[ÉDITO] Sur X, Louise M. donne une leçon de civilisation à la gauche. Quelle classe !

Capture decran ©LCI

Comment la droite se différencie-t-elle de la gauche ? Par sa grandeur d’âme.

Parce que la valeur n’attend pas le nombre des années, la preuve par Louise Montangon, la jeune étudiante de l’UNI, révélation médiatique de ces derniers jours. Arnaud Florac a évoqué dans ces colonnes le débat houleux avec son alter ego d’extrême-gauche Elwan dont elle est sortie victorieuse par KO. Mais elle vient, sur X, d’en donner un épilogue qui est tout à son honneur. Dans un post, elle remercie tout d’abord ses soutiens pour leurs messages mais elle rajoute aussitôt : « N’oubliez pas qu’Elwan n’a que 17 ans et ne mérite AUCUNE haine ».

Cyber harcèlement

Que comprend-on en sous-texte ? Que l’adversaire – aux réparties parfois odieuses, quand il s’est adressé notamment à Bérénice Levet – qu’elle a vaincu à la loyale n’est qu’un lycéen, de quelques années son cadet, pour lequel la pression médiatique fait forcément l’effet d’un tambour de machine à laver. Louise appelle donc, avec grande classe, les trolls de son camp à la modération. Soyons honnêtes : quel honneur y-a-t-il pour un adulte bien caché derrière son avatar (parfois de chevalier en armure, ce qui rajoute du ridicule au choix prudent de l’anonymat) de lyncher sur les réseaux sociaux un garçon forcément immature qui a au moins eu « le courage », comme Louise, selon les mots de cette dernière, « d’assumer et de confronter [ses] idées autour d’un débat ». Il est vrai qu’aujourd’hui, les militants d’extrême-gauche ne confrontent plus leurs arguments. Peut-être parce qu’ils ont confusément conscience de leur inanité, ils préfèrent la violence. On peut donc saluer (malgré tout) cette exception notoire. Louise « combattra toujours [les] idées » d’Elwan, mais cela n’y change rien :  « Aucun [d’eux deux], écrit-elle, ne mérite le cyber-harcèlement qui a lieu depuis plusieurs jours ».

Car elle, aussi bien sûr, – comme elle l’a été jadis physiquement dans son université bordelaise, jusqu’à en être interdite de séjour (Elwan, lui, n’a rien connu de tel) – a été harcelée numériquement ces derniers jours, notamment par le peu recommandable Anasse Kazib, qu’Alice Cordier a mouché sèchement : « Anasse, tu as 39 ans. Laisse tranquille les jeunes-filles de 22 ».

Évidemment, Elwan ni aucun de ses comparses n’ont pris, en revanche, la défense de Louise. Mais Stanislas Rigault le résume très bien : « Très élégant de la pat de Louise Montangon. Rappelons néanmoins qu’aucun militant LFI ou d’extrême-gauche n’aurait eu cette attention, voire que certains auraient pris un malin plaisir à l’humilier. Mais c’est aussi à cela que l’on reconnaît le niveau d’humanité d’un camp. Bravo Louise ! ».

Fin du bouc émissaire

En effet. Pour la gauche, la fin justifie ses moyens : Trotski l’a écrit noir sur blanc dans Leur morale et la nôtre. Lapider virtuellement une jeune-fille n’est donc pas un problème et peut même être une jouissance.

Mais le christianisme – René Girard a fait de cette démonstration l’œuvre de sa vie – est venu mettre un terme au principe même du bouc émissaire. On ne peut à la fois se battre pour notre culture et la piétiner. La gauche, comme son nom l’indique, n’est pas la droiture. Et la droite ne saurait être une gauche à l’envers. (Pas plus que notre presse, une désinformation à notre service.) Une victoire obtenue avec ses méthodes serait une défaite, car auto-destructrice.

Louise vient de donner à tous une belle leçon de civilisation, plus profonde que toutes les controverses sur l’Éducation nationale.

Gabrielle Cluzel

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