Ah ! ! ! Ces jeunes qui brûlent des poubelles

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Très belle phrase d’Erika Cadersah (LFI) à Nantes « si les maternelles se mettaient en grève, le préfet enverrait les CRS »…

Ou pourquoi une mobilisation de jeunes est-elle racontée principalement à travers les images de poubelles en feu, de CRS et d’affrontements, plutôt qu’à travers les raisons qui ont amené cette jeunesse dans la rue ?[i]

Réactions

« Ils feraient mieux d’être en cours ! », « j’te les foutrais en camps de travail moi ! » etc… Lorsque l’on lit les commentaires des vidéos, où les médias subventionnés s’en donnent à cœur joie de filmer trois poubelles qui crament, le « bon » peuple vomit sa haine de la jeunesse en les traitant de bons à rien, fainéants et autres épithètes infamantes.
C’est là où on se rend compte des divisions de notre société : les jeunes détestés par les vieux, les noirs, arabes détestés par ceux qui se nomment gaulois. Tout cela orchestré par des médias aux ordres, des  politiques parlant d’autorité et de répression et une police violente qui ne parlemente pas : on matraque, on tape, on nase, on met en GAV, point… Poings !

Un exemple concret

Un petit jeune assis sur le sol se plaint d’avoir le bras cassé. Il a dû se prendre un bon coup de matraque et son biceps doit être tétanisé par le choc. Une demi-douzaine de policiers l’entoure, l’un d’eux lui empoigne le membre et le soulève, le secoue et ironise en se moquant « ho il est cassé le bras ! » les jeunes qui entourent les FDL disent que c’est un mineur, qu’il a mal au bras, et « mais qu’est-ce que vous faites ? ». Réponse : « y a plein de mineurs qui mettent le feu là-bas ! » Un jeune dit au policier « et les gamines étranglées, éborgnées ? » réponse : « j’en ai éborgné trois tout à l’heure ». « Ouais, t’es super fière de toi ! ». « Ouais j’suis content ! » « Et ton RIO il est où ? » « Je l’ai pas, j’en ai pas ! ». (Voir vidéo jointe)

Voilà, une scénette vue des milliers de fois sur ce qui se passe durant les manifestations. Une police totalement en roue libre, qui se permet toutes les exactions, les violences, le mépris, les insultes et cette attitude on le sent bien, qu’il y a de fortes chances que ces instructions viennent d’en haut : « les gars tapez dans l’tas, vous avez quartier libre ! ». Sainte-Soline est devenue la référence de gestion de masses humaines. Faire peur, décourager toute personne à venir marcher dans la rue afin de faire entendre sa voix, pour éventuellement faire changer les choses…

Commentaire d’une internaute : « Corinne None-Issindou : « Donc on tutoie le policier ? Et le respect de l’uniforme ça parle à quelqu’un ? Il a le bras cassé ? Ben il lui en reste un autre non ?  » Voilà le genre de réaction de certainement une mère de famille…[ii]

La Parole est aux jeunes

Directement 4 témoignages qui parlent du désarroi des lycéens

Iliass à Sevran, en terminale, résume sa motivation par « On est là pour notre avenir, pour que l’école soit un lieu d’avenir. » Le Monde.fr

Zélie Pouvrau à Valence-D’agen : décrit concrètement son lycée : infiltrations d’eau par les toits, bâtiment professionnel dégradé et classes de 32 élèves, avec un manque important de professeurs en filière professionnelle. Elle ajoute désabusée : « On sait que c’est trop tard pour notre génération. » ladepeche.fr

Mariam, 16 ans, en Seine-Saint-Denis : Elle décrit avec ses camarades des classes pouvant atteindre 35 élèves et une pression importante autour de Parcoursup. « Chaque fois qu’on essaie de parler ou de protester, on nous traite comme des enfants, mais quand il s’agit d’envoyer les policiers, soudain nous sommes des adultes. » Le Monde.fr

Pablo, 18 ans, terminale à Toulouse : qui répond à la question sur le traitement médiatique : « On ne voit que des images de flammes, d’affrontements. » ladepeche.fr

Il en ressort que ces jeunes sont inquiets à bon escient pour leur avenir, pour leurs conditions de vie au sein de leur établissement et par la façon dont les médias traitent leurs manifestations.

Je trouve qu’ils ont bien plus de maturité et de peurs, que nous, lycéens dans les années 70, donc, ne lâchez rien les petits, moi, vieux prof, je suis avec vous !

Comment les médias relatent

Un cadrage dominant : « violences », « incendies », « troubles »

TF1 titre : « Dégradations et tensions » et ouvre son reportage sur les CRS chargeant des lycéens, après avoir montré des poubelles en feu. TF1 Info

Le Monde, l’AP et Reuters mettent également en avant les affrontements, arrestations, incendies et dégradations, tout en rappelant les revendications initiales concernant l’école. Le Monde.fr

Autrement dit, le récit médiatique dominant tend à devenir : revendications scolaires → débordements → violences → intervention des forces de l’ordre. Cela permet facilement au commentaire du spectateur de passer de « pourquoi manifestent-ils ? » à « regardez ce que font ces jeunes ».

