Citroën ressuscite la 2CV, mais pas vraiment l’industrie française

Capture d'écran France2

La nouvelle 2CV est incontestablement la star du Mondial de l’automobile. 78 ans après sa création, la version 2026, revisitée et 100 % électrique, de Citroën attire tous les regards. Adoubée par Emmanuel Macron, Éric Zemmour, Marine Tondelier et bien d’autres nostalgiques et amateurs d’automobile, la voiture néo-rétro de la marque aux chevrons pourrait bien faire des ravages, lors de sa commercialisation en 2028.

L’iconique « Deuch », vendue à plus de 5 millions d’exemplaires entre 1948 et 1990, ne sera pourtant pas, dans sa nouvelle mouture, le symbole du savoir-faire automobile français qu’a été sa grande sœur.

Du coq au panda

Personne, évidemment, ne s’attendait à ce que la 2CV du XXIe siècle soit produite à Levallois-Perret, comme ce fut le cas par le passé. Mais personne ne s’attendait, non plus, à ce que cette voiture si typiquement française repose sur une base chinoise. Cela sera pourtant le cas. Pour vendre ce véhicule à moins de 15.000 euros, conformément à la promesse faite par Citroën, le groupe Stellantis va s’appuyer sur Leapmotor, son partenaire chinois. La plate-forme de la citadine Leapmotor T03 devrait servir de base à la nouvelle 2CV.

Ce n’est pas tout. Les composants asiatiques ne seront pas, non plus, assemblés en France. A priori, cette étape devrait se faire en Italie et, plus précisément, sur le site de Pomigliano d’Arco, comme indiqué dans un communiqué interne de Stellantis.

Ces choix, très critiqués, notamment par les syndicats, témoignent avant tout de l’effondrement de l’industrie automobile française. Depuis les années 2000, la production automobile nationale est en net déclin. Il y a 25 ans, 3,3 millions de véhicules sortaient des usines françaises, contre 1,5 million désormais. La production a quasiment été divisée par deux. D’une part, parce que nombre de voitures de marques françaises sont fabriquées à l’étranger, d’autre part, parce que les ventes reculent. Depuis 2019, elles ont chuté de près de 40 %, en France.

Du succès au déclin

Comme la nouvelle Renault 5 E-Tech électrique, descendante de la R5, lancée en 2024, assemblée dans le Nord, avec des batteries de production française et un moteur fabriqué en Seine-Maritime, la nouvelle 2CV aurait pu redonner à l’automobile tricolore un peu d’allant. Après des années de galère, de moteurs qui lâchent et de courroies de distribution qui se désagrègent dans l’huile, l’industrie automobile française (et particulièrement Stellantis) avait bien besoin de redorer son blason et la fabrication d’une voiture réellement française plébiscitée aurait été une bonne occasion de tourner la page.

Le constructeur en a décidé autrement. Le pari fait par Citroën ne consiste pas à démontrer sa fiabilité et son expérience en matière d’automobile, mais bien à redevenir cette marque populaire qui s’adresse à tous les Français et à se relancer avec un succès commercial. C’est la raison pour laquelle le prix de cette nouvelle 2CV ne dépassera pas 15.000 euros. C’est aussi la raison pour laquelle elle ne pourrait pas, financièrement, être un produit made in France. En matière d’automobile, comme dans bien d’autres domaines, la France peine à rivaliser avec la concurrence asiatique, et parfois même avec celle de ses voisins européens. Si elle n’est plus le symbole de l’industrie automobile française, la réincarnation de la 2CV pourrait bien devenir celui de son déclassement.

Sarah-Louise Guille

Une réponse à « Citroën ressuscite la 2CV, mais pas vraiment l’industrie française »

  1. Avatar de Paul-Emic

    Une silhouette vaguement ressemblante ne ressuscite pas la 2CV

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