
Etonnants lycéens, qui réclament un rehaussement des moyens pour les établissements scolaires, y compris le recrutement de nouveaux enseignants et personnels. Sachant qu’ils réclament aussi moins de travail et moins d’heures de cours et que dans certains établissements de zones sensibles, on y pourrit tellement la pratique du cours que le Ministère doit user de primes pour que les enseignants acceptent d’y aller. Samuel Paty n’en est d’ailleurs pas revenu. Ils veulent aussi une amélioration des conditions d’apprentissage, notamment en raison du manque de personnel et de la vétusté des bâtiments, sachant que les dégâts occasionnés dans les établissements par les élèves eux mêmes sont légion.
En résumé, ils veulent que l’on répare plus vite ce qu’ils cassent. Mais aussi, une réduction des classes surchargées, alors qu’elles n’ont jamais été aussi peu chargées. Et que la division par deux des effectifs en CP et CE1 dans les établissements de zones sensibles, très coûteuse, n’a porté aucun fruit notable. Les emplois du temps sont jugés trop lourds, alors qu’ils sont en moyenne de 27 heures, à comparer à un lycéen de terminale E qui avait 39 à 40 heures de cours dans les années 80, ce fut mon cas. Ainsi que des conditions d’enseignement décentes : ils veulent la climatisation. Mais aussi des réclamations spécifiques concernant la restauration scolaire et le règlement intérieur dans certains établissements. En somme, les restaurants de lycées ne sont pas des trois étoiles, les menus ne sont pas suffisamment halal et ils aimeraient pouvoir garder leurs téléphones en classe… pour pouvoir mieux travailler évidemment. Pour faire bonne mesure, ils manifestent en brandissant le drapeau palestinien ce qui a évidemment, un rapport étroit avec les conditions d’enseignement et signe le fait qu’ils sont manipulés par l’extrême gauche… ce dont ils se défendent. Sans compter, dans les zones sensibles, des manifestations de lycéens, clairement teintées de communautarisme et de religion.
En réalité ces jeunes modernes, pour une grande part, ont un rapport particulier à l’autorité, des problèmes comportementaux, se refusent à l’asymétrie avec l’adulte et n’entendent pas caler sur quoi que ce soit. La faute à qui ? A nous. La plupart du temps, il leur a été permis de grandir dans l’expression de leur toute puissance, nous avons cédé à toutes leurs revendications et même à leurs moindres caprices, ils ont toujours, ou presque toujours, tout eu sans avoir besoin de mériter, ou même en montant leur niveau de violence. Les cas de parents décrivant un grand ado qui casse tout dans la maison jusqu’à obtenir ce qu’il veut ne sont pas rares. C’est à grand traits les caractéristiques de cette nouvelle éducation moderne à laquelle ont eu droit la plupart de ces jeunes gens : pas de cadre, pas de limite, pas de sanction, une tolérance sans borne et l’assurance d’emporter le morceau, dans tous les cas de figures, sur les adultes envers qui ils se sentent compétents pour faire la leçon en permanence. Ceci à divers degrés bien sûr. Il ne faut dès lors pas s’étonner que les policiers en gendarmes soient en difficulté pour rétablir l’ordre, sachant qu’en plus, il n’arrivera rien à un lycéen qui fait usage de violence contre un policier, mais que le policier qui fait usage de violence sur un lycéen, se retrouvera pointé sur les réseaux sociaux et mis à l’index par sa hiérarchie.
L’Etat de son côté, a encouragé ce type d’éducation et il en récolte les mauvais fruits. Mais il a doublement tort, parce que les jeunes ont raison sur le fond : il n’y a pas assez de profs. Mais il y a trop de fonctionnaires vont-ils répliquer à droite. Oui et non. Quand on fait le total des fonctionnaires, il faut différencier ceux qui sont « au contact » et ceux qui ne le sont pas. Professeurs, infirmières, pompiers, éducateurs, au contact de l’usager, ne sont justement pas majoritaires dans l’effectif de la fonction publique et oui, on en manque. Ceux qui sont majoritaires sont dans les bureaux, ils gèrent. Ils gèrent quoi ? Les normes, les règlements, les paperasses, les ordres, les contrôles… générés par une administration folle qui emploie deux types et trois chefs, pour en surveiller un qui travaille et à qui elle ne fait pas confiance.
Au RPF, nous sommes pour des services publics compétents, accessibles et solides et à plus de 50 % de prélèvement de la richesse nationale, avoir les moyens de mettre un prof dans chaque classe serait le minimum et même à ce tarif là, avec les prélèvements les plus hauts du monde, nous devrions avoir la meilleure école du monde, nous avons quasiment la pire en Europe. L’un n’empêchant pas l’autre, nous avons bien d’un côté, des gosses insupportables, avec un rapport délétère au travail et à l’autorité, mais de l’autre côté, un état qui a failli, par incompétence ou mauvais choix, ou qui a sciemment pourri le système éducatif. A titre personnel, je penche pour la seconde hypothèse.
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