Pour déplacer encore davantage l’attention, il suffit alors de mettre en avant certains épisodes particulièrement spectaculaires… cette policière pourchassée puis frappée pendant les manifestations. On donne même des infos afin de personnaliser l’acte. Il s’agit d’une jeune lieutenante stagiaire de la préfecture de police, agressée à Paris le jeudi 1er octobre 2026, en marge des blocus lycéens. Elle s’était retrouvée isolée dans le secteur Gambetta–Ménilmontant (20e arrondissement). Plusieurs individus l’ont poursuivie, puis l’un d’eux l’a fait tomber avec une balayette. Alors qu’elle était au sol, plusieurs coups de pied lui ont été portés. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique. TF1 Info

Il y a également eu, le 2 octobre à Belfort, un autre cas : un policier en civil a été pris à partie, jeté au sol et frappé, notamment à la tête. Un adolescent de 17 ans a été interpelé, mais le procureur précisait qu’il n’était pas formellement identifié comme ayant porté les coups. centrepresseaveyron.fr.

Ce même genre de scènes ont été vues sur internet des milliers de fois : de lycéens recevant le même traitement, pourtant tous sont restés dans l’anonymat, comme une masse impersonnelle méritant de recevoir des gnons et des orions. Mais lorsqu’une policière est agressée, soudain un visage, un grade, une fonction, un lieu, une date ; la victime devient une personne.

Quant aux revendications ?

Devenues presque secondaires tellement noyées dans le tintamarre médiatique. Que demandent-ils, ces fameux « jeunes » ?

Des professeurs, des remplaçants, des classes moins chargées, des établissements en état, des conditions d’étude dignes et une remise en cause de Parcoursup et ses mécanismes de sélection dans l’enseignement supérieur. Bref, ils demandent à pouvoir étudier dans des conditions normales, afin comme beaucoup y aspirent, se construire un avenir. Ils savent très bien que dans le contexte historique où ils se trouvent, faire de bonnes études permettra éventuellement d’avoir une vie meilleure que leurs géniteurs, ils le savent !

Comme ancien prof j’ai vécu avec mes élèves toutes ces vicissitudes, et croyez-moi, ce n’est pas du gâteau, pour « tous ces fainéants de profs toujours en vacances »…

Du côté du gouvernement

Depuis des années, les gouvernements rabotent les moyens de l’Éducation nationale. Des milliers de postes ont été supprimés, y compris pendant des périodes où les effectifs augmentaient, et des centaines de millions d’euros de crédits ont encore été annulés.

Depuis 2017, année 1 Macron, les suppressions de postes ont particulièrement touché le second degré. Un document du Sénat indique qu’environ 7 500 emplois ont été supprimés entre 2018 et 2021 alors que les effectifs du second degré augmentaient de 68 000 élèves. En 2024, le budget prévoyait encore environ 2 300 suppressions de postes d’enseignants. Sénat En 2025, le projet initial prévoyait 4 035 suppressions. Sénat Pour 2026, 4 018 suppressions d’enseignants étaient prévues dans le projet budgétaire.

Déjà ce tour d’horizon de suppressions de poste fait que les classes restent surchargées, de 35 jusqu’à 38 élèves. S’additionnent les coupes budgétaires : en 2024, 534 millions d’euros de crédits de la mission Enseignement scolaire ont finalement été annulés en cours de gestion ; le décret de février avait à lui seul annulé 692 millions, dont 69,2 % concernaient des dépenses de personnel. Ce qui fait qu’il n’y a pas d’augmentations réelles pour le personnel, que les bâtiments tombent en ruine, et qu’un tas d’activités disparaissent. Pour faire court, d’une éducation de qualité nous sommes passés à l’école du low cost.

En pleine grève, le gouvernement annonce qu’en 2027 il prévoit de supprimer encore 1 588 postes d’enseignants…[iii] ne pas changer de tactique lorsqu’on perd est apparemment la dialectique choisie…

Quelques commentaires…[iv]

De Yolande Ciabattini : « Ohhhh cela fait circuler le sang. » (Les coups de matraques.)
De Franck Francky Vls : « Sa calme …. Fallait réfléchir avant wesh ! »
De Johnny : quel bonheur !!!
De Deanna Simeon Heijes : « Très bien ils font leurs boulots »
De Marcel Bartz : « Très bien, félicitations !!!! »

Et des comme ça il y en a des milliers et des milliers…reflétant une certaine « opinion » du peuple de France sur les revendications de leurs plus jeunes…

Je trouve que la France est devenue le pays de la haine, et je ne le supporte plus !

Georges ZETER/ octobre 2026

Vidéo : un jeune à terre… « bras cassé »

https://www.facebook.com/reel/958507390048880

Une réponse à « Ah ! ! ! Ces jeunes qui brûlent des poubelles »

  1. Avatar de Paul-Emic

    Objectivement il n’y a jamais eu autant de pognon et de profs par rapport au nombre d’élèves pourtant il y a un fort absentéisme professoral et de nombreux bâtiments en décrépitude. Pourtant lettre le feu aux bâtiments rénovés be peut qu’aggraver le problème . L. ‘extrême gauche instrumentalise les jeunes et le pouvoir lâché ses pires éléments dessus comme pour les GJ. Macron et Mélenchon marchent main dans la main contre la France

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