Blocus des lycées : ces juges qui volent au secours des émeutiers

Capture d'écran site SM

La fermeté attendue par les Français à l’égard des émeutiers sera-t-elle entendue ? Alors que les blocus lycéens dégénèrent et que les faits d’ultra-violence se multiplient, 81 % des Français estiment que les parents doivent payer les dégâts causés par leurs enfants mineurs, selon un sondage réalisé pour Europe 1. Gérald Darmanin semble avoir entendu ce message. Le 1er octobre, le garde des Sceaux a demandé aux procureurs généraux « une grande fermeté dans la réponse pénale ». Le lendemain, il annonçait sur RTL avoir demandé que soit engagée la responsabilité civile des parents lorsque leurs enfants provoquent des dégâts. « Quand on détruit des lycées, quand on s’attaque à des Abribus™, lorsqu’on attaque des transports, on demande la responsabilité civile des parents », a-t-il déclaré.

Une fin de non-recevoir

Mais cette fermeté ne plaît manifestement pas à tous les juges censés appliquer le droit au nom du peuple français. Dans un communiqué publié vendredi 2 octobre, le Syndicat de la magistrature appelle à ne plus « réprimer la jeunesse pour la faire taire ». Il dénonce une « réponse brutale » du gouvernement face à « la colère légitime des lycéens », fustigeant « gazage des élèves, interpellations brutales, utilisation d’armes sublétales mutilantes – LBD, grenades explosives ». Il refuse la doctrine du ministère de la Justice, qui « enjoint les parquets à faire primer le tout-répressif ».

Dans ce communiqué, pas un mot de condamnation des violences ou des dégradations commises par les manifestants : le Syndicat de la magistrature concentre ses critiques sur la réponse policière et judiciaire. Un biais pro-émeutiers qui n’a pas échappé à Gilles-William Goldnadel. « C’est vrai, quoi, si on n’a plus le droit de s’acharner à vingt sur une policière à terre, de brûler une femme au visage ou d’incendier les bahuts, a ironisé l’avocat bien connu des téléspectateurs de CNews. Au fait : et si on interdisait le Syndicat du mur des cons en même temps que le Parti antisémite et antifrançais ? »

Quand les juges défendent les racailles

Ce n’est pas la première fois que le syndicat d’extrême gauche s’oppose à une réponse pénale ferme après des violences urbaines. En juin 2023, après la neutralisation de Nahel, il publiait un communiqué intitulé « Ce n’est pas à la Justice d’éteindre une révolte ». Le syndicat dénonçait alors la « criminalisation des victimes » et mettait en cause la réponse policière. En juillet 2023, le Syndicat de la magistrature s’opposait encore à « l’appel à la répression ferme et immédiate » concernant les mineurs ayant participé aux émeutes. Quelques jours plus tard, il jugeait « indécente » la mise en avant des 742 peines d’emprisonnement ferme prononcées après les violences et dénonçait la réponse pénale « rapide, ferme et systématique ». Une orientation qui avait même conduit le très progressiste Éric Dupond-Moretti à accuser le syndicat d’avoir « pris fait et cause pour les émeutiers ».

Plus récemment, le Syndicat de la magistrature s’est retrouvé aux côtés de La France insoumise dans son opposition à la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Le secrétaire national du syndicat, Stéphane Fischesser, a ainsi participé, le 16 juillet dernier, à une conférence de presse organisée par LFI intitulée « Non au permis de tuer XXL ! ».

Un syndicat à interdire ?

Cette participation a déclenché l’ire de Bruno Retailleau. Le président des Républicains a appelé à mettre fin à cette « collusion avec l’extrême gauche » et demandé de « profondément réformer l’exercice syndical des magistrats ». Celui-ci est garanti depuis l’ordonnance statutaire de 1958, mais son article 10 soulignait initialement que « toute manifestation d’hostilité au principe ou à la forme du gouvernement de la République est interdite aux magistrats, de même que toute démonstration de nature politique incompatible avec la réserve que leur imposent leurs fonctions ». Or, le Syndicat de la magistrature – qui a remporté 25 % des suffrages de magistrats aux élections de février dernier – est notoirement connu pour son engagement politique, très à gauche.

Alors que son ancienne présidente a été condamnée lors du scandale du mur des cons, le Syndicat de la magistrature reste fidèle à la fameuse « harangue » du procureur Oswald Baudot qui, en 1974, exhortait les jeunes magistrats à être « partiaux » et à avoir « un préjugé favorable » pour « le voleur contre la police ». Cinquante ans plus tard, c’est toujours la même idéologie laxiste qui sévit au sein de la Justice. Reste à savoir combien de temps encore la fermeté réclamée par une très grande majorité de Français pourra être présentée comme le problème plutôt que comme la réponse aux violences.

Jean Kast

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