
Lundi 12 octobre au matin, Bärbel Bas a annoncé sa démission de ses fonctions de ministre fédérale du Travail et de coprésidente du Parti social-démocrate (SPD). Dans un message aux adhérents, elle explique avoir besoin de temps pour faire le deuil de sa belle-fille, récemment décédée. Mais elle met aussi en cause les attaques publiques dont elle a fait l’objet, y compris de la part de ses partenaires de coalition, les conservateurs de la CDU et de la CSU. Ce départ ravive les tensions au sein d’un gouvernement déjà en difficulté.
La réforme des retraites en panne
Bärbel Bas était sous pression depuis plusieurs semaines. Avant la pause estivale de juillet, une commission avait remis des propositions détaillées pour réformer le système public de retraites allemand. Les partenaires de la coalition voulaient les traduire rapidement en loi, mais aucun projet de texte n’avait encore été présenté.
En septembre, Christian von Stetten, responsable des petites et moyennes entreprises au sein du groupe parlementaire CDU/CSU, avait jugé la ministre intenable, l’accusant de bloquer depuis des mois les réformes dont le pays a besoin. Début octobre, la ministre de l’Économie Katherina Reiche, membre de la CDU, avait exigé que la réforme soit adoptée avant la fin de l’année. Elle savait pourtant dans quelle situation personnelle se trouvait sa collègue.
Le SPD dénonce des attaques « honteuses »
Lundi, le vice-chancelier et ministre des Finances Lars Klingbeil, coprésident du SPD, a jugé ces attaques honteuses. Selon lui, elles empoisonnent le débat politique, et il a appelé les responsables des partis du centre à ne pas « détruire » les personnes de valeur en s’attaquant les uns les autres. Chez les députés sociaux-démocrates, on parle d’un climat de plus en plus toxique.
Friedrich Merz a rejeté les reproches de Bärbel Bas. Le chancelier assure n’avoir jamais évoqué sa situation personnelle avec elle, et dit lui avoir conseillé de prendre le temps nécessaire pour son deuil.
Alexander Schweitzer, ancien ministre-président du Land de Rhénanie-Palatinat, où il avait déjà été ministre du Travail et des Affaires sociales, lui succède au ministère fédéral. Le chancelier espère que les projets de loi en attente seront désormais rapidement adoptés en Conseil des ministres. Lars Klingbeil dirigera seul le SPD jusqu’à un congrès prévu en décembre ou en janvier pour élire une nouvelle direction. Il n’est pas certain qu’il se représente : sa dernière réélection à la tête du parti s’était soldée par un score très médiocre.
Une CDU en quête de rebond
Cette crise survient alors que les 2 partis de la coalition accumulent les mauvais sondages, les revers électoraux et les querelles sur les grandes réformes : taxe sur l’électricité, taxe sur le sucre, retraites, marché du travail. En septembre, la CDU a subi une défaite historique dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où elle a perdu sa représentation au Parlement régional, une première dans son histoire selon la Deutsche Welle.
Réunie en séminaire dimanche et lundi, la direction de la CDU a adopté un document de 4 pages qui met davantage l’accent sur les questions sociales : logement abordable, baisse du prix de l’électricité, meilleur accès aux soins et reconnaissance du travail accompli par les citoyens. « Nous devons sortir de ce marasme et d’une crise de confiance », a reconnu Friedrich Merz. Le chancelier a annoncé une baisse de la taxe sur l’électricité pour tous, une promesse de la campagne de 2025 restée jusqu’ici lettre morte.
L’AfD en embuscade
Ce virage social, plutôt qu’un déplacement plus à droite, est aussi un signal envoyé au SPD. Friedrich Merz a assuré que les changements de personnes ne remettaient pas en cause l’accord de coalition, et a répété qu’un gouvernement stable était indispensable pour peser sur la scène internationale.
Malgré les fractures, conservateurs et sociaux-démocrates n’ont guère le choix : des élections anticipées profiteraient avant tout à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), en tête des sondages au niveau national.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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