
Attardons-nous d’abord sur son prénom, qui ne peut qu’être le fruit de délires de bobos post-soixante-huitards qui s’amusent à donner des prénoms qui n’en sont pas à leurs enfants. Certes, Elwan, c’est moins grave que Térébentine, prénom affublé par Cécile Duflot à sa fille. Mais c’est un prénom qui n’existe pas, le seul qui a une légitimité, c’est Elouan, prénom breton. Mais le jeune garçon ne peut être tenu responsable des divagations de ses parents.
En moins d’une semaine, Elwan Benoît est devenu une vedette, mais ne lui dites surtout pas que c’est grâce à l’extrême droite, cela le mettrait en difficulté. Il n’était en effet, il y a une semaine, qu’un élève comme les autres au lycée Jacques Delcourt, dans le 9e arrondissement parisien plutôt privilégié. Et par le hasard du destin, il a été contacté par Vincent Lapierre, qui lui a donné longuement la parole pour qu’il exprime la réalité de ses revendications, avec une certaine bienveillance.
Il faut reconnaître que ce jeune homme de 17 ans, qui pourrait, avec son nez, être l’enfant secret de Marine Tondelier, a une belle élocution, quand on le laisse débiter sa bouillie sans l’interrompre. On le sent capable, contrairement à la plupart des autres lycéens, de faire des phrases de plus de trois mots, et d’utiliser des mots de plus de trois syllabes.
Cela ne l’empêche pas de dire des conneries énormes, quand il la joue solidaire avec ses camarades de banlieue qui seront les premiers à lui casser son gros nez pour lui piquer son téléphone, et quand il assène que dans les classes, l’hiver il fait trop froid et l’été il fait trop chaud, sans oublier le coup des professeurs absents. Il oublie juste l’essentiel : le niveau baisse à cause du pédagogisme et de l’immigration. Bien sûr, il porte l’uniforme de toute la jeunesse, le keffieh palestinien. À quelques jours du 7 octobre, c’est de bon goût, et on n’est pas certains qu’il ait bien lu la charte du Hamas, qui entend exterminer tous les Juifs, éradiquer Israël et transformer la Palestine en un État islamique où s’appliquera la charia. Mais il se fera quand même, avec certes de la politesse, le porte-parole de toute une jeunesse qui vire Vincent Lapierre, parce que sa présence n’est pas souhaitée, tout simplement, et que la jeunesse emmerde le Front national, même si depuis près de dix ans, cela s’appelle le Rassemblement national.
Tout frétillant après cette gloire soudaine, le voilà qui se met à jouer dans la cour des grands. Son heure de gloire sonne quand il est présenté au grand chef Jean-Luc Mélenchon, et qu’il lui glisse quelques mots à l’oreille, avant de se permettre de l’embrasser sur la tempe. Pour un peu, comme lorsqu’une musulmane lui avait demandé de sauver les siens des méchants islamophobes, Méluche aurait fondu en sanglots.
Pour le bobo Elwan Benoît, petit Blanc honteux, une nouvelle étape commençait et les médias se précipitaient sur lui. David Pujadas le voulait absolument, pour son émission « La Grande Confrontation ». Ce qui fut fait.
Il avait troqué son keffieh palestinien pour un superbe costume qui aurait pu le faire ressembler à une petit bourgeois de droite. Il paraissait très fier d’être ainsi tiré à quatre épingles, et d’apparaître la vedette de la soirée. Il est vrai que l’écouter change un peu des glapissements hystériques de certains de ses camarades, souvent issus de la diversité. Manque de chance pour lui, les choses ne sont pas tout à fait passées comme prévu.
Il s’est d’abord retrouvé en slip, face à la talentueuse responsable de l’UNI Gironde, Louise Montangon, qui la veille avait déjà remis à sa place Gabriel Attal et son petit sourire, l’a ridiculisé en défendant le droit des étudiants d’aller librement en cours, en s’opposant aux barrages d’une minorité, en dénonçant les violences qu’il excuse, en l’accusant de trahir les jeunes élèves de banlieue qu’il prétend défendre, et surtout en le qualifiant d’idiot utile du pouvoir, en ironisant par ailleurs sur son sourire ridicule et son beau costume.
Le malheureux, tel un boxeur touché au foie, avait déjà quelque peu perdu de sa superbe.
Mais il voulut se refaire une santé, et choisit pour cela une autre cible, la professeur de philosophie et écrivain Bérénice Levet. Il essaya de contester sa légitimité et de renvoyer dos à dos l’enseignante et l’élève. Grave erreur, il se prit une magistrale démonstration expliquant qu’elle avait l’autorité pour transmettre un savoir, et que lui était là pour le recevoir. Il essaya de pleurnicher en disant que les enseignants se moquaient de la vie personnelle des élèves, ce que Bérénice confirma, en disant que l’école n’avait pas à individualiser chaque cas, mais qu’elle était là au contraire pour que les élèves profitent de la transmission des adultes, et en fassent le meilleur usage.
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Deux KO spectaculaires en quelques minutes, on était proche du protocole promotion, comme on dit maintenant en rugby. Reste la question : que va devenir le valeureux Elwan Benoît ? On ne le voit pas finir en antifa à la Méric, cela n’est pas le style. Il peut finir plus jeune député LFI en 2027, il aura tout juste 18 ans.
Ou bien s’inspirer du sort de David Assouline, trotskiste chef de la coordination étudiante en 1986, à l’époque de la réforme Devaquet. Il n’a jamais travaillé de sa vie, a rejoint le Parti socialiste, a bouffé à toutes les gamelles, et a fini sénateur socialiste.
Toujours est-il qu’on n’est pas inquiet pour lui, sauf si Marine Le Pen est élue. Là peut-être lui faudra-t-il bosser un jour, car les planques vont être moins nombreuses…
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