
Le 1er octobre dernier déjà, nous évoquions ce sujet, aujourd’hui François Marcilhac revient sur l’épisode avignonnais concernant Maurras…
*****
par François Marcilhac
Le 2 octobre 2026, à Avignon, la Maison de la culture provençale proposait une conférence sur les textes provençaux d’auteurs qui ont écrit la majeure partie de leur œuvre en français, baptisée « Ils ont aussi écrit en provençal : le saviez-vous ? » Parmi eux figurait Charles Maurras, avant qu’une cabale d’extrême-gauche, pétition à l’appui, n’obtienne la déprogrammation des textes en provençal du maître de l’Action française qui fut aussi Félibre et disciple de Frédéric Mistral.
LFI, LDH, « libre » pensée : ces milices de la bien-pensance
Le directeur des bibliothèques d’Avignon, Jérôme Triaud, avait eu beau répondre que les textes présentés, qui ne sont ni politiques ni idéologiques, étaient en revanche constitutifs de l’histoire du Félibrige, rien n’y a fait. Dans une inversion des principes dont l’extrême-gauche est coutumière, LFI a considéré que programmer Maurras « ce n’est pas faire œuvre de pluralisme, c’est bâillonner l’histoire » (sic). La « Libre » pensée et la Ligue des « droits » de l’homme du Vaucluse ont immédiatement emboîté le pas à la formation néostalienne de Jean-Luc Mélenchon en condamnant, à propos de cette programmation « la banalisation d’une pensée d’extrême-droite ». Et la LDH d’écrire, sans vergogne, dans un communiqué : « Une bibliothèque publique n’est pas un espace neutre lorsqu’elle choisit de mettre à l’honneur des textes et des auteurs. Elle exerce une responsabilité particulière : transmettre les savoirs, éclairer l’histoire et contribuer à la formation de l’esprit critique ». Quant aux signataires de la pétition de s’exclamer : « Charles Maurras n’est pas un félibre parmi d’autres dont on pourrait célébrer les textes “apolitiques” en toute tranquillité, à la faveur d’une simple ‘recontextualisation’ » — « recontextualisation » à laquelle s’étaient tout d’abord résolues bibliothèque et mairie avant de se coucher devant les milices de la bien-pensance d’extrême-gauche : « On préfère avoir une conférence sereine », a indiqué Bernard Deschamps, à l’origine de la Semaine provençale, sous la pression du maire. Une colonne vertébrale ne s’achète pas au magasin des accessoires.
Une extrême-gauche décomplexée
Le climat va devenir de plus en plus lourd non seulement pour la liberté d’expression mais aussi pour la science, des universitaires ou prétendus tels faisant passer leur idéologie mortifère avant la connaissance en allant jusqu’à préconiser avec cynisme l’effacement pur et simple de la littérature et de la mémoire nationales des auteurs qui ne leur plaisent pas, un peu comme Staline faisait retoucher les photographies pour en effacer les visages de ceux qui ne lui plaisaient plus et qu’il avait fait assassiner. Mais le cas de Maurras est encore plus grave : il ne s’est, lui, jamais compromis avec un quelconque totalitarisme. Il a toujours fait droit… aux droits de l’intelligence, sans réserve aucune. Quant au quotidien L’Action française, il était réputé le plus large d’esprit en matière littéraire et artistique. Mais qu’importe à ces miliciens de la pensée (« universitaires » et militants de gauche aussi incultes que malveillants) qui résument Maurras à un racisme qu’il a toujours dénoncé et à des discours de haine qu’ils confondent avec une verve polémique largement partagée à l’époque — ainsi Le Populaire de Blum du 1er novembre 1935 — mais Blum ne signe pas l’article — appelle-t-il à « abatt[re] » Maurras (et Béraud) « comme des chiens » en raison de leur opposition aux sanctions contre l’Italie. Mais le plus grave, c’est qu’après l’annonce du retrait, les auteurs de la pétition ont salué une « victoire », tout en appelant à maintenir la vigilance face à ce qu’ils présentent comme une « influence rampante de l’extrême-droite ». Nous sommes face à une extrême gauche décomplexée qui n’hésite plus à s’attaquer aux écrivains et aux œuvres de l’intelligence pour étendre son influence à la faveur d’une dénonciation pseudo-morale qui vise simplement à interdire tout débat intellectuel, tout enrichissement par la pensée de l’autre, tout discours déviant d’une bien-pensance qui ne peut s’épanouir que sur la négation de toute divergence. Ces acteurs de la cancel culture ne visent rien moins qu’à annuler toute dissidence, voire, s’ils réussissaient, toute interrogation, le fait même de s’interroger devenant un signe d’esprit critique, autant dire de mal-pensance.
Un livre de Maurras en main
C’est pourquoi notre seule réponse ne peut consister que dans un refus clair et dynamique de cette mainmise du totalitarisme d’extrême gauche. Oui, nous ferons tout pour banaliser la pensée de Charles Maurras, c’est-à-dire la faire partager le plus largement possible à nos compatriotes, dans un esprit critique envers nous- mêmes (« la tradition est critique », nous a lui-même enseigné Maurras) : ainsi d’un antisémitisme, part la moins originale et la moins constitutive de la pensée de Maurras, et dont notre tradition nationaliste s’est heureusement débarrassé depuis longtemps — quand LFI en fait aujourd’hui la promotion. Et nous refuserons également qu’au-delà du politique, des écrits de pure littérature et de pure poésie puissent être censurés sous prétexte qu’ils auraient été composés par Charles Maurras. Nous n’accepterons pas que notre jeunesse, déjà en perte de repère, se trouve par là-même privée de la connaissance et de la jouissance intellectuelle d’un des plus grands prosateurs français du XXe siècle et d’un authentique poète. Un livre de Maurras en main, nous nous opposerons à tous ceux qui veulent bâillonner la culture.
P.S. : Nous venons d’apprendre que les Universités du mouvement « Oser la France » de l’ancien député et vice-président de LR Julien Aubert devaient se tenir le samedi 17 octobre à Avignon avec pour invités Sarah Knafo et François Fillon. Et que ces mêmes milices d’extrême-gauche ont fait annuler l’événement. MANIFESTEMENT, L’ORDRE RÈGNE À AVIGNON !
https://www.actionfrancaise.net/2026/10/12/pourquoi-il-faut-banaliser-charles-maurras/
Votre commentaire