[RAISON GARDER] Représentativité de l’audiovisuel public ? Un attrape-nigaud !

Capture d'écran

N.B. : c’est très largement avant que n’éclate la cabale contre l’arrivée sur France Inter de Charles Sapin, journaliste à Valeurs actuelles, qui a fini par aboutir à son éviction, qu’avait commencé la gestation de la présente chronique. Mais cet épisode en confirme la pertinence, jusqu’à la caricature.

Depuis quelques années, les dirigeants de l’audiovisuel public (qui sont principalement des dirigeantes, en l’occurrence) ont décidé de rendre les « figures » de cet audiovisuel (à savoir les journalistes, présentateurs et autres personnes visibles à l’écran ou audibles par les ondes) les plus représentatives possible de la société française. Car, ont déclaré chacune à leur tour Laurence Bloch et Adèle Van Reeth, directrices de France Inter respectivement de 2014 à 2022 et de 2022 à 2026, nous assumons de diriger des médias « progressistes ».

On aurait pu imaginer que ces « figures » soient sélectionnées exclusivement sur la base d’une compétence professionnelle, y compris celle de « faire de l’audience ». Mais, arguent lesdits dirigeants, même des journalistes ou animateurs tout à fait compétents ne peuvent s’empêcher d’avoir des « biais » provenant de ce qu’ils sont.

« Une télévision d’hommes blancs de plus de cinquante ans… »

Delphine Ernotte, actuelle présidente de France Télévisions, déclarait ainsi, lors de sa prise de fonction en 2015 : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de cinquante ans, il faut que ça change. » Il s’agit d’éviter ce monopole de « l’homme blanc de plus de cinquante ans », qui, forcément, aurait naturellement tendance à aller vers des sujets intéressant plutôt les hommes blancs de plus de cinquante ans, au détriment de sujets qui intéresseraient davantage les femmes, ou les personnes noires, ou les jeunes de vingt-cinq ans, etc.

Nos dirigeants de l’audiovisuel public, pour corriger ces biais (inévitables) de « l’homme blanc de plus de cinquante ans », se sont mis à recruter d’autres profils, dans ce qu’on appelle les « minorités invisibilisées ». On a donc recruté en fonction de la race (même si la race n’existe pas), donc des Noirs et des Jaunes plutôt que des Blancs. On a recruté en fonction de l’origine, donc plutôt des personnes issues de l’immigration que des personnes « de souche ». On a recruté en fonction du sexe, donc des femmes plutôt que des hommes. On a recruté en fonction de l’âge, donc des jeunes plutôt que des plus de cinquante ans. Pour faire bonne mesure, on a encore recruté en fonction de la santé, donc des handicapés plutôt que des valides. Et, aussi, on a recruté en fonction des préférences sexuelles, donc plutôt des homosexuels que des hétérosexuels. Et ainsi de suite.

Mieux représenter la société française

En pratiquant une telle politique de recrutement, on espère mieux « représenter » la société française dans toute sa diversité, qui comprend des Blancs, des Noirs et des Jaunes, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, etc. Bien entendu, on nous a vendu que ces recrutements « diversitaires » reposaient sur une compétence journalistique au moins égale à celle des gens qu’on écartait comme étant trop « hommes blanc de plus de cinquante ans ».

On pourrait discuter à l’infini sur la pertinence d’une telle politique de recrutement, notamment en se demandant si les personnes que l’on a envie de regarder ou d’écouter doivent forcément ressembler à ce que l’on est et à ce qu’on côtoie tous les jours. La vedette d’Hollywood ne doit-elle pas posséder une beauté inaccessible pour nous faire rêver ? Pourtant, cette beauté sublime ne sera pas très « représentative » des gueux et des traine-savates que nous sommes nous-mêmes et que nous côtoyons tous les jours.

Mais reconnaissons qu’il s’agit d’un choix justifiable, au moins en partie, et faisons-en crédit aux dirigeants de l’audiovisuel public. Toutefois, un tel dessein de « représentativité » peut-il s’arrêter en si bon chemin ? Ne doit-il pas faire place aussi, et peut-être surtout, à une « segmentation » de la société tout à fait capitale ? Nous voulons parler ici de la diversité politique, qui est particulièrement prégnante en France, pays fortement politisé.

Pour que l’audiovisuel public représente un peu sérieusement la France, pour qu’il soit un miroir relativement fidèle de ce pays, il ne suffit pas d’y mettre des femmes, des Noirs, des jeunes, des handicapés – que sais-je. Il faut qu’il y ait de l’extrême gauche, de la gauche, du centre, de la droite, de l’extrême droite.

Il ne s’agit pas d’exiger que les journalistes soient encartés dans un parti. Ils en ont le droit, sans doute, mais ce serait difficilement compatible avec le souci d’impartialité qui doit être au cœur de leur métier. Nous parlons plutôt de sensibilité, d’état d’esprit, de sympathie pour tel courant politique. Qu’il y ait à l’écran ou « dans le poste » des gens d’esprit plutôt gaulliste, des personnes attirées par le socialisme, des sympathisants du libéralisme, des individus qui ont des affinités avec l’anarchie…

Des animateurs de sensibilité RN ? Vous n’y pensez pas !

Mais pour que l’audiovisuel public soit vraiment « représentatif » de la société française, il faudrait plus que cela. Il conviendrait que la sensibilité politique des « figures » de l’audiovisuel public corresponde plus ou moins au poids constaté des divers courants politiques français. Si, par exemple, 50 % des animateurs de France 2 étaient de sensibilité royaliste, alors que le courant royaliste est quasi inexistant en France, tout le monde admettrait qu’il y a un problème.

La France insoumise représente entre 15 % et 20 % des suffrages : il serait tout à fait normal que des journalistes de l’audiovisuel soient proches de cette sensibilité, dans une proportion plus ou moins analogue à celle de son poids électoral.

Mais si l’on part dans cette direction, qui est la conséquence logique de l’actuelle politique « diversitaire » de l’audiovisuel public, il faudrait évidemment, et même d’abord, que le courant politique désormais le plus puissant, qui fédère depuis un certain temps entre 25 % et 35 % des voix à chaque élection, soit « représenté » par des journalistes et animateurs proches de ses idées, de son discours, de ses propositions. On l’aura compris, nous parlons ici du Rassemblement national.

Mais énoncer cette proposition toute simple et parfaitement cohérente avec le projet « diversitaire », c’est – chacun le perçoit immédiatement – littéralement proférer un blasphème, soutenir une hérésie, créer un scandale, cracher une idée obscène. Dans l’état actuel de l’audiovisuel public, non seulement il est impossible d’imaginer un tiers de ses journalistes et animateurs proches du Rassemblement national, mais, même, il est facile de constater qu’il n’en existe absolument aucun : cette sensibilité politique n’a tout simplement aucune place parmi les « figures » de l’audiovisuel public.

Autrement dit, la prétendue recherche de « représentativité » de cet audiovisuel public est une blague, un attrape-nigaud, une farce, un canular.

Alexandre Dumaine

Une réponse à « [RAISON GARDER] Représentativité de l’audiovisuel public ? Un attrape-nigaud ! »

  1. Avatar de Paul-Emic

    Les femmes blanches ménauposées mal baisées tiennent les commandes.

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