraient se rassembler, soit autant que le nombre de militants attendus par le RN.

 « Je suis inquiet » : préoccupé, le maire divers droite d’Orléans craint que sa ville ne subisse, ce week-end, le même sort que « Paris, Lyon, Marseille ». « J’exige qu’enfin, l’État soit à la hauteur », insiste Serge Grouard, qui demande à ce dernier d’anticiper les risques à la lumière du traumatisme créé par les saccages du 17 octobre.

« Vous n’imaginez pas l’état de la menace »

Côté Rassemblement national, il y a une importance certaine à rassurer quant aux bonnes conditions dans lesquelles se déroulera son grand raout. En lien avec la préfecture et le ministère de l’Intérieur, la formation souverainiste assure avoir obtenu « l’ensemble des garanties en termes d’effectifs et d’organisation » pour que la sécurité soit assurée. « Que le premier parti de France, en capacité de remporter l’élection présidentielle, puisse se réunir, c’est un enjeu démocratique majeur », a indiqué, sur BFM, Thomas Ménagé, porte-parole du RN et député du Loiret, qui accueille le rassemblement mariniste sur ses terres. Invitée de la matinale sur France Info ce 21 octobre, Marine Le Pen a affiché optimisme et combativité. « Je n’ai pas d’inquiétude, ce congrès se déroulera dans de bonnes conditions. » Celle qui, depuis les émeutes du 17 octobre, est en hausse dans les sondages et caracole en tête jusqu’à 38 % des intentions de vote au premier tour (IFOP) affiche sa détermination face à des risques bien réels. Selon une information du JDD, publiée ce 21 octobre, les services de renseignement auraient conseillé à Marine Le Pen d’annuler son événement en ces termes : « Vous n’imaginez pas l’état de la menace. » Une information démentie ce 22 octobre par Marine Le Pen elle-même qui dénonce des « contrevérités ».

Orléans, mère des batailles

Quoiqu’il en soit, il en faut plus pour faire reculer la députée du Pas-de-Calais. « On va s’arrêter de respirer parce que des gauchistes ont décidé de foutre à terre notre démocratie ?, s’est-elle insurgée, sur le service public. Vous croyez que c’est comme ça qu’on va lutter contre le sentiment d’impunité qu’ont ces gens ? Donc, on ferme les médias parce qu’ils ont attaqué CNews, on ferme l’intégralité des mairies, puis on empêche les partis politique de se réunir. Eh bien, non, on n’arrêtera rien du tout, c’est eux qui vont s’arrêter. » Au-delà des abords du grand meeting, c’est tout Orléans qui sera sous haute tension. Militants et cadres ont pour consigne interne de séjourner à l’hôtel en dehors de la ville. Le risque d’une agression dans un café ou une ruelle n’est pas écarté.

Le RN mise beaucoup sur ce premier grand meeting de campagne pour marquer les esprits. Dimanche, à l’Aréna d’Orléans, l’allié UDR Éric Ciotti prendra la parole ainsi que Jordan Bardella, avant le grand discours de la candidate à l’Élysée. La veille se déroulera le congrès du RN où seront annoncés les résultats de l’élection du Conseil national (le « Parlement » du parti), tandis que Jordan Bardella brigue un nouveau mandat à la tête du mouvement.

Face à la mobilisation de l’extrême gauche, tous les regards seront tournés vers Orléans, ces 24 et 25 octobre. Une préfiguration des six mois de la campagne présidentielle se dessine.

Yves-Marie Sévillia

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