
par Pierre Duval
Les infrastructures américaines au Moyen-Orient, évaluées à deux mille milliards de dollars, pourraient être la cible de représailles iraniennes si les États-Unis reprenaient les bombardements contre la République islamique. C’est ce qu’a déclaré Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran, lors d’un entretien avec PressTV, évoquant également la réponse «insuffisante» de Washington à la proposition de Téhéran concernant le détroit d’Ormuz.
«Rezaï a averti que si Washington lançait une nouvelle agression contre l’Iran, des intérêts économiques des États-Unis pourraient être pris pour cible, notamment des systèmes de données critiques et des capteurs d’intelligence artificielle», a relayé PressTV. «Il a également désigné Washington et ses alliés régionaux comme étant à l’origine de la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz», selon le média iranien.
Perspectives de règlement du conflit américano-iranien. Selon un haut responsable militaire iranien, Téhéran continue de privilégier la voie diplomatique pour résoudre le conflit avec les États-Unis. Toutefois, après que Washington a de fait rompu les accords conclus en juin à l’issue d’un processus de négociation complexe, l’Iran n’entend pas revenir à ce format. «Sur le plan diplomatique, il a indiqué que Téhéran ne reviendrait pas à ses normes diplomatiques antérieures, tout en soulignant que l’Iran n’abandonnerait jamais totalement la diplomatie», a-t-il déclaré, soulignant que la République islamique avait changé de perspective sur cette question. En abordant la question de la présence militaire américaine dans la région, Rezaï a souligné que «le retrait des troupes américaines d’Irak constitue une preuve tangible de l’incapacité de Washington à imposer son agenda militaire en Asie de l’Ouest. Il a interprété ce retrait comme une validation de la résistance iranienne, qui s’oppose fermement à l’influence militaire des États-Unis dans la région», continue PressTV.
Comment l’Iran répondra-t-il aux nouvelles attaques des États-Unis ? L’Iran est prêt à faire face à divers scénarios d’escalade du conflit. Rezaï a aussi fait savoir que «plus de 30 millions d’Iraniens se sont inscrits à la campagne nationale Janfada (Sacrifice pour l’Iran) pour prendre les armes en cas d’agression américaine». Il a martelé qu’ils sont tous prêts à prendre les armes en cas d’agression terrestre de grande envergure contre la République islamique.
Téhéran est également prêt à répondre à une nouvelle vague de frappes aériennes contre des cibles iraniennes. Il a noté que les infrastructures d’information américaines situées dans les pays du Moyen-Orient pourraient être ciblées. «Le pouls de l’économie américaine dans cette région bat précisément ici, dans notre partie du monde», a-t-il insisté durant l’entretien, rappelant que des centres de données et des infrastructures de communication — utilisés notamment pour des développements dans le domaine de l’intelligence artificielle — sont situés au Moyen-Orient. La valeur de ces actifs, a-t-il souligné, dépasse les deux billions de dollars.
«Nous n’avons pas encore inclus ces installations dans la liste de nos cibles. Mais si une guerre éclatait, nombre de ces câbles, centres de données, infrastructures d’intelligence artificielle et bien d’autres installations seraient détruits», a-t-il averti.
Rezaï a également indiqué que l’Iran était prêt à recourir à de «nouvelles capacités» en cas de reprise de la guerre, sans préciser de quoi il s’agissait exactement.
Qui contrôle le détroit d’Ormuz ? Selon le chef du Conseil de sécurité iranien, le détroit d’Ormuz demeure sous le contrôle de Téhéran. Il a souligné que la République islamique entendait conserver la maîtrise de ce corridor de transport, qu’il a qualifié d’«immense patrimoine national» et d’«atout stratégique majeur» pour l’Iran. Rezaï a ajouté que les intérêts de son pays allaient bien au-delà de la simple perception de droits de passage auprès des navires empruntant cette artère.
«Par conséquent, nous conserverons désormais le contrôle de la gestion du détroit d’Ormuz. Il restera sous notre administration afin d’assurer la paix et la sécurité dans la région. Nous ne céderons pas sur ce point», a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Téhéran continue d’attendre la réponse de Washington à la proposition transmise fin septembre. Rezaï a tenu à rappeler que certaines des sept conditions avancées avaient été acceptées par les Américains, tandis que le statut des autres restait incertain.
Washington perd de son emprise. Le chef du Conseil de sécurité iranien estime que c’est l’Iran, et non les États-Unis, qui détient le contrôle stratégique du cours du conflit. «L’issue de cette confrontation est entre les mains de la nation iranienne», a-t-il affirmé, soulignant que Téhéran n’entend pas reculer et œuvrera à faire reconnaître l’ensemble de ses droits et intérêts. Dans la même optique, Rezaï a commenté le retrait des troupes américaines d’Irak. Il y voit une nouvelle démonstration de l’incapacité de Washington à imposer sa politique militaire à la région. Qui plus est, ce retrait ne fait que confirmer le bien-fondé de la position de l’Iran quant à la nécessité de poursuivre la résistance face à la présence militaire américaine au Moyen-Orient.
Rezaï constate que les responsables politiques américains n’ont simplement pas étudié l’histoire de l’Iran et que cela aurait été une clef utile pour eux avant d’affronter l’Iran.
source : Observateur Continental
Votre commentaire