Les européistes ont peur du peuple [L’Agora]

J’écoutais ce lundi une interview de Michel Barnier sur Cnews. Probablement dans le but d’effrayer les électeurs français, il accusait Marine Le Pen d’avancer sous un « faux-nez » dans ses propos et projets de campagne pour l’élection présidentielle en ne voulant pas dire clairement qu’elle voulait « quitter l’Union Européenne ».
Afin d’étayer ses dires, il faisait remarquer que son programme était anti-européen par nature, ne serait-ce que parce qu’elle avait l’intention de diminuer quote-part française versée à l’Union européenne.

A qui appartient une telle décision?

Le grand démocrate qu’est Michel Barnier oublie cependant un petit détail qui est très révélateur :

Le maintien ou le départ de la France de l’Union européenne est uniquement du ressort du peuple français et non de telle ou telle personnalité politique. Cela, Monsieur Barnier semble l’oublier et cela indique le peu de cas qu’il fait du peuple français dont la souveraineté est cependant garantie par notre Constitution. Pourtant, il fait beaucoup de références au général de Gaulle, père de cette dernière et, qui plus est, a toujours combattu l’idée d’une quelconque intégration européenne qui ne pourrait mener qu’à la mise en place d’un pouvoir supranational qui semble, du reste, se préciser. Madame Von der Leyen n’annonce-t-elle pas la création d’un Etat fédéral européen dans un proche futur ?
A-t-on le projet de consulter le peuple français ou bien va-t-on, une encore, escamoter la difficulté comme cela a été fait après le référendum du 29 mai 2005 ?

Les propos de Michel Barnier sont étonnants

A moins que je commette une erreur d’interprétation, due à ma stupéfaction, il a ajouté que pour lui,  qui était « très européen et très patriote à la fois » (10′ 40″) et que rester dans l’Union européenne était la seule façon pour « sauver la France éternelle » et qu’il fallait « défendre l’intérêt de le France en restant dans l’Union Européenne » (15′ 37″)
Il a également abordé le « clivage gauche-droite » que, selon lui, Emmanuel Macron à fait disparaître avec le « en même temps (sic) » et qu’il convenait aujourd’hui de le rétablir. Evidemment, on se doute bien qu’il n’allait pas parler du seul clivage réel qui aujourd’hui traverse les Français et qui est celui qui oppose les euro-mondialistes aux patriotes-souverainstes ! D’autant plus que lui-même se définit comme ayant un pied dans chaque camp, puisque se disant « européen et patriote ».
Ces propos manquent de cohérence. Soit la France existe en tant qu’Etat-nation, soit elle se fond dans l’Union Européenne comme, pour reprendre l’expression du Général « les marrons dans la purée ». Visiblement, il n’est plus à une contradiction près et reprend sous une autre forme la supercherie d’éléments de langage tels que la « souveraineté européenne » qui induit l’idée fausse qu’il y aurait à la fois un peuple européen et une nation européenne.

Il semble également encenser Bruno Retailleau, aux côtés duquel, entre octobre 2004 et mai 2005, j’ai participé à la campagne du référendum de mai 2005 dans le cadre du Mouvement Pour la France  présidé par Philippe de Villiers. Nous nous battions alors pour le maintien de la souveraineté française en nous opposant au traité constitutionnel qui conduisait directement au fédéralisme d’un État européen supranational qui se serait ainsi doté d’une Constitution. Le peuple Français l’a majoritairement repoussé en votant « non » à 55% des suffrages. J’accorde volontiers à Bruno Retailleau le bénéfice du doute…

Un référendum est plus que jamais nécessaire

Comment se fait-il que depuis plus de 21 ans personne n’ait demandé aux Français leur avis sur le maintien de la France dans cette Union Européenne qui, somme toute, nous a apporté plus de déboires que de satisfactions réelles?

Il est quasiment admis aujourd’hui que la construction européenne, et de Gaulle avait abordé le problème dès 1962, était entièrement pilotée par « l’Etat profond américain », lequel visait essentiellement à établir un gouvernement mondial, et que l’Europe devait servir « d’appartement-témoin » de cette future architecture mondiale dont la mise en place impliquait la disparition des nations en tant que « souverainetés locales ».

Un autre monde est en gestation

Sans tout réécrire, la nouvelle architecture mondiale qui se met en place sous nos yeux est totalement différente. Dans ce monde « multipolaire » qui réduit à néant tout projet de gouvernement mondial, on voit, à contrario, comme essentiel le maintien des nations et de leur souveraineté.
La dernière réunion des BRICS qui s’est tenue à New-Dehli fin septembre et qui a vu adopter à l’unanimité la décision d’utiliser les monnaies nationales pour les échanges commerciaux de ces pays est un élément probant. Cela revient à faire exactement le contraire de l’euro.
Quelle serait la place d’une Union Européenne qui semble aujourd’hui obsolète dans ce nouveau monde?

Ne vaut-il pas mieux se tourner résolument vers ce qui paraît de plus en plus comme étant une réalité plutôt que de s’accrocher à des concepts dont les bases ont disparu?

J’espère sincèrement que, durant la campagne électorale qui démarre, quelqu’un, qui pourrait être Marine Pen, aura le courage de proposer au peuple français un référendum qui lui demanderait s’il veut rester ou non dans l’Union européenne et j’espère avec la même sincérité que la réponse du peuple français sera « un Non franc et massif »

Jean Goychman
Cercle Patria

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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