
Zelensky ne décolère pas. Le voilà qui ose qualifier la décision de Donald Trump d’« indigne » et de « faible », au motif que les revenus pétroliers russes contribueront à financer la guerre contre son pays.
Cette soudaine — et audacieuse — indignation met en lumière une contradiction aussi grotesque qu’embarrassante : pourquoi ce qui serait moralement inadmissible pour les Européens deviendrait-il économiquement raisonnable pour les Américains ?
Il faut croire que Zelensky n’a toujours pas compris une règle élémentaire de la géopolitique : les intérêts nationaux passent avant les sermons internationaux. Quant à ses leçons de morale, elles gagneraient en crédibilité si son pays, et notamment les cercles proches du pouvoir, n’étaient pas régulièrement éclaboussés par des affaires de corruption.
Mais le plus savoureux reste le lamentable spectacle offert par une Europe qui devra la coupe d’amertume jusqu’à la lie.
Après avoir consciencieusement sacrifié une partie de ses approvisionnements énergétiques, fragilisé ses industries, renchéri les coûts de production et demandé à ses populations de se serrer la ceinture au nom de la vertu antirusse, voilà que son grand protecteur américain redécouvre les mérites du pragmatisme pétrolier !
Washington discute avec Moscou, ajuste sa politique énergétique et défend ses consommateurs, sans se soucier le moins du monde des rodomontades de Macron et de ses alliés.
Résultat : aux Européens, les sacrifices au nom des principes ; aux Américains, les arrangements au nom du pouvoir d’achat !
Il fallait donc sanctionner la Russie jusqu’à l’asphyxie, quitte à se tirer une balle dans le pied. Mais lorsque le prix du carburant menace les intérêts américains, les grands principes deviennent soudain négociables. Quelle admirable souplesse morale !
Personne n’est obligé d’approuver l’intervention militaire russe en Ukraine pour constater que les sanctions économiques ne sont ni des commandements divins ni des dogmes intangibles. Ce sont des instruments de pression dont il faudrait, de temps à autre, avoir l’audace de mesurer les résultats et surtout les dégâts collatéraux.
Or, après des années de sanctions, la Russie n’a pas capitulé, la guerre continue et les Européens ont supporté des coûts considérables. Bruno Lemaire nous promettait de mettre Moscou à genoux ; on a surtout appris aux Français à faire des génuflexions devant leur facture énergétique !
Les États-Unis, eux, démontrent qu’ils savent adapter leurs instruments de pression lorsque leurs intérêts économiques mais surtout électoraux l’exigent.
Mais alors, pourquoi la France et l’Europe devraient-elles s’interdire d’en faire autant ? Pourquoi nos agriculteurs, nos transporteurs, nos industriels et nos automobilistes devraient-ils considérer comme un devoir patriotique de payer leur énergie plus cher, sans jamais demander quel résultat concret justifie ces sacrifices ?
Serait-ce donc cela, la fameuse souveraineté européenne : le droit de se ruiner pour des principes que Washington s’autorise à réviser selon le cours du baril ?
Rappelons donc à notre Jupiter décadent et à Jean-Noël Barrot, son ministricule des Affaires étrangères, que la diplomatie n’est pas un concours de vertu et que gouverner ne consiste pas à faire payer aux peuples le prix de la bonne conscience de leurs dirigeants.
La France voulait mettre la Russie au ban du commerce international. Et voilà que Washington, selon les arrangements énergétiques évoqués, retrouve le chemin de Moscou dès lors qu’il s’agit de soulager ses propres consommateurs.
Vae victis ! Malheur aux vaincus ! Et surtout malheur aux naïfs qui prennent les discours de leurs alliés pour des engagements éternels.
Car le pétrole russe possède désormais une propriété miraculeuse : il serait criminel lorsqu’il sert les intérêts européens, mais redeviendrait parfaitement fréquentable lorsqu’il contribue à préserver le pouvoir d’achat américain.
Il suffisait d’y penser : le même baril qui finance prétendument la guerre lorsqu’il arrive en Europe contribuerait à sauver le consommateur lorsqu’il arrive aux États-Unis !
Décidément, les sanctions européennes ressemblent de plus en plus à une mauvaise plaisanterie dont les Français paient la facture pendant que les Américains encaissent les bénéfices.
En définitive, la morale occidentale ne se mesure plus à l’aune des principes, mais au prix affiché à la pompe.
Et dans cette farce géopolitique, l’Europe tient le rôle du cocu magnifique : elle paie, elle obéit et, suprême humiliation, elle applaudit !
Rastignac
https://www.medias-presse.info/petrole-russe-sanctions-contre-la-russie-quand-le-devient/252268/
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