
Nous vous proposons ici de lire la suite de l’analyse politique actuel – que vous pouvez retrouver aussi sur https://politiquemagazine.fr/, avec de nombreux autres articles – commencée hier.
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par Hilaire de Crémiers
C’est bien là toute l’ambiguïté de la situation de l’Église. À Metz incontestablement il y eut jusqu’au bout la même ferveur qui s’est sentie en particulier lors de la messe à la cathédrale. La vérité est simple à énoncer : lorsque le pape s’adresse aux fidèles catholiques, il leur dit les paroles qu’ils attendent de lui et qui les incitent au courage de la Foi et de la Charité dans l’Espérance d’un vrai salut, comme il l’a dit à Lourdes, dans la vie éternelle – et non ici-bas. Son « au revoir » à Metz à tant de catholiques fidèles était marqué du même esprit.
Il est vrai qu’il est impossible de ne pas s’interroger sur d’autres paroles et d’autres discours empreints d’un autre esprit. Il ne peut pas faire autrement, diront les gens bien intentionnés. Certes. Et, même dans ces domaines, il essaye de rappeler quelques vérités. « Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral », a-t-il affirmé devant les médecins de Lourdes. Rien de plus juste, surtout à l’heure actuelle. Jean-Paul II et Benoît XVI l’avaient eux aussi rappelé.
Mais toute âme droite ne pouvait que ressentir un malaise en voyant l’homme en blanc qui a la garde de la doctrine du salut, assis à côté de l’homme qui revendique comme un droit suprême l’assassinat, en dix ans au bas mot, de deux millions d’enfants et dans des conditions abominables, aussi bien pour le petit être vivant disséqué que pour la pauvre mère souventabandonnée. C’est ce même homme qui a fait passer quasi de force la loi du suicide assisté et de l’euthanasie : combien de morts programmées ? Il y a là quelque chose de littéralement insupportable. Certes, le pape a rappelé le vrai droit et a invoqué la vraie justice. Comme pour l’éducation religieuse et pour une saine laïcité. Mais quelle hypocrisie dans cette salle de l’Élysée devant ce parterre où à peine quelques personnes portent une attention réelle à ce pape qui évoque les sources chrétiennes de l’histoire de France ! Mais ils connaissent tous cette histoire. Bon nombre sortent des bons collèges. La République les oblige : l’institution les lie à des programmes meurtriers pour les âmes et pour les corps. Pauvre France, trompée, dénaturée. Alors pourquoi essayer d’assimiler laliberté chrétienne à la liberté républicaine ? La justicechrétienne à l’égalité républicaine ? La charité à la fraternité ? Tous ces maîtres du régime applaudissent pour se faire bien voir et uniquement pour ce qui va dans leur sens. Pas un seul ne changera d’avis ni ne parlera en vérité après une telle séance. Oui, quelle hypocrisie ! Encore heureux que le Vatican ait avec fermeté repoussé tout le programme macronien qui nevisait en fait qu’à rendre Léon XIV complice et associé du président de la République.
Et le discours à l’UNESCO est entaché des mêmeséquivoques. Là aussi, il rappelle des vérités naturelles, mais en les insérant dans un cadre qui n’a plus rien à voir avec une vraie philosophie et, bien sûr, une saine théologie. Tant de propos et pour quel résultat ? Jésus-Christ est exclusif. La « Vérité » est une, le reste est vain. C’est la première et grande leçon de l’Évangile. Faut-il le rappeler au pape ? « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». La douce et forte vérité évangélique n’a rien à voir avec les programmes humanitaires,même s’il est concevable que le Souverain Pontife, en tant que tel, œuvre de toutes ses forces pour la paix entre les peuples et entre tous les hommes. L’Europe de Schumann n’est rien d’autre que celle de Monnet, qui aboutit à la monstruosité actuelle qui renie Jésus-Christ et qui nie les nations.
Mais voilà : depuis plus de cinquante ans un certain magistère, humanitaire et plus ou moins social-démocrate, s’est substitué à la révélation divine. À force de répéter indéfiniment des propositions purement humaines, pacifico-libéralo-socialo-démocratiques, l’autorité magistérielle les élève au rang d’enseignement authentique qu’on revêt du caractère ordinaireet qu’on assimile ainsi peu à peu à un donné révélé. Il y a là un subterfuge qui risque de dénaturer le caractère propre de la révélation divine à laquelle le magistère est ordonné. Et non l’inverse ! Par exemple, il y aurait beaucoup à préciser sur le caractère absolu, en quelque sorte ontologique, de la dignité de la personne humaine et des droits de l’Homme. Et la paix peut-elle s’établir sur le reniement de la foi, la capitulation del’intelligence, le sacrifice de l’honneur ? Jamais le Dieu de paix qui est aussi le Seigneur des Armées n’a voulu un tel renoncement.
Dieu, c’est dans l’Évangile, Jésus-Christ nommément,n’hésitera pas à juger et à condamner qui de droit, comme à récompenser les âmes qui ont eu foi en son unique salut. C’est ainsi. C’est la révélation divine et Il est descendu sur terre pour nous l’enseigner et nous donner sa grâce sans laquelle nul ne peut être sauvé. Faut-il répéter ces vérités élémentaires ? Et la doctrine des fins dernières qui est toujours occultée ?
Reste que le catholicisme français profond, vrai, solide, a pu rendre à l’occasion du voyage du pape « son beau témoignage » pour parler comme l’Apôtre. Sans peur et sans reproche, comme se le doit son caractère chevaleresque, il représente l’âme historique et véritable de la nation privilégiée entre toutes que les souverains pontifes depuis plus d’un millénaire nomment « la fille aînée de l’Église ». C’est-à-dire de la foi que cette Église catholique, et donc romaine, doit,dans la suite des Apôtres, manifester au monde pour l’honneur de Jésus-Christ.
Aujourd’hui, France et Église ont affaire à forte partie. Car l’Adversaire mène sa bataille, et, sous couvert de paix, il est même capable de désarmer la foi des catholiques. Jésus apporte sa paix, mais c’est aux siens. Sinon, comme Il l’a dit, Il n’est pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Son royaume de paix, Il le conquiert sur l’Ennemi du genre humain qui tient beaucoup de ressorts en ce monde. Il ne faut pas s’y tromper. Surtout en nos temps. La Vierge Marie d’où découlent tant de grâces, n’a pas peur de la bataille. Elle est la plus belle, comme le chante l’Écriture, la Reine de la Paix, oui, mais elle est redoutable comme une armée rangée en bataille : « Terribilis ut castrorum acies ordinata ».
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