
Il semblerait que les revendications des lycéens ne portent plus seulement sur le manque de moyens et les absences des professeurs… Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, un jeune homme prénommé Yanis, élève au lycée Honoré-de-Balzac, à Mitry-Mory, semble désigner un groupe de policiers français et tient à leur égard des propos pour le moins guerriers. « Ils sont que dix, au nom d’Allah, on les tue ! », lance-t-il à une foule en furie.
Au Parlement européen, Marion Maréchal a dénoncé cette séquence glaçante et accusé la gauche de souffler « souffle sur les braises d’une haine anti-française, du ressentiment postcolonial, d’une posture victimaire et d’un esprit revanchard islamiste ». Éric Ciotti est allé dans le même sens, déplorant la « haine communautaire qui caractérise une partie non négligeable de ces émeutes ». Mais sur X, la vidéo a été relayée par un autre « jeune » qui s’est au contraire réjoui de cet appel au meurtre. « Wallah c le jour le plus drôle de ma vie entière », a-t-il commenté, hilare. Confronté par un autre internaute qui lui reprochait la teneur de ses propos, le dénommé « ayalaratpi » est allé plus loin encore : « wallah on va tout brûlée (sic) vous allez voir hihi ». Ses tweets ont depuis été effacés.
Le djihâd cool
Dans une autre vidéo virale, on voit un groupe de lycéens du Loiret reprendre en chœur des paroles issues d’un morceau de rap qui fait l’éloge de plusieurs djihadistes : « À la Mohamed Merah, v-esqui’ les caméras. Bataclan, je l’ai shooté à l’œil, chasse à l’homme, Salah Abdeslam (…) A part Allah qui peut m’arrêter ? Bataclan, faisaient les morts, allongez-vous, je vais en shooter à l’œil ».
« Le modèle du blocus lycéen est l’Intifada. Chaque jour apporte ses preuves », a réagi l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler sur X. « Voilà où mènent des années de renoncements », a ajouté le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, tandis que Matthieu Valet, porte-parole du RN, a annoncé signaler ces faits au procureur de la République.
Qui sont ces jeunes qui s’identifient dans la joie et la bonne humeur à des assassins d’enfants et des islamistes massacreurs de Français ? Certains musulmans, mais pas seulement. On distingue aussi dans la masse ce qui ressemble à des Français de souche. Il faut croire que le djihadiste est devenu le modèle de référence pour une bonne partie de la « génération Z »…
La banalisation du mal
Cette « chanson » a d’ailleurs servi de bande-son à une autre scène déplorable. Celle-ci s’est déroulée à l’église Saint-Hilaire de Soullans, en Vendée. Un groupe de jeunes gens a profané l’église en citant Allah et en faisant référence aux terroristes islamistes Salah Abdeslam et Mohamed Merah. Contactée, la paroisse confirme qu’il y a bien eu « des petits soucis dans l’église de Soullans ». La mairie nous indique de son côté qu’une enquête est en cours. Dans un communiqué, le diocèse de Luçon précise que « L’église est fermée jusqu’à nouvel ordre et les célébrations y sont suspendues. Une messe de réparation y sera célébrée ; sa date sera communiquée dès qu’elle sera fixée. »
À Brive-la-Gaillarde, ce mardi 6 octobre, c’est la sono de la CGT qui aurait diffusé ce même morceau de rap à la gloire des djihadistes. La vidéo de la scène montre des lycéens sans la moindre réaction lorsque les noms des terroristes sont prononcés. Mais savent-ils seulement qui est Mohamed Merah ?
Dernier exemple : des élèves du lycée professionnel Vauban, à Nice, se seraient connectés à des cours en visioconférence en utilisant comme pseudonymes les noms de Salah Abdeslam et de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, islamiste tunisien qui a fait 86 morts à Nice le 14 juillet 2016 en fonçant au volant d’un 19 tonnes sur la foule. « Que des élèves puissent ainsi ériger en références des terroristes et l’apologie du terrorisme témoigne d’un effondrement vertigineux de nos repères et de notre autorité », a réagi Éric Ciotti, maire de la ville.
Derrière les revendications lycéennes et les images de blocus, ces séquences révèlent une inquiétante banalisation du djihadisme et de la violence terroriste chez certains jeunes. Des signaux devant lesquels aucun responsable politique ne devrait détourner le regard.
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