
La princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles a fait son entrée dans le monde politique. Celle que certains ne connaissent que par les photos de Paris Match révélant sa relation avec Jordan Bardella, ou par ses engagements et sorties mondaines qu’elle partage sur ses réseaux sociaux, a accordé une interview au Figaro, le 27 septembre. Tout en maîtrise et en finesse, la princesse n’a pas pris l’exercice à la légère et semble bien pouvoir être un véritable atout dans la campagne du RN.
Une princesse engagée
Il y a une semaine, la princesse Maria Carolina partageait sur son compte Instagram des photos de son admission à l’ordre de Malte en tant que « Dame d’Honneur et de Dévotion ». la princesse s’est ainsi dit « très enthousiaste » d’appartenir à cet ordre millénaire engagé « envers la foi, la charité et le service à ceux qui en ont le plus besoin » et d’avoir participé à « cette tradition séculaire, en faisant avancer ces valeurs et en continuant à [se] consacrer aux causes qui [lui] tiennent particulièrement à cœur ». Avec sa sœur Maria Chiara, la princesse s’inscrit, en effet, dans une longue tradition puisque « l’Ordre souverain de Malte est une des institutions les plus anciennes de la civilisation occidentale et chrétienne », c’est un « ordre religieux et laïc de l’Église catholique depuis 1113 », peut-on lire sur son site Internet. Si, aujourd’hui, l’Ordre de Malte se veut « neutre, impartial et apolitique », il est tout de même le fruit d’une longue histoire chrétienne, né du secours aux « faibles et aux malades », une mission que l’Ordre continue de remplir avec son activité dans plus de 130 pays et son rôle d’observateur permanent aux Nations unies. Une histoire et un engagement auxquels participe la princesse en étant investie dame d’honneur et de dévotion, puisqu’elle appartient ainsi à l’« une des catégories au sein de la troisième classe de l’ordre, qui se compose de membres laïcs qui vivent selon les principes de l’Église catholique », explique le site Histoire Royales. Cet engagement revêt donc une double dimension : il est à la fois très actuel dans un organisme humanitaire et s’inscrit aussi dans une longue tradition de charité chrétienne au sein de l’une de ses plus anciennes institutions.
Le passé au service du présent
C’est sans doute ce double aspect qui peut faire de Maria Carolina un véritable atout pour Jordan Bardella : le passé au service du présent. D’autant que la princesse peut compter, aussi, sur son éducation pour savoir gérer son image publique. Alors, bien que vilipendé par la presse de gauche et critiqué pour son entrée dans le monde des paillettes et des têtes couronnées aux cotés de sa princesse, le président du Rassemblement national n’a visiblement pas fait un si mauvais choix. C’est en tout cas ce que semble montrer l’interview accordé par la princesse au Figaro : habituée des médias et des prises de parole scrutées, celle-ci apparaît tout en maîtrise et ne prend aucunement l’exercice à la légère. Elle sait que tous ses mots seront analysés et passés au crible de la bien-pensance avide d’erreurs politiques et médiatiques : « J’ai un peu travaillé cette nuit avant de vous rencontrer […] C’est quand même sérieux, une interview », dit-elle à la journaliste qui la questionne et qui voit devant elle « une jeune femme âgée de 23 ans, soucieuse de bien faire ». Autrement dit, elle sait tenir son rang.
Un atout politique
D’ailleurs, cette première interview a tout d’une entrée officielle dans le monde politique, pour Maria Carolina : elle y raconte, en effet, le rôle de l’ombre qu’elle a joué en juillet dernier lorsque Marine Le Pen a annoncé se lancer dans la course présidentielle au détriment du jeune chef du parti. « Le 7 juillet, j’étais à Paris. C’était important d’être là, confie-t-elle [au Figaro]. Dès le lendemain, Jordan s’est dit : « OK, il faut continuer, il faut redresser la France » en tant que peut-être prochain Premier ministre. » Et elle continue : « Jordan est obsédé par l’avenir de la France, par les Français. Ce n’est même pas la politique, qui le captive : c’est le destin de son pays qui provoque son obsession, sa turbulence. Il ne décroche jamais. » Les rumeurs de désaccords et de division au sein du RN ? La princesse, l’air de rien, les balaie d’un revers de main : « [Les gens] connaissent la loyauté de Jordan vis-à-vis de madame Le Pen. Ils savent que, pour lui, la chose la plus importante, c’est la France. » Circulez, il n’y a rien à voir, semble-t-elle dire, et c’est en tout cas comme cela que l’a compris Le HuffPost, qui écrit que « Maria Carolina de Bourdon des Deux-Siciles, elle, s’est appliquée à démentir les tensions qui existeraient au sein du couple politique ».
D’ailleurs, ajoute-t-elle, il est tellement « obsédé par l’avenir de la France » que « Jordan a profité de l’été pour écrire son troisième livre », raconte-t-elle, tout en expliquant que « ce qui [lui] a plu dans son caractère, c’est sa grande ambition et discipline » et qu’« il n’y a pas un jour où il n’a pas écrit le matin, religieusement ». Elle doit reconnaître que « l’écriture l’absorbait tellement que, parfois, je devais presque lui demander audience pour lui parler ». Un trait d’humour délicieusement « Ancien Régime » : la princesse ne se renie pas et sait l’utiliser à leur avantage.
Victoire Riquetti
Laisser un commentaire