Pauvres gosses de riches : Laura Smet angoissée par le Rassemblement national

Capture d'écran France Inter

Si l’on se penche, à juste raison, sur les malheurs des enfants de pauvres, on néglige trop souvent les angoisses des gosses de riches. Un exemple ? Laura Smet, fille de Nathalie Baye et de Johnny Hallyday, dont la prime jeunesse ne devait entretenir que de lointains rapports avec celle de Cosette. Il paraît qu’elle a dû batailler ferme pour en arriver là où elle est. Tant il est évident qu’avec de tels parents, ça n’a pas dû être rose tous les jours pour se faire son petit trou dans le show-biz.

La starlette effrayée par « les gens normaux »…

Notons qu’entre sa résidence parisienne, place Saint-Sulpice, et sa maison secondaire du Cap-Ferret, dont elle a hérité à la mort de ses parents, notre petite fille de Français moyens, comme chantait Sheila autrefois, est en phase avec les préoccupations des Français, même ceux qui votent mal et sentent un peu fort sous les bras. Comme elle l’affirme à Libération, ce 11 octobre : « Les gens normaux m’effraient. » Pourtant, Laura Smet a la fibre sociale, tel que le révèle le quotidien jadis fondé par Serge July : « Elle reçoit tout à côté à l’hôtel de l’Abbaye, à deux pas de la place Saint-Sulpice. Cette rockeuse de tempérament apprécie le charme désuet du lieu. […] L’endroit va fermer pour de longs travaux. Les employés s’inquiètent de leur reclassement et ont installé un timide piquet de grève. Laura Smet s’informe, se soucie et embrasse comme du bon pain les serveuses et femmes de chambre. » À côté, Louise Michel, c’était Bernard Tapie.

Cela suffit-il à soigner son mal existentiel ? Rien n’est moins sûr. En effet, vachement concernée par ces terribles maux frappant le monde, tels le dérèglement climatique et les incendies allant avec, qui menacent les environs d’Arcachon : « Cavalière émérite, elle a été émue par la beauté des chevaux fuyant les flammes, sabots piétinant le macadam. Une biche était bloquée derrière une barrière. Elle lui a ouvert. » Il n’aurait plus manqué qu’elle ferme la clôture à double tour.

Ce qu’elle craint plus que tout…

Bref, Laura Smet a une conscience super développée pour son âge et pense très fort dans sa tête. Mieux, elle est taraudée par la spiritualité : « La foi, ça apaise, on se sent moins seul. » On lui a donc proposé un carré VIP pour aller voir le pape Léon XIV au Stade de France. Comme le général de Gaulle en son temps, elle a su dire « non » : « Le pape, rien à foutre ! » Comme quoi la foi ne l’apaise manifestement pas tant que ça.

Mais ce qu’elle craint plus que tout, c’est « l’arrivée du RN au pouvoir ». On se disait bien que ça manquait. Mais attention, la dame ne manque pas d’arguments. À l’en croire, la culture serait en danger et pourrait bien ne pas se relever d’un tel cataclysme. Déjà, lors de la dissolution de 2024, elle prévenait : « Si le RN passe : plus d’intermittence. Ça veut dire que tous les films et les festivals que vous aimez tant disparaîtront progressivement. […] Si vous votez RN ou ne faites pas barrage, préparez-vous à voir disparaître la création dans son ensemble. » Comme scénario plausible, on a vu plus convaincant. En cas d’accession de Marine Le Pen à l’Élysée contre Jean-Luc Mélenchon, Vincent Bolloré saborderait donc Canal+, principal financier du cinéma français, par solidarité avec le président à vie de La France insoumise ?

Quoi qu’il en soit, encore une enfant que ses parents ont songé à nourrir mais qu’ils ont oublié d’élever. En effet, pas plus Nathalie Baye que Johnny Hallyday n’ont fait la leçon aux Français pour dire pour qui il ne fallait pas voter. La première avait, dit-on, plutôt le cœur à gauche. Le second s’est publiquement engagé aux côtés de Jacques Chirac, mais n’a jamais voué aux gémonies ses adversaires du moment, dont François Mitterrand, et encore moins les électeurs de ce dernier. Bref, il y avait un peu de tenue chez ses parents de la France d’avant.

La France d’en bas donne de la voix…

De l’autre côté de la barrière sociale, une tout autre histoire : celle des prolétaires du show-biz, partis de rien, arrivés nulle part, mais qui ne doivent ce parcours qu’à eux-mêmes. Morgan et Ydriss, par exemple, qui viennent de rejoindre la Star Academy et viennent de se faire poisser par la police de la pensée pour avoir « liké » des messages postés sur Internet par Marine Le Pen et Jordan Bardella. Eux appellent globalement à faire barrage au barrage. C’est déjà trop. Issus de cette France reléguée à la périphérie, aux ronds-points et aux cités, ils ne risquent pas de sauver des biches à cheval au Cap-Ferret. Devant la polémique, s’ils arrivent à sauver leurs slips, ce sera déjà un exploit. Espérons que leur mort sociale programmée et leur carrière artistique fort mal barrée n’ajouteront pas aux angoisses de mademoiselle Smet.

Nicolas Gauthier

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