Face au réveil des peuples, tous les coups vont être permis

(Chronique à lire dans Causeur d’octobre)

Le vieux monde a raison de craindre la colère des peuples oubliés. Les Allemands de Saxe-Anhalt, indifférents aux interdits d’en haut, ont majoritairement voté, le 6 septembre, pour l’AfD, parti anti-immigration présenté comme « fasciste » ou « néo-nazi » par les réducteurs de têtes. Le mouvement est aussi arrivé en tête, le 20 septembre, en Poméranie occidentale. Son succès répond à la faute d’Angela Merkel : elle avait cru pouvoir accueillir, en 2015, plus d’un million de réfugiés fuyant la Syrie ou l’Irak. À l’époque la pensée lisse, Commission européenne en tête, louangeait « Mère Angela », en référence à Mère Teresa. Le Point (1) lui consacrait sa une : « L’incroyable Madame Merkel. Si seulement elle était française… ». Le Monde dédiait son éditorial à « Angela Merkel, la fierté de l’Europe », en réclamant pour elle le prix Nobel de la paix… Ainsi font-font-font les petites marionnettes.

Mais la débâcle accompagne les marchands de vertus et leur société passoire. En France, même la croissance s’effondre : elle ne devrait pas dépasser 0,4 %, contre 0,7 % prévue par l’Insee. La chute de l’enseignement (mathématiques, lecture, etc.) dans le classement PISA 2025 (27 e rang) n’est pas seulement due à l’envahissement des réseaux sociaux, boucs émissaires des fabricants de crétins. L’inculture va de pair avec la hausse de l’immigration de masse et l’asphyxie des classes d’accueil. La discrimination envers « la race blanche et la nation française », que deux juges d’instruction ont fait admettre dans le meurtre de Thomas Perotto à Crépol (Drôme), fait écho au séparatisme de ces cités qui se revendiquent « arabes ». Le voile y est vu par beaucoup de Français comme un défi : à plus de 60 %, ils souhaitent son interdiction dans les rues.

Les belles âmes, à l’abri des digicodes, jugent dangereux ces « fachos » qui veulent préserver leur langue, leurs modes de vie, leur civilisation. Or les irrécupérables font masse. Les fanatiques de la religion des droits de l’homme ont échoué. Des décennies endoctrinements n’ont pas réussi à embrigader les esprits, au-delà des génuflexions obliques du show-biz et des salonnards. Le réveil des peuples maltraités vient des profondeurs. La résurgence des âmes damnées dépasse les élections allemandes. D’autres scénarios similaires sont à attendre en Europe. En France, le centrisme melliflu s’annonce comme la probable victime du nouveau monde. Le sursaut existentiel de la « fille aînée de l’Eglise », qui a mobilisé les foules fin septembre lors la visite de Léon XIV à Paris, a laissé voir une soif d’idéal qui échappe aux idéologues professionnels.

Les rentiers du système ne sont pas disposés pour autant à rendre les clés. Leur criminalisation du renouveau national se fourbit au nom de la lutte contre l’« extrême droite ». Elle serait coupable de réclamer le pluralisme des opinions à Radio France et le retour de la démocratie. Tous les coups vont être permis (2). Cependant, l’épouvantail de la « fachosphère » n’effraie plus que des colibris. « La radicalité ne paye pas », avait dit Marine Le Pen (12 septembre 2021) pour se démarquer de la campagne tonitruante d’Éric Zemmour. Le succès de l’AfD démontre le contraire : la rupture avec le système oblige à la révolution par les urnes. Le chamboulement est à portée de main. Aux Français de le décider.

(1) 10 septembre 2015.

(2) Les accusations en antisémitisme portées hier par Médiapart contre Jordan Bardella, sans preuves pour le moment, en sont un aperçu.

Mes interventions de mardi sur Ligne Droite (8h35-8h47), CNews (11h-12h30) et I24 (19h45-19h50)

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