La fable des deux maires de Lyon et de Limoges et du président Macron absent pour cause de villégiature chez ses amis du Moyen-Orient.

Photo : Emmanuel Macron et son homologue émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyan au palais présidentiel d’Abu Dhabi, lundi 19 octobre. © REUTERS

Ce qui se déroule en ce moment à Lyon et à Limoges est à l’image de la stratégie de la tension qui se met en place dans le pays alors que s’ouvre une énième « saison électorale ».

Les deux villes ont subi samedi dernier une mise à sac comparable de leur centre-ville, dont le point culminant a été deux incendies : celui de la mairie à Limoges, celui de l’Office du tourisme à Lyon.

La réaction des deux maires est si diamétralement opposée qu’elle en est presque caricaturale.

Lyon d’abord.

Alors qu’un couvre-feu vespéral a été décrété dans la presqu’île centrale, quelque deux-cents patriotes anticasseurs l’ont traversée pacifiquement lundi soir en scandant « Europe, jeunesse, Révolution / Re, re, remigration », « Français réveille toi, tu es chez toi » et « La rue, la France nous appartiennent ».

Le groupe s’est ensuite dispersé calmement hors du périmètre du couvre-feu vers 21 heures.

Il paraitrait que cela a énervé le préfet Etienne Guyot qui s’est dit « furieux de cette volonté de récupération ».

Mais surtout, le maire Grégory Doucet a déclaré de son côté  que « les règles doivent être les mêmes pour tous » et sollicite Laurent Nuniez pour « qu’il garantisse l’ordre républicain face à l’ultradroite ».

Cela ne manque pas de sel, au lendemain de la mise à sac de la presqu’île par les bandes d’antifas, et quand on se souvient de sa fausse contrition, confronté à des commerçants en colère devant l’Office du Tourisme encore fumant, sur lequel on pouvait lire des slogans comme « Macron décapitation », « Free Palestine » « Antifas » et « LFI 2027 ».

Le journal Libération qui ne rate jamais une occasion de se ridiculiser relate ainsi l’événement :

« Une centaine de néonazis et de hooligans ont défilé le soir du lundi 19 octobre à Lyon en plein couvre-feu, bravant la ville aux cris de slogans racistes et néofascistes. Une démonstration de force de la mouvance sous l’œil passif des forces de l’ordre ».

A Limoges, pendant ce temps, le maire Guillaume Guérin se réjouissait de l’interpellation, par le Raid de Bordeaux d’un fiché S âgé, selon les sources, de 34 à 40.

Originaire de Paris, il serait le principal organisateur de l’incendie de la mairie de Limoges. Guillaume Guérin avait été l’un des premiers à dénoncer publiquement « une action ciblée et organisée de la part de l’ultragauche », en évoquant « la présence de repérages préalables dans les locaux ».

Il a également expliqué qu’à 15 h 30, les policiers nationaux, nombreux, « se sont retrouvés sur les boulevards à ne plus pouvoir lutter contre les violences de ces casseurs puisqu’ils n’avaient plus de munitions ». C’est alors que « la police nationale a commencé à reculer sur les boulevards », a-t-il ajouté.

Ce sont les mêmes antifas qui, à Lyon, ont assassiné Quentin Deranque, et à Limoges, probablement organisé l’incendie de la mairie.

D’un côté, cependant, un maire qui combat les antifas, de l’autre un maire qui travaille avec eux.

D’un côté, un maire qui dénonce l’ultragauche, de l’autre un maire qui charge l’ultra-droite.

L’un est acoquiné à Mélenchon, l’autre à Zemmour.

La symétrie est presque parfaite : pendant ce temps, Macron fait sa énième visite, aussi inutile qu’officielle, usant jusqu’à la corde son statut présidentiel.

Sans soutien populaire ni majorité à l’Assemblée Nationale, il travaille d’arrache-pied à sa future reconversion sur la scène européenne en se fichant pas mal du quotidien des Français.

La triste morale de cette fable nous enseigne une fois de plus tout ce que l’imposture républicaine est capable de faire de la France : un pays condamné par sa propre Constitution à un affrontement idéologique perpétuellement rejoué d’élections en élections, gouverné en profondeur par un état profond indéboulonnable,  et balloté au gré des utopies par l’impitoyable Loi du Spectacle, fût-il celui de sa propre disparition.

Le Petit Béraldien

https://www.medias-presse.info/la-fable-des-deux-maires-de-lyon-et-de-limoges-et-du-president-macron-absent-pour-cause-de-villegiature-chez-ses-amis-du-moyen-orient/252819/

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