
Nous vous proposons ici de lire une intervention de Richard de Seze sur Radio Courtoisie que vous pouvez également écoutersur la toile, https://www.rc.fr/categorie/ligne-droite/, parmi de nombreux autres enregistrements.
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par Richard de Seze
Ségolène Royal a sorti la sulfateuse. Sa cible : Raphaël Glucksmann, 45 ans, qu’elle juge trop jeune pour prétendre gouverner la France. « Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise. C’est dangereux », explique-t-elle. Les Français, affirme-t-elle, veulent des responsables expérimentés, ayant fait leurs preuves et présentant des bilans positifs. Bref, ils ne veulent pas « recommencer comme avec Macron ».
Ségolène Royal, elle, a de l’expérience. Elle en revendique même beaucoup : « J’ai fait mes preuves dans l’exercice difficile du commandement démocratique local, national et international ». Et elle connaît la recette du succès. Une recette simple, infaillible, presque enfantine : « Il faut aimer les gens ». Voilà donc le secret de Ségolène Royal : elle aime les gens. Elle les a aimés lorsqu’elle présidait la région Poitou-Charentes, de 2004 à 2014. Elle y avait, expliquait-elle, ouvert les vannes en grand. Mais lorsque l’on regarde les résultats, l’amour des gens paraît avoir produit quelques résultats singuliers. L’usine de valorisation des déchets Oxalor, à Lezay, s’est ainsi effondrée en 2015, après avoir englouti 2,3 millions d’euros d’argent public. Une usine neuve abandonnée, des dizaines de tonnes de déchets sur place : voilà pour le bilan. Il y eut aussi Mia Electric, à Cerizay, et le rêve d’une filière régionale de voiture électrique. Puis New Fabris, à Châtellerault, où la « réindustrialisation écologique » devait faire renaître le site. Résultat : chômage technique, loyer divisé par quatre et, fin 2014, un résultat d’exploitation négatif de 320 000 euros. On comprend mieux pourquoi Ségolène Royal préfère les discours aux bilans.
Et pourtant, elle exige des autres ce qu’elle prétend avoir elle-même démontré : l’expérience et les résultats. Le Parti socialiste lui a d’ailleurs rappelé les règles. La commission d’organisation de la primaire lui a demandé de respecter la charte éthique qu’elle avait signée et qui interdit les attaques personnelles. Car, entre socialistes, il faut s’aimer. Ou du moins en donner l’impression.
Le communiqué est révélateur : le débat d’une primaire socialiste ne serait pas de même nature que celui qui oppose la gauche à la droite ou à l’extrême-droite. Entre socialistes, donc, pas d’attaques personnelles. Face aux adversaires, la règle semble beaucoup plus souple. Ségolène Royal avait donc commis une faute en traitant Glucksmann de « stagiaire ». Luc Broussy, président du Conseil national du PS, s’est chargé de le lui rappeler, dénonçant des propos « navrants et dangereux ». Mais il lui reproche aussi de soupçonner Glucksmann de préparer une alliance avec la droite. Un « procès d’intention », selon lui. Curieuse accusation lorsque l’on sait que Broussy soutient lui-même Glucksmann.
Et puis il y a Emmanuel Macron. Ségolène Royal reproche aujourd’hui aux Français de ne pas vouloir « recommencer comme avec Macron ». Très bien. Mais en 2017, elle appelait à voter pour lui. Elle avait même revendiqué avoir voté Macron dès le premier tour. Quelques semaines plus tard, elle votait encore pour une candidate de La République en marche aux législatives. Elle fut ensuite nommée ambassadrice par Emmanuel Macron…
Pendant ce temps, Raphaël Glucksmann construisait sa propre trajectoire politique, jusqu’à conduire la liste aux européennes de 2019. En 2022, Ségolène Royal soutenait Jean-Luc Mélenchon. Le problème n’est donc peut-être pas seulement l’âge de Glucksmann. Il est aussi que Ségolène Royal entend désormais donner des leçons d’expérience, de fidélité et de bilan après un parcours politique dont les étapes ne manquent pas de contradictions.
Elle voulait démontrer qu’elle était la responsable expérimentée dont la France aurait besoin. Elle voulait surtout expliquer que Glucksmann était un « stagiaire ». Mais voilà que le Parti socialiste lui fait son propre procès : incompétence, infidélité, mauvaise camaraderie, outrances. Et même risque de faire échouer la primaire.
Tout cela pour avoir oublié une règle essentielle : la recette magique, c’est d’aimer les gens. Encore faut-il commencer par se faire aimer des siens.
(à écouter sur Radio Courtoisie)
https://www.actionfrancaise.net/2026/10/05/la-recette-magique-de-segolene-royal/
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