
par Action française lycéenne
La crise des lycées n’est pas finie, et cela même si les vacances scolaires de la Toussaint assurent au gouvernement de la République un répit qu’il espère voir se transformer en fin de mouvement lycéen. Malgré les annonces ministérielles, rien n’est résolu : tout ce qui ne va pas reste, ou presque, en l’état, et les dégradations multiples des lycées mais aussi des universités (celles de Nantes et de Rennes 2 ont été dévastées en quelques jours, et ne rouvriront pas leurs portes tout de suite) aggravent la situation financière des établissements concernés.
D’autre part, le basculement de l’enseignement du présentiel au « distanciel » est un échec pédagogique qui affecte d’abord les plus fragiles des élèves, ce que signalent nombre de professeurs inquiets de voir leurs élèves ne plus se connecter au système Pronote et ne plus rejoindre les classes numériques : l’immédiate conséquence risque bien d’être le décrochage des études des lycéens les plus fragiles ou qui ont le moins de facilités à suivre des cours et à les mémoriser. En somme, la sélection redoutée et contestée par certains manifestants va se faire, non sur les connaissances et capacités, mais par le vide !
La grande question que se pose aujourd’hui le monde lycéen, des élèves aux professeurs (sans oublier les administrations des établissements elles-mêmes), est de savoir ce que va devenir Parcoursup : en fait, en cours d’année, il est peu probable que cette procédure soit notablement modifiée, aussi critiquée et critiquable soit-elle. Pour autant, il serait temps que la République, fort inconséquente sur ce point comme sur d’autres, remette le système de « l’après-bac » à plat : Parcoursup a succédé à d’autres systèmes pas forcément meilleurs : rappelons-nous des longues files d’attente devant les portes des universités pour s’inscrire, et les tirages au sort pour les places universitaires. Il s’agit donc, Parcoursup ou non, de ne pas revenir à ce temps dépassé et à ces systèmes absurdes et, finalement, injustes.
C’est, au-delà de « l’après-bac », toute l’organisation des études secondaires qu’il faut revoir et refonder, en n’hésitant pas à remettre une véritable sélection-orientation en place pour éviter les pharamineux taux d’échec dans les filières universitaires à la fin de la première et de la deuxième années. Cette sélection doit se faire honnêtement, sur les connaissances et les réflexions, sur le mérite et non sur les passe-droits ou par l’argent familial, comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui. Elle doit permettre à chacun de préparer son avenir dans les meilleures conditions possibles, et de diminuer au maximum les risques de la désespérance sociale, souvent due à l’échec scolaire ou universitaire et à l’absence de perspectives sociales et professionnelles pour les jeunes. Il ne s’agit pas d’exclure, mais au contraire de trouver à chacun (et par chacun) sa place dans notre société, par le travail, les capacités des jeunes et les nécessités du monde professionnel. La véritable et motivée sélection-orientation est la meilleure garantie de la justice sociale que l’État doit garantir aux jeunes générations, comme à celles déjà engagées dans la vie active et celles sorties de celle-ci.
https://www.actionfrancaise.net/2026/10/16/crise_des_lycees-la_republique_na_rien_resolu/
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