Le Syndicat de la magistrature au service de la gauche

Quand l’engagement idéologique menace l’impartialité de la justice

Voilà une révélation qui ne surprendra personne ! Et certainement pas les organisations syndicales de policiers qui, depuis des années, dénoncent les prises de position d’un syndicat de magistrats dont l’action semble davantage inspirée par des convictions politiques que par la défense des intérêts professionnels de ses adhérents.

Car c’est bien là que réside le problème. Que des magistrats aient des opinions politiques est une chose. Mais qu’une organisation représentant ceux qui ont la responsabilité de rendre la justice se comporte comme un mouvement militant, engagé  systématiquement dans les combats de la gauche, est une autre histoire : que devient l’indispensable neutralité de l’institution judiciaire lorsque ceux qui la servent affichent aussi  leurs préférences idéologiques ?

Le Syndicat de la magistrature, historiquement ancré à gauche, ne fait d’ailleurs guère mystère de ses orientations. Cet engament partisan est injustifiable et inquiète chaque citoyen potentiellement appelé à répondre à la barre d’un tribunal.

Le « mur des cons » : un symbole accablant

Comment évoquer ce syndicat sans rappeler le tristement célèbre « mur des cons » ?

Cette affaire, révélée en 2013, demeure l’illustration la plus spectaculaire des dérives auxquelles peut conduire une magistrature syndicalement militante.

Comment ne pas s’interroger sur l’impartialité de ceux qui affichent ainsi leur mépris pour des personnes susceptibles de comparaître devant la justice ?

Ce mur n’était pas seulement une faute de goût. Il révélait une culture du mépris incompatible avec l’impartialité que les citoyens attendent de leurs juges.

Nicolas Sarkozy : la justice ou le procès d’un homme ?

Les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy constituent, à cet égard, un autre sujet de préoccupation. Que l’ancien Président de la République soit justiciable comme n’importe quel citoyen ne souffre  aucune discussion.

Mais cette égalité doit fonctionner dans les deux sens : ni privilège, ni sévérité en raison de la personnalité, de la notoriété ou des opinions politiques du prévenu. Or les conditions dans lesquelles Nicolas Sarkozy a été poursuivi, jugé et condamné ont donné le sentiment d’un traitement humiliant.

Lorsqu’une partie de l’opinion en vient à se demander si un ancien Président a été jugé pour ce qu’il est et non pour ce qu’il a fait a fait, l’institution judiciaire se trouve dangereusement fragilisée.

Police et manifestations : une indignation à sens unique ?

L’attitude du Syndicat de la magistrature à l’égard des forces de l’ordre mérite d’être examinée. À l’occasion de mouvements sociaux, notamment lycéens, ses interventions donnent fréquemment une place importante à la dénonciation des violences policières et aux risques d’atteinte aux libertés publiques. Pourquoi cette vigilance paraît-elle si souvent s’exercer prioritairement à leur encontre ?

Les policiers et les gendarmes interviennent dans des circonstances extrêmement difficiles. Ils doivent protéger les manifestants pacifiques, préserver les biens, garantir la sécurité des personnes et faire face à des individus qui profitent des rassemblements pour commettre des violences et des dégradations.

La défense des libertés publiques ne devrait jamais conduire à oublier le droit des citoyens à la sécurité, pas davantage que celui des policiers à exercer leur mission sans être exposés à une suspicion permanente.

La justice ne saurait être crédible si elle donne le sentiment de choisir ses indignations en fonction de ses affinités idéologiques.

Une réforme devenue indispensable

Cette situation appelle, selon moi, une réaction politique forte. L’indépendance de la justice  implique  une exigence particulière d’exemplarité. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, comme ses prédécesseurs, devrait mesurer pleinement les conséquences de la défiance grandissante d’une partie des Français envers l’institution judiciaire. Un prochain gouvernement devra, à mon sens, faire de la réforme de la justice l’une de ses priorités. Cette réforme devrait notamment conduire à examiner les conditions dans lesquelles les organisations syndicales de magistrats interviennent dans le débat politique, à renforcer les obligations déontologiques et à sanctionner effectivement les comportements incompatibles avec la neutralité judiciaire.

La question de la dissolution du Syndicat de la magistrature mérite également d’être posée politiquement. Le syndicat devra rendre compte de ses actes.

Et l’argent public dans tout cela ?

Enfin, une question trop rarement abordée mérite une attention particulière : celle des moyens publics dont bénéficie le Syndicat de la magistrature.

Une question demeure : est-il acceptable que des ressources publiques destinées à permettre l’exercice d’une activité syndicale puissent, le cas échéant, contribuer à financer des initiatives essentiellement partisanes ?

Une justice indépendante, oui. Une justice militante, non !

La France a besoin d’une justice forte, respectée, indépendante du pouvoir politique et irréprochable dans son fonctionnement. Elle n’a pas besoin d’une justice dont certains représentants donnent le sentiment de vouloir prolonger, dans les prétoires ou à leur périphérie, les affrontements politiques qui divisent déjà notre société.

Or, en matière de justice, le doute sur l’impartialité est déjà un dommage considérable.

Une démocratie ne peut durablement supporter que ses citoyens soupçonnent leurs juges de choisir leur camp.

C’est pourquoi il devient urgent de réaffirmer une évidence que l’on semble parfois avoir oubliée : la justice n’est ni de droite ni de gauche. Elle doit être celle de tous les Français, sans préférence, sans complaisance et sans préjugé.

Jean-Jacques Fifre

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