« Une ordure en moins » : la mort d’un policier célébrée sur les réseaux

Policiers municipaux lors de la cérémonie du 8 mai 2026 à Auriol (Bouches-du-Rhône)

Un policier est mort. Le 12 octobre, un brigadier-chef de 38 ans, père de deux enfants, a perdu la vie en service à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Vers 4 heures du matin, après avoir poursuivi à pied et interpellé deux cambrioleurs, le fonctionnaire s’est effondré, victime d’un malaise cardiaque. Les secours n’ont pas réussi à le réanimer.

Voir le tweet

L’émotion est vive, chez ses collègues. Immédiatement, le syndicat Unité a présenté ses condoléances aux proches de l’agent décédé. « Notre collègue, père de famille, dévoué, discret, gentil, était un policier apprécié de tous », ajoute l’organisation. Vice-président du conseil départemental du Val-de-Marne et maire de Bry-sur-Marne, Charles Aslangul a également réagi : « J’adresse mes sincères et très émues condoléances à l’épouse et aux jeunes enfants du policier national décédé cette nuit, non loin de Bry à Champigny-sur-Marne, en intervention pour interpeller des cambrioleurs. […] La police sauve et protège, merci à elle. »

« Une ordure en moins »

Sur les réseaux sociaux, pourtant, la compassion n’a pas été universelle. Plusieurs internautes ont accueilli la nouvelle par des moqueries, voire avec une réjouissance assumée. Un compte nommé « Soutien aux étudiants » a ironisé sur la condition physique des policiers : « Quand tu les vois courir, avec 3 tacos dans le bide… ». « Faut taffer le cardio, bande de porc (sic) », a ajouté un certain « Grand Remplaçant ». Un internaute baptisé « Bro Muz, frère des musulmans » a espéré que le décès du policier « dissuadera les jeunes à se diriger vers ce métier de merde », tandis qu’un autre a évoqué « les risques du métier » en accompagnant son message d’un smiley hilare. « Cheh » [« bien fait », en arabe], a simplement commenté un internaute pro-palestinien…

Le phénomène ne concerne pas uniquement le policier de Champigny-sur-Marne. Le 1er octobre dernier, le gendarme Corentin Dieu, âgé de 24 ans, est mort dans un accident de la circulation à Tardinghen, dans le Pas-de-Calais. Rappelé en urgence par son unité à la suite de violences urbaines survenues en marge de mobilisations lycéennes, il rejoignait son escadron de gendarmerie mobile de Calais lorsqu’il a été victime de l’accident. Mais là encore, certains commentaires publiés sur X témoignent d’une hostilité assumée envers les forces de l’ordre. « J’vais me branler sur sa tombe », écrit un internaute. « Un bon flic est un flic mort », peut-on également lire.

La haine anti-flic de l’extrême gauche

Ce lundi 12 octobre, au moment où était annoncé le décès du brigadier-chef du Val-de-Marne, on a appris qu’à Meyzieu, dans le Rhône, la plaque commémorative dédiée au colonel Arnaud Beltrame, mort en 2018 lors de l’attentat terroriste de Trèbes, avait été vandalisée. La mention « islamiste » a été rayée et les lettres « NTM » ont été gravées sur la stèle. En attendant le résultat de l’enquête, on peut rappeler qu’un certain Stéphane Poussier, ancien candidat de La France insoumise aux élections législatives, s’était lui aussi réjoui de la mort du colonel. « À chaque fois qu’un gendarme se fait buter, et c’est pas tous les jours, je pense à mon ami Rémi Fraisse, là c’est un colonel, quel pied ! Accessoirement, un électeur de Macron en moins », avait-il applaudi. Pour ces propos, il a été condamné en 2018 à un an de prison avec sursis.

Voir le tweet

À l’époque, LFI l’avait exclu de ses rangs, mais les dérapages anti-police de l’extrême gauche n’ont guère cessé, depuis. Jean-Luc Mélenchon lui-même assume des formules incendiaires telles que « La police tue ». En 2024, interrogé sur le slogan « Un flic mort = un vote pour le RN en moins », il invoquait la liberté d’expression. « C’est absurde. On a le droit de rigoler aussi, non ? Pas sur la mort des gens, bien sûr que ce n’est pas drôle », s’était-il alors défendu… À mourir de rire, en effet.

À force de banaliser les discours hostiles aux forces de l’ordre, certains responsables politiques contribuent à installer un climat dans lequel la mort d’un policier peut devenir un motif de réjouissance. Cette apologie macabre de la haine anti-police ne devrait-elle pas, elle aussi, tomber sous le coup de la loi ?

Jean Kast

Votre commentaire