
Quatre députés d’extrême gauche viennent d’être sanctionnés par le bureau de l’Assemblée nationale. Les députés LFI Matthias Tavel (Loire-Atlantique), Alma Dufour (Seine-Maritime) et Farida Amrani (Essonne) écopent de la peine minimale : un « rappel à l’ordre simple ». Seul le député écologistes des Yvelines Benjamin Lucas-Lundy a été sanctionné un peu plus sévèrement d’un « rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal ». Une punition qui entraîne la privation, pendant un mois, du quart de son indemnité parlementaire.
Des sanctions minimales qui n’ont pas vocation à dissuader l’extrême gauche radicale de corriger son comportement au sein de l’Hémicycle. Le 7 juillet dernier, comme à son habitude, elle transforme l’Hémicycle en guérilla de rue. Le texte à l’examen provoque une hystérie générale dans ses rangs. L’examen de la proposition de loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, dans l’exercice de leurs fonctions » se résume à quatre mots : « un permis de tuer ». Ce jour-là, une petite étincelle met le feu aux poudres lorsque la vice-présidente RN Hélène Laporte, députée du Lot-et-Garonne qui préside la séance, a le malheur de confondre deux députées et cite la députée écologiste Sabrina Sebaihi à la place de l’insoumise Farina Amarani. Un crime de lèse-majesté. « Pour vous, les Arabes et les Noirs sont tous pareils » ; la vice-présidente RN est violemment prise à partie. Les bancs de l’extrême gauche hurlent au racisme, créant un tumulte invraisemblable. Hélène Laporte est mise en cause directement.
La médaille des martyrs
Face aux sanctions données ce 14 octobre, toute l’extrême gauche se drape dans les draps de la persécution. « Yaël Braun-Pivet a cédé aux exigences de censure du RN, nouvel acte de connivence entre Macronie et extrême droite, s’exclame, ce 14 octobre, Alma Dufour. Ce rappel à l’ordre prononcé à mon encontre est une médaille. » Effectivement, avec des sanctions dérisoires, les outrances des élus mélenchonistes et de leurs compères écologistes ont de beaux jours devant elles. D’autant que l’accusation de racisme est évidemment fallacieuse. « Il est fréquent que le président de séance confonde deux noms, que ce soit Yaël Braun-Pivet ou les vice-présidents », témoigne, auprès de BV, un témoin de la réunion de ce matin. « L’extrême-gauche a assumé son esprit antidémocratique. Ces gens s’érigent en juges des mœurs. Ils combattent le RN par principe. Un président de séance RN reste pour eux un raciste car il appartient au RN. ». Ainsi est l’extrême gauche : les institutions ne sont pas respectées à partir du moment où elles sont dirigées par le RN. Bel esprit républicain.
Assa Traoré pourra revenir à l’Assemblée nationale
Mais le comble de cette journée du 7 juillet fut l’interruption de séance par Assa Traoré et des militants de son comité Justice pour Adama, qui a créé un esclandre en pleine séance depuis les tribunes réservées aux visiteurs. Ils n’écopent d’aucune sanction. D’après nos informations, c’est le député Benjamin Lucas-Lundy qui a fait rentrer dans l’enceinte de l’Assemblée les fauteurs de troubles. En réunion de bureau, Yaël Braun-Pivet a justifié la possibilité pour les fauteurs de troubles de pouvoir revenir à l’Assemblée, la maison du peuple « ouverte à tous les citoyens » – seul l’accès à la tribune des visiteurs leur étant désormais interdit. Rappelons qu’en 2022, le député RN Grégoire Fournas était exclu 15 jours de l’Assemblée pour avoir dit « qu’il retourne en Afrique » en évoquant le bateau de SOS Méditerranée transportant des migrants. Le propos déclencha un tollé.
Sans surprise, frapper fort et dur le RN, c’est habituel. Lorsqu’il s’agit de défendre une députée RN prise à partie dans son rôle de présidente de séance, l’institution se retrouve étrangement moins implacable. Qu’on ne s’étonne pas que l’extrême gauche fasse régner le chaos dans les débats parlementaires et dans la rue.
Votre commentaire