
« Rien ». C’est le titre d’un sketch célèbre de Raymond Devos. Ce pourrait être aussi celui de l’allocution d’Emmanuel Macron. Sauf que contrairement à Raymond Devos, Emmanuel Macron ne fait pas rire. « Remboursez ! », a-t-on envie de crier. Le spectacle est très mauvais. Pourquoi convoquer solennellement, un dimanche soir, les Français, toutes les chaînes de télé, faire donner en grande pompe La Marseillaise, poser, hiératique, devant le drapeau français pour tant de vacuité ?
Un couvre-feu ?
Toute la journée, les spéculations sont allées bon train : va-t-il instaurer l’état d’urgence ? Un couvre-feu ?
Penses-tu ! Il se contente d’annoncer qu’il sera « intraitable ». Comme toujours. Combien de fois a-t-il prononcé ce mot ? Qui y croit encore ? Et d’ailleurs, la Justice ne dépend pas de lui. On parle beaucoup du comique de répétition, mais avec Emmanuel Macron, la France a découvert le tragique de répétition.
Il répète par deux fois qu’il ne faut pas confondre les méchants émeutiers avec les gentils manifestants, comme s’il voulait sauver la peau de Jean-Luc Mélenchon. Gageons que si Marine Le Pen ou Éric Zemmour avait soutenu une manifestation avec des débordements – même infinitésimaux par rapport à ceux-là -, Emmanuel Macron n’aurait pas fait autant de simagrées pour distinguer le bon grain de l’ivraie. Allez, ouste ! tout le monde dans le même panier.
Il concède que les « violences » ont été « inouïes ». Devant tant d’impréparation et de sous-estimation, face au fiasco général, Laurent Nuñez va-t-il sauter ? Pas du tout. Le sujet n’est même pas évoqué.
Le ministre de l’Intérieur s’accroche
Samedi soir, vers 20 heures, alors que la France des métropoles a été saccagée, incendiée, pillée, ravagée… Laurent Nuñez, dressé sur ses ergots, avait écarté la solution forte : « Nous ne déclencherons pas l’état d’urgence »…
À quoi correspondait, d’ailleurs, ce pronom personnel pluriel, à un « nous » de majesté ? Ou incluait-il le plus haut sommet de l’État qui, la veille de la bataille, s’affichait avec Madame au concert de Céline Dion ? « On ne change pas », a sans doute chanté, devant lui, la plus célèbre des Québécoises. De fait, Emmanuel Macron est resté le même. Il n’a rien perdu de sa légèreté provocatrice à l’endroit des Français.
Quel que soit ce « nous », « nous » devrions surtout démissionner.
Gouverner, c’est prévoir ; Laurent Nuñez n’a rien anticipé. Et pourtant, il ne tire pas sa révérence. Emmanuel Macron n’a même pas esquissé la valse à deux temps habituelle : « Il m’a présenté sa démission et je l’ai refusée. » Le ministre de l’Intérieur a si peu envie de partir que même faire seulement semblant lui répugne.
Du pipi de chat
Emmanuel Macron glisse une pensée aux forces de l’ordre – auxquelles il reprochait, il y a quelques jours, de manquer d’« empathie »… Samedi, l’heure n’était plus, semble-t-il, face aux émeutiers et aux barbares, à l’éducation bienveillante et à la communication positive – puis rassure les commerçants : le gouvernement (entendez : le contribuable) sera au rendez-vous pour les épauler.
Demain, le Président s’envole pour le Moyen-Orient. Que les gueux se débrouillent donc avec les pillards.
On attendait que le Président passe le Kärcher™, ce fut du pipi de chat, de la roupie de sansonnet, un petit filet d’eau tiède. Emmanuel Macron n’est pas seulement un mauvais Président, il est aussi un gougnafier : on ne gâche pas ainsi la soirée dominicale des gens pour un tel non-événement.
Mise à jour le 19/10/2026 à 7h31 :
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée…
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