Deux nouvelles associations « humanitaires » françaises soupçonnées de financer le Hamas

Combats dans la bande de Gaza. Capture d'écran LCI.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a révélé, samedi 3 octobre, la mise en examen de cinq personnes. Celles-ci sont soupçonnées, « par le truchement de deux associations », d’avoir « fait parvenir des fonds à un tiers, collecteur de fonds pour le compte du Hamas ». Des faits que les intéressés contestent.

Gardes à vue et mises en examen

Mardi 29 septembre, les suspects avaient été interpellés et placés en garde à vue par les enquêteurs de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Une information judiciaire a ensuite été ouverte, vendredi 2 octobre, pour « financement d’entreprise terroriste, en l’occurrence le Hamas […] abus de confiance en bande organisée [et] blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste », avant leur mise en examen pour les mêmes motifs.

La procédure avait commencé le 21 avril dernier avec l’ouverture d’une enquête préliminaire pour soupçon de « financement du terrorisme et association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes ». Mais elle s’est accélérée grâce à une collaboration efficace entre les services de renseignement américains et français.

Par un communiqué en date du 2 octobre, le service de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département américain du Trésor indiquait avoir démantelé un réseau de financement du Hamas, et avoir prévenu les services de renseignement français que plusieurs personnes basées en France figurent sur leur liste noire de participants à ce réseau.

Les personnes visées font partie de deux associations « humanitaires » dont l’objet consiste à venir en aide aux populations civiles dans la bande de Gaza. Il s’agit de Faouzi B. et de son frère Nordine, de l’association Baraka en Gironde, et d’Amel O., présidente de l’association Ensemble C mieux dans la Loire.

Deux millions de dollars détournés

D’après le Trésor américain, ces individus ont participé, via ces deux associations, à la collecte de plus de deux millions de dollars (environ 1,8 million d’euros) au profit du Hamas, dont 1,5 million depuis le massacre d’Israéliens le 7 octobre 2023. Le transfert des fonds collectés aurait été fait via un intermédiaire, un certain Saleem A., un Palestinien membre de la branche armée du Hamas, basé à Gaza. Pour brouiller les pistes des enquêteurs, une partie des transferts se serait faite en cryptomonnaies.

Alors que le parquet antiterroriste avait « requis le placement en détention provisoire des deux présidents des associations », Amel O., dont l’avocat a assuré qu’elle n’a « aucun lien avec le Hamas » a finalement été laissée libre « sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention, saisi par le juge d’instruction antiterroriste », selon le PNAT, qui a par ailleurs indiqué que Faouzi B. « a été incarcéré provisoirement dans l’attente d’un débat contradictoire différé qu’il a sollicité ».

« Mon client a participé à des collectes de fonds dans un but exclusivement humanitaire ; une détention serait scandaleuse », a déclaré l’avocate de ce dernier, Me Lucie Simon, dont le site fdesouche.com rappelle qu’elle est « connue pour avoir défendu l’imam Iquioussen ou encore un migrant ouzbek admirateur du djihadisme expulsé du territoire ». Quant à Nordine B., il a été, conformément aux réquisitions du PNAT, laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Après Humani’Terre

Cette affaire de financement occulte, via des associations humanitaires, surgit en parallèle d’une autre, qu’évoquait BV en février dernier. Elle avait conduit alors à une perquisition au siège d’Humani’Terre (qui figure sur la liste américaine des organisations terroristes), et à la saisie d’ordinateurs, de documents comptables, et de 40 millions d’euros. Cinq activistes musulmans avaient été mis en garde à vue, dont un lié au député LFI Thomas Portes, et à ce jour, cette affaire est toujours en phase d’instruction judiciaire.

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Etienne Lombard

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