
Il va falloir qu’on nous explique en quoi ce qui s’est passé (ce qui est encore en train de se passer, à l’heure où ces lignes sont écrites) a le moindre rapport avec la vie chère, le prix des carburants et les lycéens. Les blocus de lycée des semaines passées, devenus des prétextes à la sauvagerie, prennent rétrospectivement un air de parc d’attraction.
À Paris, les manifestants jettent des pierres et des vélos sur des CRS et gendarmes qui doivent rester l’arme au pied, pour « éviter les débordements » sans doute. À Lyon, l’office de tourisme a été vandalisé. À Marseille, c’est l’Hôtel de Ville, sur le Vieux Port, qui a été envahi et dégradé. À Limoges, la mairie a été incendiée. À Bordeaux, on apprenait en fin de journée que le RAID avait été déclenché pour rétablir l’ordre. On rappelle tout de même que le RAID est une unité d’élite dont la mission principale est l’antiterrorisme. On en est là.
Écartons d’emblée l’idée de convergence des luttes. Il ne s’agit pas d’une réédition des gilets jaunes : pas de braves gens, pas de commerçants ou d’artisans, pas d’agriculteurs, pas de Français moyens excédés par le prix du carburant. Il n’y a, dans ces villes à feu et à sang, livrées à la soif de mort, de destruction et de salissure, que des antifas et des racailles. C’est la seule convergence dont la gauche soit capable. Sous l’œil des caméras des chaînes d’actualité, la France s’enfonce dans le chaos. Le monde entier, à notre grande honte, est spectateur de cette ultraviolence, ainsi que de l’impuissance totale des pouvoirs publics.
Les journalistes, pourtant habitués à couvrir des manifs, n’ont jamais vu ça. Dans Paris, les tirs de mortiers, les départs d’incendie, les pillages de commerce ne sont que l’avant-goût de ce qui pourrait se passer cette nuit. Le gouvernement est aux abonnés absents. Si, quand même, Sébastien Lecornu apporte « tout » son soutien aux forces de l’ordre et dénonce une « violence d’une extrême intensité ». Merci, on a vu. On compte plusieurs centaines d’interpellations, mais « ça arrive de partout », comme le disait une journaliste de CNews qui couvrait les événements en direct. On ne sait pas comment tout cela va se terminer. Il y aura sans doute des blessés graves parmi les policiers. On espère que ce sera le moins grave possible.
À quoi ressemble tout cela ? À une insurrection. Au prélude d’une guerre civile. Ce n’est pas une colère sociale : c’est une rage incandescente, aveugle, une envie de carnage. Détestation du macronisme, détestation de la France, détestation des institutions, détestation du monde ancien et du peuple français ordinaire : tout cela donne un cocktail explosif, de violence et de saccage.
Pour des agriculteurs, on aurait envoyé les blindés. Pour des familles comme celles de la manif pour tous, on aurait gazé les bébés. Pour des gilets jaunes, des vrais, on aurait crevé des yeux ou arraché des mains. Mais quand ce sont de vraies menaces qui surgissent, l’État semble plus prudent.
On pourrait voir le cocktail molotov à moitié plein, et se dire que l’élection d’un président (ou d’une présidente) qui mettra fin à tout ça commence à devenir une évidence. Que l’immense incendie qu’est devenu notre beau pays va finir par s’éteindre, parce que le réel est sous nos yeux. Ce serait oublier que, depuis des décennies, la prétendue « extrême-droite » sonne le tocsin et que tout le monde la méprise ou veut la faire taire. La vérité, c’est qu’il n’y a pas de raison que cette violence gratuite et pleine d’une atroce jubilation s’arrête. Les gauchistes sont contents, les racailles aussi : ce qui les rassemble, c’est justement la même haine de ce qui fonctionne et de ce qui est harmonieux. La même haine de la France. Il n’est plus minuit moins cinq : le clocher a commencé à sonner. Et il reste des mois avant la présidentielle.
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